Les études sur la dépendance au jeu vidéo se succèdent. Aux États-Unis, un chercheur s'est intéressé à l'impact de ce loisir sur les jeunes atteints de troubles du spectre autistique (TSA). Selon ses conclusions, ces derniers sont plus exposés à l'addiction du jeu vidéo que des enfants ne souffrant pas de TSA.

Loisir extrêmement populaire, le jeu vidéo charrie avec lui un certain nombre de controverses. Parmi elles se trouve la question de la dépendance. Dans la mesure où il s'agit d'une activité récente, les études – déjà nombreuses sur le sujet – manquent de recul. La communauté scientifique elle-même se montre divisée sur le sujet, aussi bien sur le terme à employer que sur la réalité du phénomène

En 2007, l'association médicale américaine s'est ainsi montrée favorable à la reconnaissance officielle de l'addiction au jeu vidéo comme pathologie à part entière. Plus récemment et plus proche de nous, des spécialistes en addictologie, comme le psychiatre Bruno Rocher, ont soutenu l'existence d'une dépendance. Du côté de l'Académie de médecine, la prudence est de mise : il est question de "pratiques excessives".

Le sujet n'a en tout cas pas fini d'épuiser tout son potentiel. Preuve en est avec cette nouvelle recherche, signalée par GamePolitics. Il s'agit cette fois d'évaluer la sensibilité d'enfants et d'adolescents atteints de troubles du spectre autistique (TSA) aux effets du jeu vidéo et de comparer ensuite les résultats avec des jeunes qui n'en sont pas affectés.

Un premier groupe de 202 sujets a été constitué, chacun étant atteint de TSA. L'autre, fort de 179 sujets ne souffrant pas de TSA, représente le groupe témoin. Selon Micah Mazurek, professeur assistant de psychologie de la santé et psychologue clinique de l'enfant au sein de l'université du Missouri, les jeunes atteints de TSA sont plus susceptibles de développer une addiction au jeu vidéo que les autres.

Ainsi, les sujets du premier groupe passent plus de temps à jouer aux jeux vidéo et moins de temps sur les médias sociaux par rapport aux membres de l'autre groupe. Ils passent également plus de temps à regarder la télévision, tandis que les jeunes non affectés de TSA mobilisent plus de temps pour des activités "hors-ligne".

Les troubles du spectre autistique se caractérisent notamment par des difficultés dans les interactions sociales et la communication avec autrui. L'auteur de l'étude, Micah Mazurek, suppose que les jeunes atteitns de TSA sont peut-être attirés par les jeux vidéo parce qu'ils peuvent être récompensés sans pour autant avoir besoin au préalable d'interagir socialement ou de communiquer.

Si Micah Mazurek nuance les conclusions de son étude, estimant "qu'il n'est pas clair s'il y a un lien de causalité entre l'utilisation de jeux vidéo et les comportements problématiques", ce travail incite la communauté scientifique à élaborer des soins impliquant des environnements virtuels et des jeux vidéo pour communiquer indirectement avec un jeune souffrant de TSA.

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