La première réunion entre Twitter, les associations et le gouvernement a débouché sur quelques pistes pour lutter contre la propagation des messages litigieux sur le réseau social. Si celles-ci doivent encore être précisées, il est en particulier question d'attribuer un statut particulier aux associations pour que leurs signalements soient traités en priorité par le site communautaire.

C'est une première prise de contact qualifiée de satisfaisante. Sous l'égide du gouvernement, les représentants de Twitter ont rencontré ce vendredi les responsables des principales associations de lutte contre le racisme et l'homophobie pour discuter de la meilleure manière de combattre la propagation de tweets antisémites, sexistes ou haineux sur le réseau social américain.

À l'issue de la réunion, Najat Vallaud-Belkacem a indiqué à la presse que le site américain traitera en priorité les notifications des associations françaises. Ce régime privilégié doit leur permettre de notifier à Twitter tout message ou mot-clé (hashtag) litigieux, afin que celui-ci intervienne dans les meilleurs délais. Mais aucun calendrier de mise en œuvre pour installer ce mécanisme n'a pour le moment été défini.

Pas de calendrier

Concrètement, les associations comme l'inter-LGBT ou le RAVAD (réseau d'assistance aux victimes d'agressions et de discriminations) pourront "bénéficier d'un statut que leur permettra d'envoyer des messages de rappel à la loi. Ces messages bénéficieront d'une très grande publicité et arriveront tout en haut d'une page concernant un sujet, comme par exemple l'homophobie", ajoute la porte-parole.

De leur côté, les associations attendent désormais que les propositions de Twitter se traduisent en actes. Bien que satisfaites d'avoir pu discuter avec le réseau social, elles notent que des dispositions avancées lors des échanges avec le site sont encore floues ou ne bénéficient pas d'un cap précis. "On est un peu frustrés parce qu'on a l'impression qu'ils se reposent un peu sur nous", a déclaré le représentant de l'inter-LGBT.

Feuille de route

Le statut particulier qui sera attribué aux associations sera-t-il efficace et utile ? Les associations demandent à voir. D'ici là, une feuille de route sera établie par le gouvernement et qui impliquera les ministères de l'intérieur, de la justice, de l'économie numérique et des droits des femmes. Le but ? Faire en sorte que Twitter "puisse adapter ses procédures de signalement à la loi française".

"Dans ce cadre, le gouvernement proposera à l'opérateur des axes de travail et notamment, la définition des modalités juridiques et techniques de signalement accéléré des infractions, de suppression des publications illicites ou encore de suspension des comptes d'utilisateurs et de désindexation de hashtags", explique le communiqué conjoint des quatre ministères.

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