Publié par Simon Robic, le Vendredi 11 Mai 2012

L'addiction aux jeux vidéo : mythe ou réalité ?

Peut-on vraiment être dépendant aux jeux vidéo ? C'est la question que nous avons posée au Docteur Bruno Rocher, psychiatre spécialisé dans ce domaine. Pour ce médecin du centre de référence en la matière, la réponse est clairement oui. Et il affirme que renforcer la pédagogie pour les parents est primordial.

Peut-on, médicalement parlant, devenir dépendant aux jeux vidéo ? La possibilité qu'existe un phénomène d'addiction aux jeux divise depuis longtemps les joueurs, les médias, les politiques et même les médecins. Récemment, l'Académie de Médecine a réfuté le terme d'addiction, lui préférant celui de "pratique excessive".

Pour faire le point sur ce dossier aussi passionné que passionnant, nous avons interrogé le psychiatre Bruno Rocher, expert en addictologie et spécialiste de l'addiction aux jeux vidéo ou aux jeux d'argent, qui officie au sein du très réputé Centre de Référence sur le Jeu Excessif, au CHU de Nantes. Il s'agit, en France, du service le plus complet en la matière.

Pour le docteur Rocher, l'addiction aux jeux vidéo est une réalité. Mais "pour moi, l'addiction ce n'est pas un gros mot, une insulte ou un terme péjoratif", prévient-il.

L'addiction et les pratiques excessives ne doivent pas être opposées, nous explique Bruno Rocher. Ces dernières sont souvent passagères, en réaction à un environnement familial perturbé par exemple. Elles sont moins lourdes que l'addiction qui recouvre deux composantes : la dépendance et l'usage nocif.

"On parlera plus d'addiction quand, éventuellement, [le joueur] est tombé dans l'addiction par [le biais de la pratique excessive] mais qu'il va faire perdurer cette situation pendant deux ou trois ans. Là, effectivement, on est dans une dépendance claire et nette. C'est loin d'être la majorité des cas des pratiques excessives, mais il y en a."

Quels critères pour décrire la dépendance ?

Les critères pour qualifier un joueur d'addict ne sont pas définitivement arrêtés. Le problème est récent et touche un public plus restreint que pour d'autres assuétudes. La communauté scientifique internationale ne les a donc pas encore définis.

Néanmoins, il est tout à fait possible de se baser sur les critères communs à toutes les dépendances. "Les patients qui sont addicts vont avoir des comportements trop importants en durée, en fréquence et à des moments où ils ne le souhaitent pas, où il y a une pulsion de jouer ou une durée de jeu qui va être supérieure à ce que le patient avait initialement prévu" explique le Docteur Rocher.

Il n'y a donc pas de nombre d'heures défini au delà desquelles une personne pourrait être considérée comme dépendante ; cela dépend de la capacité du joueur à maîtriser et à désirer cette durée.

Les répercussions d'ordre familial ou professionnel sont également un critère. Les conflits, les ruptures, les départs du domicile, causés par le jeu, sont un signe alarmant. Enfin, dans le pire des cas, certains joueurs peuvent également subir des répercussions physiques provenant de leur jeu excessif.

Qui sont les joueurs addicts ?

Ils ont généralement entre 16 et 35 ans. Quelques cas de très jeunes joueurs dépendants sont connus en France et ils sont alors pris en charge par des services de pédopsychiatrie. De même, certains patients peuvent avoir jusqu'à 45 ans.

Mais, comme nous l'explique le Docteur Rocher, les joueurs qui ont le plus besoin d'être accompagnés se situent plutôt dans la tranche d'âge des 25-35 ans. Enfin, sur les 45 patients que comptent aujourd'hui le CRJE de Nantes, trois seulement sont des femmes.

La majorité d'entre eux jouent, sans surprise, à des MMORPG comme World of Warcraft. "Les jeux en ligne massivement multi-joueurs sont les jeux les plus à risques parce que, dans ces jeux là, il y a incarnation. Il y a une vraie substitution de la vie réelle et l'individu pourra avoir un vie quasi complète dans sa vie numérique", explique le psychiatre.

C'est clairement ce mécanisme de substitution qui entraîne particulièrement l'addiction autour de ces jeux. "On peut tellement incarner un personnage que l'on va se prendre de passion pour lui et pour ce qu'il vit, au point d'en oublier ce que l'on vit dans la vraie vie ; ça, c'est un mécanisme de l'addiction", commente Bruno Rocher. Mais, pour lui, les concepteurs de ces jeux ne sont pas volontairement responsables.

Il estime que le but des concepteurs est uniquement de créer le jeu le plus intéressant et que l'addiction peut découler de cette quête, mais qu'elle n'est pas l'objectif recherché. Un point que beaucoup trouveront discutable lorsque l'on sait que le modèle économique des éditeurs de MMORPG repose sur le renouvellement des abonnements payants, facilités par l'addiction.

Le docteur Rocher explique que plus que le jeu lui-même, c'est l'environnement du joueur qui va énormément conditionner sa dépendance.

"On est tous exposés aux mêmes jeux, mais seulement certains individus tombent dans l'addiction. Et il y a des facteurs favorisant qui vont être individuels ou familiaux". Il est ainsi très rare que les patients qui rencontrent le docteur Rocher ne connaissent pas de soucis dans leur famille. Parmi ces problèmes reviennent régulièrement la dépression, le suicide d'un proche ou l'adoption val vécue par le patient.

Aussi, il n'est pas rare que ces joueurs qui sont aujourd'hui dépendants aux jeux vidéo aient été auparavant dépendants à d'autres substances addictives, avant de découvrir les mondes virtuels. Un constat de terrain qui corrobore une étude suédoise publiée en 2011, qui montrait que les jeunes qui jouent aux jeux vidéo consomment moins d'alcool et de drogues "douces", n'en déplaise à Familles de France qui avait fait un lien direct entre l'addiction aux jeux vidéo et l'addiction au cannabis.

Quelles traitements et préventions ?

Pour aider les personnes dépendantes aux jeux vidéo ou prévenir l'addiction, certains pays ont pris des mesures drastiques, à l'instar de la la Corée du Sud qui a décidé de mettre en place des couvres feu pour empêcher que les plus jeunes joueurs ne jouent trop tard. En France, il fut proposé d'imposer des pauses dans les parties. Mais pour le psychiatre que nous avons interrogé, c'est avant tout la sensibilisation des parents qui aura un effet.

"Les mesures de prévention sont, du côté des parents, à mon avis très utile. Il faut que les parents sachent quoi répondre et comment se positionner", ce qui n'est pas le cas pour la majorité des patients qu'il rencontre. Il recommande donc aux médias de préciser que le jeu vidéo "n'est pas forcément le mal en soi et que seule l'utilisation de certains est problématique", malgré ce qu'en pensait l'ex-première dame.

Dans un second temps, les joueurs peuvent avoir besoin d'un accompagnement médical. Le territoire français est cependant inégalement pourvu en spécialistes. Dans les cas les plus graves, il est toujours possible d'entrer dans un service d'addictologie ou de psychiatrie standard.

Un Réseau National pour la Prévention et le Soin du Jeu Pathologique (RNPSJP) s'est récemment créé. S'il est spécialisé sur le jeu d'argent, il fédère également les spécialistes du jeu vidéo. Enfin, l'Hôpital Marmottant de Paris, spécialisé dans les pratiques addictives, a créé "La Guilde" qui fédère tous les cliniciens intéressés par le jeu vidéo.

Mais cette inégalité territoriale continuera tant que la formation des psychiatres ne sera pas plus répandue.

"Au cours du cursus universitaire, pour le tronc commun de médecine pour les psychiatres, il n'y a pas grand chose autour du jeu vidéo", constate Bruno Rocher, qui déplore que certaines pathologies plus rares soient, elles, abordées. Le seul moyen pour un psychiatre de se spécialiser dans le jeu vidéo est alors de suivre des formations post thèse non diplômantes. C'est une démarche totalement volontaire.

Cela demande donc d'être intéressé par le jeu. Pour le docteur Rocher, un psychiatre ne peut pas, de toute façon, vouloir traiter une pathologie particulière sans avoir un attrait pour elle. "Sans ça, le contact ne prend pas". C'est donc également vrai pour le jeu vidéo.

La clé de la résolution de ce problème d'addiction, qui touche une infime minorité des joueurs, tient donc dans la connaissance du jeu. C'est vrai pour les parents, qui sont alors mieux armés face à cette situation et peuvent en comprendre les causes, et pour les psychiatres qui pourront ainsi mieux comprendre et accompagner leurs patients.

(illustration : CC Russel Bernice)

Publié par Simon Robic, le 11 Mai 2012 à 15h40
 
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Commentaires à propos de «L'addiction aux jeux vidéo : mythe ou réalité ?»
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le mouse-clic c'est mal !!!!!!!!!!
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C'est justement la problématique de ce site ! : http://addiction-aux...s.e-monsite.com
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Je dois vraiment prendre la peine de me prononcer sur ce sujet?

Le jeux vidéo est un symptome d'un problème plus grave:
Pour la vaste majorité des gens la vie c'est métro, boulot dodo, le jeux vidéo offre une alternative à une existence morne et dénuée d'aventure.

Le jeux vidéo offre la possibilité d'un divertissement interactif et à forte sensations qui ne coute que très peu d'argent et ne met pas nôtre vie en danger.

En cette période de récession je préfère me faire une bonne week end de flight simulator X plutot que de louer un avion à l'aéroclub du coin.

Le paintball est l'activité la plus proche des jeux de type FPS, mais c'est une activité très chère, très sportive et qui nécessite beaucoup d'organisation. En plus si on est sensible, ça fait plutôt mal.

Certe le plaisir virtuel n'apporte qu'un fragment d'une véritable expérience et aventure, mais les émotions et les souvenirs qu'ils apportent sont bien réels.
[message édité par dieangel le 11/05/2012 à 16:04 ]
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Zut alors, j'étais restée sur l'avis contraire :
http://www.lemonde.f...545_651865.html
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L'image montre un Orc Shaman. Par contre étrange qu'il n'y ai pas la barre des totems...
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J'ai eu peur en voyant le titre, mais en fait il a un avis beaucoup plus global que la plupart des psychiatres soit-disant "experts".

Et il a le bon sens de le relier aux problèmes familiaux et aux antécédents.

@dieangel : lis, avant de troller... Et jouer aux jeux pour oublier un peu le train train quotidien n'a rien à voir avec la dépendance.
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neeko, le 11/05/2012 - 16:04
J'ai eu peur en voyant le titre, mais en fait il a un avis beaucoup plus global que la plupart des psychiatres soit-disant "experts".

Et il a le bon sens de le relier aux problèmes familiaux et aux antécédents.

@dieangel : lis, avant de troller... Et jouer aux jeux pour oublier un peu le train train quotidien n'a rien à voir avec la dépendance.


Désolé j'ia du éditer mon emssage plusieurs fois pour exprimer le fond de ma pensée.

Je ne trolle que rarement, la plupart du temps, j'écris ce que je pense, et je sais bien que ça rejoint rarement le consensus.

Le problème de l'addiction c'est que c'est un comportement rarement constaté pas l'intéressé.
10 ans en arrière je me souviens de mon père médecin utilisant ce terme pour décrire mon comportement de joueur de JV, pour lui à l'époque, rester assis devant un écran si ce n'est pas pour travailler est pathologique.
On a un clash de générations entre les cinquantenaires qui jouaient dehors avec des batons durant leur enfance et les trentenaires qui ont grandis avec les jeux vidéos.
Selon moi cela déforme la vision des choses. pour mes parents la télévision est la seule source d'information valide, alors que pour moi c'est une boite à rendre con.
[message édité par dieangel le 11/05/2012 à 16:10 ]
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dieangel, le 11/05/2012 - 16:09

On a un clash de générations entre les cinquantenaires qui jouaient dehors avec des batons durant leur enfance et les trentenaires qui ont grandis avec les jeux vidéos.
Selon moi cela déforme la vision des choses. pour mes parents la télévision est la seule source d'information valide, alors que pour moi c'est une boite à rendre con.


J'ai un peu plus de 50 ans, je paie mon abonnement a mon meuporg, et il m'arrive de regarder la television. Est-ce grave docteur?
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Pourtant la petite analyse de dieangel n'est pas bête.

En réponse à neeko.
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flob (Modérateur(rice)) le 11/05/2012 à 16:29
mif92, le 11/05/2012 - 16:28

dieangel, le 11/05/2012 - 16:09

On a un clash de générations entre les cinquantenaires qui jouaient dehors avec des batons durant leur enfance et les trentenaires qui ont grandis avec les jeux vidéos.
Selon moi cela déforme la vision des choses. pour mes parents la télévision est la seule source d'information valide, alors que pour moi c'est une boite à rendre con.



J'ai un peu plus de 50 ans, je paie mon abonnement a mon meuporg, et il m'arrive de regarder la television. Est-ce grave docteur?

Je crois que dieangel parlait d'une généralité...
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"On a un clash de générations entre les cinquantenaires qui jouaient dehors avec des batons durant leur enfance et les trentenaires qui ont grandis avec les jeux vidéos.
Selon moi cela déforme la vision des choses. pour mes parents la télévision est la seule source d'information valide, alors que pour moi c'est une boite à rendre con"

Détrompez-vous. J'ai une guilde de plusieurs centaines de membres. J'ai helas plus de 40 ans, et il y a pas mal de gens de plus de 50 ans, jusqu'à 79 qui jouent... et certains sont des "addcits. Tous les 40+ y sont aussi des utilisateurs convaincus d'Internet. Et .merci de ne pas généraliser avec des affirmations selon lesquelles la TV serait la seule source valide d'information pour les 35+

Et puis,... rappelons que ce sont les gens de plus de 50 ans qui ont inventé Internet... les plus jeunes l'utilisent ou, bien sûr, pour certains, l'améliorent... (enfin améliorer pas toujours) Je taquine, je taquine.

Cela dit article intéressant, avec une opinion recueillie qui est claire, coherente, et sans parti-pris.
[message édité par millerNA le 11/05/2012 à 16:36 ]
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Je propose de décréter l'addiction au jeu vidéo en tant que point Godwin
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assez rigolo la "guilde" de l'hôpital Marmottant.
z'ont trop de healers par contre.
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Un jour j'ai joué par curiosité à Ragnarok Online, parce que les copains me tannaient à ce sujet.

Plus d'un an plus tard, je me suis aperçu que j'étais incapable de dire ce que j'avais fait de concret cette année, de constructif, rien, j'étais devenu un nolife qui ne faisait que jouer.
J'ai laché d'un coup, je ne touche plus aux MMORPG (je me console avec les tower defence, eux au moins j'arrive vraiment à modérer ma consommation ), mais je me souviens encore des symptomes de manques que j'en ai éprouvé, brr

J'ai l'impression qu'il y a des "profils" d'addiction aux jeux vidéo, le mauvais profil tombant sur exactement le "bon" type de jeu, et hop, un addict de plus !

C'en est presque effrayant
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Nyn, le 11/05/2012 - 16:03
L'image montre un Orc Shaman. Par contre étrange qu'il n'y ai pas la barre des totems...


elle est à gauche
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C'est marrant, j'ai lu un article il y a peu de l'interview d'un autre "expert" qui, bien que reconnaissant le cas, affirmait que le terme "addiction" n'était médicalement pas correct.

Je note également que la personne interrogée est psychiatre et non psychologue... Le psychiatre prescrit des traitements médicamenteux. Il a une formation médicale, contrairement au psychologue qui, lui, a une formation comportementale.

Bref, dans le cas des jeux vidéos et de leur "pratique excessive", l'avis d'un psychologue spécialisé serait, à mon avis, beaucoup plus intéressant.
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kholl, le 11/05/2012 - 15:55
le mouse-clic c'est mal !!!!!!!!!!


Je suis mouse clicker, et avec le cooldown global de 1 secondes, ca ne change rien que je mouse click ou pas.
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Warp, le 11/05/2012 - 18:19
Je note également que la personne interrogée est psychiatre et non psychologue... Le psychiatre prescrit des traitements médicamenteux. Il a une formation médicale, contrairement au psychologue qui, lui, a une formation comportementale.

Bref, dans le cas des jeux vidéos et de leur "pratique excessive", l'avis d'un psychologue spécialisé serait, à mon avis, beaucoup plus intéressant.

Sauf que vu qu'on parle de définir si oui ou non l'addiction au jeu vidéo existe en tant que pathologie, quelqu'un avec une formation médicale est largement plus compétent que quelqu'un avec une formation comportementale. D'autant que la formation de psychologue est risible et qu'à peu près n'importe quel charlatan peut se prétendre psychologue, chose un peu plus difficile pour les psychiatres.

Toujours est-il que vouloir stigmatiser une addiction aux jeux vidéos, avec les critères définis, dire que telle ou telle chose peut conduire à une addiction n'a plus vraiment de sens, parce qu'alors n'importe quoi peut être le sujet d'une addiction (chocolat, nourriture au sens large, le pron, le nain fascisant qu'on a eu comme président, plus généralement toute personne publique, la fille des voisins, etc.). Honnêtement, qu'on arrête de faire tout un foin avec cette "addiction" aux jeux-vidéos (c'est bien la mode de dire "le jeu vidéo c'est mal", "faut réguler encore plus les jeux vidéos", "faut imposer une pause de 30 minutes toutes les 2h dans les jeux vidéos", et autres stupidités), et qu'on se focalise sur les vraies addictions aux drogues. Tout est sujet à addiction, et tout comportement excessif et non contrôlé, quel qu'en soit la cause, est en général la conséquence d'une pathologie psychiatrique. Il y a par contre de vrais éléments addictifs (la plupart des drogues), et vouloir à tout prix amalgamer les jeux-vidéos avec ça, c'est vraiment une connerie sans nom.

Parce que bon honnêtement, la plupart des critères cités, j'ai pu les appliquer aux livres, et je ne parle pas de la télé. Qui n'a jamais commencé un bouquin en se disant "je vais lire une petite demi-heure avant de me coucher", pour se retrouver à arriver à la fin du bouquin et se dire "tiens, il fait déjà jour ?". Et pourtant, je suis plutôt du genre qui lit quasiment jamais, donc bon...

Quant au passage vers la fin qui dit que si on n'a pas un attrait pour le sujet de l'addiction (les jeux vidéos), on ne peut pas traiter cette addiction, faut croire que tous les médecins qui traitent les addictions aux drogues diverses et variées on un attrait pour les drogues (mais bon vu que là c'est juste une interprétation de l'auteur de l'article et non une citation, je doute que ce soit ce qu'ait dit le ptichiatre ) ? Non honnêtement si un jour j'ai un proche qui devient accroc au crack, je préfère encore que ce soit un médecin qui pratique pas le crack lui-même qui s'en occupe hein... Que ça nécessite que la personne s'intéresse aux mécanismes qui ont conduit à cette addiction, et tout ce qui tourne autour, oui, qu'il ait lui-même un attrait pour l'objet de l'addiction, bah euh non pas trop.
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Les gens naissent tous avec une addiction naturelle au plaisir. Il suffit qu'une activité puisse engendrer du plaisir pour pouvoir parler d'addiction.

Même si dans les faits, les médecins font des distinctions dans les addictions qui sont d'origines purement sociales : si un individu est passionné par l'ébénisterie et qu'il passe ses jours et ses nuits à tailler des objets en bois, les médecins seront moins enclins à parler d'addiction que pour quelqu'un qui passe 4 à 5 heures par jours sur un jeu vidéo.

On peut aussi remarquer que les médecins, non seulement de parler plus fréquemment d'addiction pour les loisirs qui sont moins socialement acceptés, sont aussi plus enclins à parler d'addiction pour des loisirs qui concernent beaucoup de gens : en effet, ça fait plus de patient potentiels et de médicaments à vendre lorsqu'on déclare qu'on peut être addict au jeu vidéo que lorsqu'on déclare qu'on peut être addict à l'ébénisterie.
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Pas mal Aldebran.
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Une addiction est présumée nocive, hors un jeu vidéo procure du plaisir tout simplement. Il est naturel et humain de vouloir prolonger le plaisir et minimiser la douleur.

Les drogues sont mauvaises pour l'organisme et induisent des troubles sociaux (cambriolage de pharmacies, ruine financière du drogué), les jeux vidéos? A part déconcentrer des études, reléguer la carrière professionelle au plan purement alimentaire
ou prendre du temps qui pourrait être utilisé pour autrechose,
(pour certains cas), je ne vois pas trop ou est le "mal".

Je connais des couples qui vivent leur passion du jeu vidéo ensemble. Les couples ou l'un les hais en revanche , ça casse souvent. Mais c'est normal, si on ne partage plus rien, pourquoi rester ensemble? Un/une de perdue, 10 de retrouvé(e)s.

On sait tous que la télévision (l'institution) hais profondément l'informatique, internet et les jeux vidéos, Les marchands du divertissement passif ne font que se protéger.
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72 messages publiés
Les cas les plus fréquents de soi-disant addiction au jeu se trouvent en Asie orientale et notamment en Corée, un pays où la pression sociale et scolaire est très forte sur les jeunes gens. Si "prévention" il doit y avoir, il faudrait qu'elle passe plutôt par une réflexion sur ce que la société exige de chacun de nous. A quoi bon empêcher les gens de jouer si le malaise est toujours là ?
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Gorkk, le 11/05/2012 - 20:33

Sauf que vu qu'on parle de définir si oui ou non l'addiction au jeu vidéo existe en tant que pathologie, quelqu'un avec une formation médicale est largement plus compétent que quelqu'un avec une formation comportementale. D'autant que la formation de psychologue est risible et qu'à peu près n'importe quel charlatan peut se prétendre psychologue, chose un peu plus difficile pour les psychiatres.


Si vous saviez le nombre de charlatan en psychiatrie, un vrai système...
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3601 messages publiés
Gorkk, le 11/05/2012 - 20:33

Sauf que vu qu'on parle de définir si oui ou non l'addiction au jeu vidéo existe en tant que pathologie, quelqu'un avec une formation médicale est largement plus compétent que quelqu'un avec une formation comportementale. D'autant que la formation de psychologue est risible et qu'à peu près n'importe quel charlatan peut se prétendre psychologue, chose un peu plus difficile pour les psychiatres.


Psychologue est un titre et un métier réglementé. Pour avoir le droit de se prétendre psychologue, il faut un Master de psychologie (Bac+5).

La formation des psychologues est hyper variable en qualité d'une univ à l'autre. Il y a vraiment du pire comme du meilleur.

Un psychologue bien formé et à jour dans ses connaissances peut être plus à l'aise et plus compétent qu'un psychiatre sur ce genre de sujets, parce qu'une addiction non-physique est effectivement un pur domaine du comportementalisme, ce qui est plutôt une spécialité des psychologues que des psychiatres. Encore faut-il que le psychologue ait eu une formation comportementaliste correcte (hélas en France on préfère la psychanalyse)... mais de la même façon certains psychiatres sont bien incapables de traiter autre chose que les pathologies purement "médicales" sous un angle purement médicamenteux.


Pour le reste, je n'ai pas grand chose à rajouter à tout ce que tu as dit. Tout dépend de ce qu'on appelle addiction mais dans l'absolu, si on prend une définition assez large pour y englober le jeu vidéo, absolument tout peut être une addiction, du jeu vidéo à la course à cloche-pied en passant par le mouillage de cheveux.
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261 messages publiés
Torfirion, le 11/05/2012 - 18:58
kholl, le 11/05/2012 - 15:55
le mouse-clic c'est mal !!!!!!!!!!


Je suis mouse clicker, et avec le cooldown global de 1 secondes, ca ne change rien que je mouse click ou pas.


Oh You ! Bien sûr que le mouse click est moins bien, soit on enlève le problème de rapidité (même si je pense qu'il est toujours présent) Il reste toujours le fait que tu dois utiliser ta souris à ça au lieu d'autre chose (aoe entre autres) et ça oblige le joueur à se focaliser sur sa barre des sorts au lieu de se focaliser sur ce qu'il se passe à l'écran. Et à mon avis c'est ça qui est le plus dommageable.

Bref, concernant l'article, ça me paraissait évident que les jeux vidéos peuvent créer une dépendance comme beaucoup de choses, voir presque tout.
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169 messages publiés
@ dieangel

Si j'étais toi, je prendrais beaucoup plus de recul vis à vis de cet article.
Il est bien moins catégorique et plus précis que les habituelles news du genre.
En fait, une addiction ça n'a rien à avoir avec "le danger sanitaire" que ceelà peut produire. On peut avoir une addiction à TOUT. Un dévoreur de livres peut l'être aussi... Là, la news parle du vrai phénomène d'addiction. Celui où le joueur commence un peu à comprendre qu'il ne joue plus par "plaisir" mais par simple "mécanisme". A partir de là, si tu ne te maitrise plus, tu as un problème.

Addiction n'est pas égal à "jouer beaucoup" (fumer beaucoup ou bref) c'est quand tu ne peut pas contrôler. Quand tu te dis "mince j'ai ça, ça, ça à faire" et pourtant tu ne peux pas quitter ton écran de jeu (ou ton écran téloche ou livre peu importe), là y a un blem. L'addiction est totalement généraliste et pas du tout spécifique au jeu vidéo. Et je trouve que cette news l'explique dans ce sens.
[message édité par TonyoFouine le 12/05/2012 à 16:00 ]
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J'ai une vision très hédoniste de la vie, elle est courte et la recherche du plaisir et de la satisfaction ( personnel ou altruiste ) c'est l'essentiel pour moi...
Inscrit le 20/09/2011
5137 messages publiés
Les gens naissent tous avec une addiction naturelle au plaisir. Il suffit qu'une activité puisse engendrer du plaisir pour pouvoir parler d'addiction.

Avant dire n'importe quoi, il faudrait juste que tu comprennes la définition d'addiction.
La notion d'addiction comporte une part primordiale de comportement maladif outrancier.
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627 messages publiés
Celui où le joueur commence un peu à comprendre qu'il ne joue plus par "plaisir" mais par simple "mécanisme". A partir de là, si tu ne te maitrise plus, tu as un problème.


Mouais, bah ça doit pas arriver si souvent que ça alors ... Car moi dans ce cas là je ne parle pas d'addiction mais de lobotomie ...
[message édité par Djaibi le 14/05/2012 à 09:11 ]
Inscrit le 31/05/2011
216 messages publiés
j'attends le 15 mai histoire de vérifier tout ca!
Inscrit le 05/05/2009
145 messages publiés
Aldebran, le 11/05/2012 - 20:49
Les gens naissent tous avec une addiction naturelle au plaisir. Il suffit qu'une activité puisse engendrer du plaisir pour pouvoir parler d'addiction.

Même si dans les faits, les médecins font des distinctions dans les addictions qui sont d'origines purement sociales : si un individu est passionné par l'ébénisterie et qu'il passe ses jours et ses nuits à tailler des objets en bois, les médecins seront moins enclins à parler d'addiction que pour quelqu'un qui passe 4 à 5 heures par jours sur un jeu vidéo.


De mémoire, les philosophes grecs se penchaient déjà là dessus et on pourrait tout aussi bien aller se demander si ceux qui lisent des dizaines de romans mériteraient autant d'études comportementables que les gamers.

Perso, j'ai toujours joué plusieurs heures par semaine, sans pour autant délaisser d'autres activités sociales ou surtout culturelles.

Ce qui m'embête, c'est que ces études rabaissent sans arrêt le jeu vidéo à quelque chose qui semble suffisamment dangereux ou étrange pour qu'on se penche sans arrêt dessus, alors que ça n'est qu'un divertissement comme un autre.

Certains sont fans des émissions de TV réalit, d'autres regardent 300 films par an (d'ailleurs, les JV ne m'empêcheront pas d'arriver à environ 220 films d'ici la fin de l'année), d'autres encore dévorent les prix Goncourt et Femina.

Je ne vois pas pourquoi certains mériteraient plus que d'autres d'être ostracisés et pointés comme du doigt comme ayant une possible pathologie socio-culturelle.

Surtout quand on voit ce que l'industrie du JV a su pondre ces 10 dernières années (Silent Hill 1 à 3, Ico et Shadows of the Colossus, MGS, Final Fantasy, etc etc, tant d'heures de jeu ou l'on ressent quelque chose de plus culturel que dans 90% des programmation TV).
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je pense que comme toute bonne chose on ne doit pas en abuser...rester coller devant un écran, je pense pas que ce soit si bon pour la santé.
Pour moi c'est une addiction comme une autre. Elle peut aussi entraîner des comportements grave et des pathologies où on n'arrive plus à voir la différence entre le jeu et la réalité.
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Bonjour tout le monde
Je cherche des informations sur les addictions aux jeux vidéos, des informations en générale, merci de me répondre
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L'addiction aux jeux vidéos est un vrai fléau mais on peut en sortir... J'ai 3 garçons et tous les trois sont addicts aux jeux vidéos. En commençant par le plus grand qui lui est un fan de jeux de rôles qui a mon avis, sont les plus dangereux au niveau de l'addiction car cela les incite à y revenir tous les jours, et a y passer des heures pour accomplir des missions en ligne avec des amis.Les jeux d'actions sont moins dangereux car une fois le jeux terminé, ils sont moins "accroc" aux jeux... Pour s'en sortir, il faut absolument les éloigner du pc ou console, leur trouver une occupation extérieure, pas facile mais réalisable. Mais d'autres addictions aux jeux sont beaucoup plus dangereuses, comme celle du casino ou poker , sur cet article on voit que la France n'est pas la plus adepte au niveau des jeux mais bien que la Suisse nous bat à ce niveau et vous verrez aussi le coté vicieux de ses addictions beaucoup plus virulente que celles des jeux vidéos. Source: http://www.casinosgu...ction-40488.htm
Inscrit le 24/01/2013
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Le magazine officiel du jeu DOFUS. chez http://abonnement-ma...azine-3139.html Tout ce que vous désirez savoir sur le jeu et bien plus encore … - Le Dofus Mag est un mook (Magazine/Book) bimestriel de 132 pages, à la fois source d’informations sur le jeu Dofus et son univers, mais aussi sur la communauté de joueur et les des guides de jeu. On retrouve également au travers de ses pages, des aperçus exclusifs des prochains apports au jeu, ainsi que des bandes dessinées, des interviews des gens qui travaillent sur le jeu .
Inscrit le 06/04/2011
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Hum, difficile est la réponse.

Peut -être bien que oui , peut-être bien que non.

Si la force est avec toi, à l ' attraction tu résisteras, sinon dans le côté obscur , tu tomberas.
Inscrit le 12/02/2013
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aller voir ce site il est pas mal fait et sa explique bien :http://addiction-aux-jeux-videos.e-monsite.com
Inscrit le 25/03/2013
74 messages publiés
Pour une petite minorité de joueurs cependant, la pratique excessive des jeux vidéo constitue un véritable problème. Envahissante, incontrôlable, elle s'apparente plus à une prison qu'à un simple loisir. Encore mal définie, sujette à de nombreuses controverses, l'addiction aux jeux vidéo est un sujet complexe qui nécessite de prendre beaucoup de recul avec nos certitudes. En effet, on peut tout à fait être hardcore gamer pendant 20 ans sans devenir dépendant aux jeux vidéo et inversement ne plus pouvoir s'en passer quelques mois seulement après avoir essayé son premier MMO. a mon avis je choisi le smartphone Galaxy S pour jouer quelques jeux pas bcp
Inscrit le 06/07/2013
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Le Jeu vidéo est-il dangereux ? : soigner par le Jeu vidéo

Le Jeu vidéo est-il dangereux ? : prévenir ou soigner par le Jeu vidéo

En premier lieu, lorsque nous parlons de Jeu vidéo de quoi parlons-nous ?

Le Jeu vidéo ne se limite pas au simple "Jeu vidéo". En effet, il s’agit encore d’une définition récente, incertaine et fluctuante.

Pourtant, dès que nous abordons la question de la dangerosité potentielle ainsi que de l’intérêt du Jeu vidéo, et manière extensible, du numérique, nous pouvons à coup sur tomber sur deux points de vue parfois très opposés et difficilement conciliables, comme si le numérique en lui-même instaurait une forme de séparation nette entre le corps et l’esprit, la tête et les membres ou encore entre les "pour" et les "contre".

Outre une question générationnelle, il semble bien que nous ne parvenions que difficilement à articuler ces deux points de vues qui semblent parfois se poser comme deux pensées idéologiques extérieures à toutes considérations d’un sens particulier de cette pratique pour tel joueur, homme ou femme, enfant, adolescent ou adulte voire personne âgée.

A consulter de près ou de loin les discours écrits ou parlés des "chercheurs", des "spécialistes", de ceux qui observent le Jeu vidéo de loin ou à l’inverse de ceux qui utilisent le Jeu vidéo dans leur quotidien ou dans leur pratique professionnelle, tout se passe comme si il n’était plus possible aujourd’hui de penser par soi-même et de s’interroger de manière libre et simple au sujet de ces nouveaux objets. Nous assistons alors, dans le domaine du Jeu vidéo à l’instauration d’une tendance que nous observons déjà dans bien d’autres domaines tels que le politique ou le "social" : l’édification de "chapelles" scientifico-religieuses. Nous savons d’ailleurs combien la pensée d’aujourd’hui, "libérale" en apparence et dans le mot, impose une orientation stricte de ce que nous pouvons dire au détriment de la liberté laissée pour réfléchir, c’est-à-dire pour laisser le temps faire son oeuvre…

Car après tout, en quoi les joueurs de Jeu vidéo sont-ils suffisamment aptes à se rendre compte de l’effet de leur pratique sur leur psychisme ?

En quoi les "défenseurs" des "bienfaits" du Jeu vidéo sont-ils suffisamment "neutres" ou "objectifs" pour pouvoir annoncer qu’il n’y a pas de danger de manière aussi certaine ?

A l’inverse, en quoi les détracteurs du Jeu vidéo, et de manière générale de la culture numérique, sont-ils suffisamment immergés pour pouvoir se prononcer avec certitude ?

Autrement dit, sur quel base le discours "scientifique" sur le JEu vidéo puise t-il sa légitimité ?

Ceci étant dit, le Jeu vidéo n’est pas un danger en soi, mais il n’est pas non-plus un objet "positif" qui va apporter une solution à tous les problèmes que nous rencontrons aujourd’hui. S’engager dans cette voie pourrait révéler une tendance au glissement idéologique pour éviter un vide de penser laissé par le fait de faire table rase pour oser penser par soi-même la complexité du monde dans lequel nous vivons et évoluons. Tout comme la carte bleu nous a été progressivement "imposée", le Jeu vidéo tend aujourd’hui à s’institutionnaliser et à devenir un élément incontournable de la "culture". Ici se dégage une question de fond sur ce que nous entendons naturellement par "culture" et par ce que nous avons inventé dans les termes d"objets culturel".

Le Jeu vidéo n’est pas un danger en soi car il n’est pas un déclencheur des phénomènes que nous observons mais davantage un révélateur ou un indicateur d’un sens singulier pour cette personne-ci à la lumière de ce qu’elle en dit et du lien qui se tisse entre son histoire et le présent de la rencontre. Nous rencontrons hélas encore trop souvent des gens convaincus et certains que le numérique et le Jeu vidéo sont à proscrire. Il n’est pas difficile d’ailleurs de croiser ces gens dans les conférences et les "colloques" ou autres manifestations au sein desquelles interviennent des orateurs qui confirment ainsi leur à priori. Et puisqu’en principe on va à une conférence pour être d’accord sur le fond…

Le premier discours est en tout cas parfois un discours à tonalité clairement préventive voire alarmiste, révélant parfois une position mélancolique très fréquemment formulée par un "mais avant…".

De ce discours, les enfants et les adolescents souffrent car ils ne se sentent pas reconnus dans leur investissement de cet objet que parfois les parents dysqualifient en leur préférant d’autres objet mieux connus d’eux. Un enfant qui apporterait un dessin susciterait un élan d’émerveillement et d’attention même si la technique et la qualité graphique n’est pas au rendez-vous. Ceci notamment car nous savons combien le dessin est un indicateur des processus psychiques et de la construction de la réalité psychique de l’enfant au moment où il dessine. Alors pourquoi en serait-il autrement pour le Jeu vidéo qui se joue sur cette toile de dessin verticalisée ? La réaction des parents pourrait être assez proche lorsque l’enfant dit qu’il a looté des heures et qu’il a finit l’instance avec la guilde…C’est notamment pour nuancer les réactions de disqualification que nous avons un travail de "pédagogie du Jeu vidéo" à faire auprès des "non-initiés".

En revanche, prétendre que le Jeu vidéo ne pose aucun problème ou qu’il n’est jamais un objet à problème est une preuve d’une forme de négation de la réalité, quelque soit l’appellation que l’on met derrière (déni, dénagation, refoulement…). Trop de chercheurs sont eux-mêmes pris dans des mouvements qui les dépassent au point de manquer parfois de recul vis-à-vis de ce qui les poussent à vouloir défendre bec et ongles que le numérique est "bon", "bien" ou encore qu’il peut contribuer au "bien-être". Comme toute pratique ou tout objet, le Jeu vidéo peut, dans certains cas, conduire à des utilisations abusives voire défensives même si nous savons que toute défense est simultanément un signe de raté et une tentative de représentation du processus en souffrance. En tant que psychologue clinicien nous sommes avant toute chose à l’écoute de la réalité psychique des sujets en souffrance. Gardons-nous donc de ne pas fétichiser l’objet au point de n’écouter que lui, et non pas ce qui se dit à travers lui d’une vérité du sujet à son insu. Si pendant un temps, et c’est encore parfois le cas aujourd’hui, il était nécessaire de tenir un discours positif sur le Jeu vidéo afin de recentrer ou de remettre la barre au milieu entre les dangers et les bénéfices, il me semble nécessaire de tenir un discours plus complexe et de faire confiance dans la capacité des gens à entendre que les choses sont bien plus difficiles à comprendre que cela. Mon expérience auprès des enfants mais aussi auprès des adultes, leurs parents ou encore les référents éducatifs m’apprend que beaucoup de Jeu vidéo sont joués par des enfants pendant des heures, sans surveillance et sans que quelque chose soit repris par la suite. Dans certains classes de CE1, les garçons jouent presque tous à Modern Warfare ou encore à GTA.
Nous savons que la question de la violence de l’image porte encore aujourd’hui à controverse. En effet, longtemps dénoncée, cette violence fait aujourd’hui l’objet de recherches qui vont davantage dans le sens d’une fonction de représentance potentielle d’une violence jamais totalement intégré au Self du sujet.

La question du sens et de l’Histoire nous permet ainsi de sortir de l’impasse qui voudrait qu’une réponse ultime soit trouvée à la question du Jeu vidéo aujourd’hui. Par là même découle la question de la position du chercheur aujourd’hui dans notre société et qui le met dans une position d’imposture dont il se déprend avec difficultés, à condition qu’il sache que cela fait partie du "Jeu".

En effet, au sein d’un cadre thérapeutique, le Jeu vidéo offre de très nombreuses possibilités de soutien des processus d’appropriation subjective de l’expérience.

Le Jeu vidéo est avant tout une expérience de plaisir qui permet de vivre une impression d’immersion qui apporte beaucoup de satisfaction au joueur.

L’approche du Jeu vidéo à travers le prisme du sens singulier et de l’Histoire consiste à soutenir à la fois une dynamique de prévention auprès des enfants tout en sensibilant les parents à l’intérêt certains que revêt le Jeu vidéo.

http://psychologienu...r-le-jeu-video/
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