Pointées du doigt dans le rapport de Jean-Marie Bockel sur la cyberdéfense, Huawei et ZTE ont répondu au sénateur par voie de presse. Les deux sociétés regrettent la persistance du fantasme chinois autour de leurs produits et rappellent qu'elles n'ont pas été interrogées par le sénateur. Déplorant des conclusions précipitées, elles rappellent que des attaques se sont aussi déroulées via du matériel américain.

Dangereux, les équipements de réseau chinois ? C'est ce qui transparaît dans le rapport sénatorial rédigé par Jean-Marie Bockel sur la cyberdéfense. Dans le document, l'une des recommandations a beaucoup fait parler d'elle puisqu'elle propose ni plus ni moins "d'interdire [en France et en Europe] le déploiement et l'utilisation de routeurs ou d'autres équipements de cœur de réseaux […] d'origine chinoise".

Les deux entreprises citées dans ce rapport, ZTE et Huawei, n'ont évidemment pas apprécié d'être ainsi pointées du doigt. Interrogées par Le Point, les deux firmes ont déploré "l'évocation de suspicions non fondées", en rappelant qu'elles n'ont jamais été auditionnées. "Nous avons découvert que cette mission d'information existait lors de la publication du rapport", a déclaré François Quentin, patron de Huawei en France.

Pour le patron de la division Europe de ZTE, Lin Cheng, le fantasme chinois fausse la perception de la réalité. "Les soupçons me surprennent un peu, car même si l'on prend le cas d'une attaque visiblement venue de Chine ces derniers mois, elle a eu lieu via des routeurs Cisco. Alors je ne vois pas en quoi supprimer des routeurs chinois changerait la donne".

Quant à la conception des routeurs, ZTE et Huawei rappellent que l'assemblage en Chine n'est qu'un des maillons de la chaîne. "Nos matériels sont construits à partir de composants fabriqués aux US, avec des logiciels développés dans le monde entier", explique ZTE, tandis que Huawei affirme avoir développé avec IBM "une organisation et des processus particulièrement sécurisés". Dans ces conditions, "ça ne semble pas très facile qu'on puisse implémenter des mouchards comme ça sans que ça se sache", note Lin Cheng.

Reste que Jean-Marie Bockel n'est pas le seul à s'interroger sur les équipements de réseau chinois. Dans une toute autre affaire, une enquête sur ZTE est réclamée aux États-Unis dans le cadre d'accusations sur des ventes d'outils de cyber-surveillance à l'Iran. Si les raisons sont différentes, les conclusions de l'enquête – si elle a lieu – pourraient nourrir le débat autour des routeurs chinois.

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