Pour éviter que son pays connaisse les mêmes soulèvements qu'en Lybie et en Egypte, attribués à une vidéo israëlo-américaine très hostile à l'islam, le président afghan Hamid Karzaï a ordonné aux fournisseurs d'accès à internet qu'ils bloquent l'accès à YouTube jusqu'au retrait de la vidéo. Un ordre immédiatement suivi par Afghan Telecom.

Mise à jour : le Pakistan, habitué à bloquer tout site diffusant des contenus jugés offensants pour l'islam, a également bloqué YouTube.

Le journaliste afghan Jamal Ahmad Mahmood, dont les informations sont corroborées par d'autres abonnés à l'opérateur, a fait savoir mercredi à la mi-journée que Afghan Telecom avait décidé de bloquer l'accès à la plateforme de vidéos en ligne YouTube. La décision ferait suite aux déclarations du président Hamid Karzaï, qui a fermement condamné la diffusion du film "L'Innocence des musulmans", dans lequel l'islam est grotesquement dépeint comme une religion haineuse.

Selon la presse internationale, qui semble unanime sur ce point, c'est la diffusion d'un extrait de 14 minutes sous-titré en arabe, sur YouTube, qui aurait provoqué les soulèvements violents en Libye et en Egypte, conduisant à la mort d'un ambassadeur américain à Benghazi (notons le paradoxe d'une telle information ; si elle est vraie, elle implique que pour protester contre un film qui dépeint l'islam en religion poussant à la haine, des islamistes haineux auraient été jusqu'à tuer).

Dans son communiqué, le président Karzaï a condamné un "acte inhumain et abusif" par l'auteur du film, qui a "provoqué de l'hostilité et de de la confrontation entre les religions et les cultures du monde entier". Selon le Wall Street Journal, il n'a pas eu un mot pour les personnes tuées, ni n'a adressé de message appelant au calme.

De son côté, Reuters confirme que YouTube est bien bloqué en Afghanistan, et précise qu'il s'agit d'un ordre du gouvernement. "Il nous a été demandé de fermer YouTube au public afghan jusqu'à ce que la vidéo soit supprimée", a indiqué à l'agence de presse le directeur général du ministère des technologies de l'information, Aimal Marjan.

Reuters ajoute que "par le passé, des contenus et des actions jugés insultants pour l'islam ont provoqué des soulèvements mortels en Afghanistan". 

Le blocage serait donc bien, non pas un acte de censure politique, mais un acte de sauvegarde de la paix civile. 

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