Google se dégage de l'influence de WebKit. L'entreprise américaine a annoncé l'existence d'un projet visant à concevoir un nouveau moteur de rendu pour son navigateur web. Baptisé Blink, il s'agit d'un fork de WebKit. Google estime que Blink correspondra mieux aux spécificités de Chrome tout en proposant une solution simplifiée et plus stable.

Ça bouge du côté des navigateurs web ! En début d'année, Opera a annoncé l'abandon de son moteur de rendu, Presto, pour le remplacer par WebKit. Quelques semaines plus tard, Firefox a révélé un partenariat avec Samsung pour expérimenter un futur moteur de rendu, baptisé Servo, et qui pourrait peut-être un jour prendre le relai de Gecko dans Firefox. Et maintenant, c'est au tour de Google de faire une annonce.

Le géant de la recherche a révélé l'existence d'une nouvelle initiative, intitulée Blink, qui va lui permettre de prendre ses distances avec WebKit. Google exploite en effet le moteur de rendu d'Apple dans son navigateur web, mais ce choix ne lui convient plus. La firme explique que Chrome utilise une architecture multi-processus très spécifique, qui l'éloigne des autres navigateurs basés sur WebKit (Safari notamment).

Or, Google considère que cette situation a compliqué la tâche pour les projets WebKit et Chromium et ralenti l'innovation. Blink vise donc à redresser le tir en redonnant des couleurs à la créativité et en contribuant à la vigueur d'un écosystème web ouvert. 

Blink n'est toutefois pas apparu ex nihilo. Il s'agit en réalité d'un fork de WebKit. Le choix d'un nouveau moteur de rendu, qui sera open source, sera aussi l'occasion d'une cure d'amincissement. Selon les estimations d'Adam Barth, ingénieur logiciel au sein du groupe, le processus devrait permettre de se débarrasser d'un peu plus de 7000 fichiers contenant au total plus de 4,5 millions de lignes de code.

"Sur le long terme, un code sain favorise une plus grande stabilité et moins de bugs", estime Adam Barth, même s'il reconnaît que délaisser WebKit "n'a pas été facile" et risque "d'avoir des implications importantes pour le web". Les développeurs, en particulier, s'inquiéteront sans doute de l'apparition d'un nouveau moteur à prendre en considération, en plus de WebKit (Safari), Trident (Internet Explorer) et Gecko (Firefox).

Google veut toutefois rassurer. Ce virement de cap n'affectera pas énormément les développeurs web à court-terme, dans la mesure où l'entreprise compte d'abord se concentrer sur l'optimisation et la simplification du code de WebKit. À plus long terme, la transition devrait s'opérer sans heurt pour les informaticiens. Google affirme en tout cas vouloir préserver l'écosystème et ne pas créer de rupture.

Si Google utilisera à l'avenir Blink comme moteur de rendu principal pour ses projets, le groupe continuera d'exploiter WebKit pour la version iOS de son navigateur Chrome. Apple pousse en effet les éditeurs à exploiter son moteur de rendu sur ses terminaux. Mozilla, qui a envisagé un temps de sortir une version Firefox sous WebKit, a pour l'instant suspendu ses travaux en la matière.

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés