Publié par Guillaume Champeau, le Jeudi 07 Juin 2012

Hadopi : Filippetti boutée par un "shadow pôle culture"

Dans une enquête, Mediapart révèle le programme culturel de François Hollande, tel qu'il avait été préparé par l'équipe d'Aurélie Filippetti, devenue ministre de la Culture. Il prévoyait bien l'abrogation de l'Hadopi et la création d'une forme de "contribution créative" pour légaliser les échanges d'oeuvres entre particuliers, moyennant le paiement d'une taxe collectée auprès des FAI. Mais le sujet lui a échappé, après que des hommes de l'ombre ont agi pour reprendre le dossier en main auprès de François Hollande.

On se souvient que lors de la campagne électorale, le sujet de l'avenir de la loi Hadopi a créé une rare cacophonie dans le camp de François Hollande. Au point que nous avions un jour titré que sur ce dossier, "le changement c'est tout le temps". On a beaucoup entendu dire, et nous l'avons nous-même écrit, que les propos contradictoires tenus pendant la campagne étaient dûs aux rivalités entre Aurélie Filippetti, chargée de la Culture, et Fleur Pellerin, chargée du numérique.

Or un article de Mediapart apporte un autre éclairage. Le journal d'Edwy Plenel raconte "l'histoire secrète du programme culturel du candidat Hollande", en publiant le projet de programme élaboré par le pôle culture de la campagne de François Hollande. Il est fourni au journal par Juan Branco, alors conseiller d'Aurélie Filippetti et militant de l'abrogation de l'Hadopi et de l'adoption d'un système de "contribution créative".

Le document daté du 21 mars 2012 montre qu'en effet, l'abrogation d'Hadopi était proposée avec deux axes d'accompagnement. Le premier axe était la création de nouvelles sources de financement, avec en particulier une taxe sur les FAI dont la collecte et la répartition auraient été placées sous le contrôle d'une nouvelle "autorité chargée du contrôle de la collecte des fonds, de l'analyse des réseaux et des consommations numériques". Etaient aussi envisagés toute une série de mesures pour développer l'offre légale. Le deuxième axe, rassurant pour les ayants droit, était celui du "renforcement des moyens de lutte contre la contrefaçon", avec une obscure "facilitation des procédures judiciaires contre la violation du droit moral et de la contrefaçon commerciale", et une "accélération de la lutte contre le streaming illégal".

Le projet, même s'il est flou sur l'articulation entre la lutte contre certaines formes de piratage et la légalisation des échanges entre particuliers, se voulait équilibré. Et le pôle culture croyait la partie gagnée, ayant eu le feu vert de Pascal Rogard, le directeur de la Société des Auteurs Compositeurs Dramatiques (SACD), sans doute le lobbyiste culturel le plus influent de la place de Paris.

Mais patatras.

"Le 2 mars, dans l'après-midi, Le Monde publie une tribune sur la culture, signée par le candidat et qui n'avait pas été préparée par l'équipe d'Aurélie Filippetti", rappelle Mediapart.

Fait amusant, ce jour-là Numerama avait reçu un coup de fil d'un membre de l'entourage proche de François Hollande, pour tenter de dégonfler l'importance de la tribune, qui paraissait revenir (encore une fois) sur les engagements d'abrogation de l'Hadopi.

"On comprend alors, mais très tard que le shadow pôle culture existe", se souvient Juan Branco, qui n'a pas été retenu dans l'équipe d'Aurélie Filippetti, sacrifié sur l'autel des lobbys culturels. Alors que le pôle culture agit en façade, des conseillers obscurs agissent en coulisses. Parmi eux figurent Sylvie Hubac, alors présidente du Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique, devenue directrice du cabinet de François Hollande. "Notre rencontre avec Sylvie Hubac a été assez violente. Elle nous expliquait qu'on faisait le contraire de ce qu'il fallait faire", raconte Branco.

"L'équipe culture se heurte aussi à Constance Rivière, déléguée générale de la campagne, ancienne rapporteuse de la mission Zelnik sur le développement de l'offre culturelle légale sous Sarkozy et aujourd'hui conseillère à l'Elysée sur les libertés publiques. " Elle nous a mené une guerre sans merci pour que l'on passe de l''abrogation' au 'remplacement' de l'Hadopi. "".

Le dossier est désormais étroitement surveillé, et la mission confiée à Pierre Lescure pour négocier "l'acte 2 de l'exception culturelle" n'a pas envoyé le meilleur signal à ceux qui espèrent une profonde remise en cause de la politique culturelle sur Internet.

Publié par Guillaume Champeau, le 7 Juin 2012 à 10h06
 
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Commentaires à propos de «Hadopi : Filippetti boutée par un "shadow pôle culture"»
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Bof, de toutes façons on a toujours su qu'il faudrait garder la seedbox et les VPN après l'élection.
Tout ce qu'on demande à notre cher président maintenant, c'est qu'il n'augmente pas la facture (avec des taxes par ex.).
Et qu'il ne nous pourchasse pas comme son prédécesseur, nous obligeant à dépenser encore plus pour la sécurité.
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Bref sarko a profitté de son mandat presidentiel pour poser ses pions...
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Le changement c'est avant... ou après... ou pas...
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Merci pour cet article : ça permet de ne pas oublier que les partis dits "de gouvernement" sont *toujours* le cul entre deux chaises et choisissent facilement l'opacité pour résoudre le tiraillement entre intérêt public et intérêts privés.

Je pense que c'est sur cette transparence que le Parti Pirate devra apporter une vision neuve, s'ils veulent influer sur le paysage politique et redonner un peu de confiance aux électeurs.
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2 messages publiés
Au hasard ... Pascal Rogard ?
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Gaffiste, le 07/06/2012 - 10:21
Bref sarko a profitté de son mandat presidentiel pour poser ses pions...


+1

Vivement l'épuration.
[message édité par Charo le 07/06/2012 à 10:42 ]
Inscrit le 25/01/2007
2899 messages publiés
curieux de truc qu'ont les politiques de toujours courber l'échine face aux industriels.

je veux dire, le seul truc qui pourrait craindre, c'est de perdre la force militaire. en dehors de ca, je vois pas ce qui peut menacer un gouvernement. et les services secrets ca doit bien servir à quelque chose non ?

alors pourquoi les ptis politocards se font dessus des que le moindre lobbyiste a culotte courte vient leur faire la leçon ?

perso, en tant que président, ca irait vite ce genre d'histoires... le lobbyiste serait convoqué personnellement et discrètement et on lui ferait comprendre que maintenant c'est plus lui qui fait la loi et que s'il ferme pas sa gueule, il se pourrait qu'il ait des soucis avec tout un tas de personnes peu conciliantes, allant du percepteur des impôts à divers juges et autres investigateurs...
voire mm un ptit coup de prison préventive pour des motifs fallacieux.

on le fait bien quand ce sont de "dangereux" altermondialiste ardèchois, alors pourquoi on le fait pas quand ce sont les ennemis du peuple ?
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433 messages publiés
L'article de mediapart est plutôt intéressant...
Après quelque soit le gouvernement, les lobbies ont toujours le dernier mot, surtout sur les sujets culturels...

Bref, j'ai l'impression qu'on va payer plus pour n'avoir aucun droit en plus...
[message édité par Nycom le 07/06/2012 à 10:49 ]
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pleindeuss, le 07/06/2012 - 10:49
curieux de truc qu'ont les politiques de toujours courber l'échine face aux industriels.

je veux dire, le seul truc qui pourrait craindre, c'est de perdre la force militaire. en dehors de ca, je vois pas ce qui peut menacer un gouvernement. et les services secrets ca doit bien servir à quelque chose non ?

alors pourquoi les ptis politocards se font dessus des que le moindre lobbyiste a culotte courte vient leur faire la leçon ?

perso, en tant que président, ca irait vite ce genre d'histoires... le lobbyiste serait convoqué personnellement et discrètement et on lui ferait comprendre que maintenant c'est plus lui qui fait la loi et que s'il ferme pas sa gueule, il se pourrait qu'il ait des soucis avec tout un tas de personnes peu conciliantes, allant du percepteur des impôts à divers juges et autres investigateurs...
voire mm un ptit coup de prison préventive pour des motifs fallacieux.

on le fait bien quand ce sont de "dangereux" altermondialiste ardèchois, alors pourquoi on le fait pas quand ce sont les ennemis du peuple ?


j'ai bien ri en lisant ton post...
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Charo, le 07/06/2012 - 10:41

Gaffiste, le 07/06/2012 - 10:21
Bref sarko a profitté de son mandat presidentiel pour poser ses pions...


+1

Vivement l'épuration.


La nouvelle équipe au pouvoir peut influencer dans le bon sens de mille manières, pas forcément spectaculaires.
Par ex. à défaut de supprimer les dispositifs LOPPSI, au moins les freiner et les neutraliser.
Autre ex. je ne sais si Hollande peut remplacer Michel Barnier à la Commission, mais je serais content que ce sarkozyste acharné la rabaisse au moins un peu, ce soi-disant expert sur les questions concernant le commerce et le net.

Mais faire table rase de tout le passif de l'ère sarko serait la meilleure chose, de loin.
[message édité par Only The Piano Player le 07/06/2012 à 10:59 ]
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Le "Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique". Qu'est ce que c'est encore que cette merde ?
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C'est bien, qu'ils persévèrent... àa pètera bien un jour
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milord, le 07/06/2012 - 10:57
Le "Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique". Qu'est ce que c'est encore que cette merde ?


Il serait intéressant de recenser le nombre de "conseils supérieurs", "hautes autorités", et autres "grosses commissions"
afin de connaître:
- leur nombre
- leur utilité,
- et surtout le coût de tous ces "machins" pour les Français.
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alors pourquoi les ptis politocards se font dessus des que le moindre lobbyiste a culotte courte vient leur faire la leçon ?


http://www.lemonde.f...13388_3224.html
La France ne fait pas partie de ces deux groupes d'Etats les plus performants et se situe au même niveau que les Pays-Bas et la Belgique. Maigre consolation, elle obtient cependant de meilleures notes que les deux cancres de la classe : la Bulgarie et la Roumanie. Les maillons faibles de la lutte contre la corruption en France sont le Parlement, l'exécutif et la justice, écrit Transparency. Les bons élèves sont les institutions financières, dont la Cour des comptes, et les organes de contrôle des élections.
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pleindeuss, le 07/06/2012 - 10:49

... il se pourrait qu'il ait des soucis avec tout un tas de personnes peu conciliantes, allant du percepteur des impôts à divers juges et autres investigateurs...
voire mm un ptit coup de prison préventive pour des motifs fallacieux.

Genre connexion internet incorrectement sécurisée, découverte de mp3 à l'insu de son plein grès sur son disque lors de la perquisition, diffusion à grande échelle de lolcat ...

Y'a pas de raison que les emmerdes avec inversion de preuve ne tombent que sur nous.
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Pensez bien à tout ça dimanche !
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Dimanche, votez Pirate...
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milord, le 07/06/2012 - 10:57
Le "Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique". Qu'est ce que c'est encore que cette merde ?


Une instance 'Indépendante' chargée de conseiller le ministère de la culture.
Où les réprésentants des consommateurs sont moins de 10% des membres (et on me fera pas croire que la présence de l'ADBU (Association des directeurs des bibliothèques universitaires) et la CFPSAA (Confédération française pour la promotion sociale des aveugles et amblyopes) aide réellement à nous protéger des abus...
[message édité par slig le 07/06/2012 à 11:41 ]
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Méfiance et esprit critique tu dois avoir jeune internaute.
A entretenir l'ambiguité sur ce que veulent le PS et ses membres, le PS et ses membres ont intérêt à faire.
Oublier que Plenel Seigneur de Mediapart est un soutien inconditionnel de la nomenklatura socialiste jamais tu ne dois.

Que la journée soit avec toi ;-)
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Boutée ? Pas très usité comme terme...

Doublée chapeauté écartée ???? mais boutée... ca est du viaux françois
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benco67, le 07/06/2012 - 12:09
Boutée ? Pas très usité comme terme...

Doublée chapeauté écartée ???? mais boutée... ca est du viaux françois


Bouter est également un terme d'architecture qui veut dire "soutenir une poussée" (arc-boutant).
Auquel cas, on aurait la poussée de Filippetti qui serait soutenue par un shadow pôle culturel
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benco67, le 07/06/2012 - 12:09
Boutée ? Pas très usité comme terme...

Doublée chapeauté écartée ???? mais boutée... ca est du viaux françois


Ca évoque aussi un verbe ultra pop(ulaire) très proche en prononciation. C'est dégueulasse Guillaume! C'est une ministre la Cul ture tout de même...

Mais... :
.
Méfiance et esprit critique tu dois avoir jeune internaute.
.
A entretenir l'ambiguité sur ce que veulent le PS et ses membres, le PS et ses membres ont intérêt à faire.
.
Oublier que Plenel Seigneur de Mediapart est un soutien inconditionnel de la nomenklatura socialiste jamais tu ne dois.
.
Que la journée soit avec toi ;-)
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leiopar, le 07/06/2012 - 11:37
Dimanche, votez Pirate...


+1 http://partipirate.org/
[message édité par dsant le 07/06/2012 à 13:41 ]
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Bouter est également un terme d'architecture qui veut dire "soutenir une poussée" (arc-boutant).
Auquel cas, on aurait la poussée de Filippetti qui serait soutenue par un shadow pôle culturel


Ouaaaaaaaaaah, mega-cassé numerama lololol
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argh les kikoulol sont la, mais tuez le.
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Sylvie Hubac.

Constance Rivière.

C'est noté...
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Dites, il ne s'agit pas de pions sarkozystes demeurés en place pour saboter les projets des socialistes : ces émanations du CSPLA ou de la commission Zelnik ont au contraire retrouvé un poste directement à l'Elysée, si vous lisez bien.

Il n'est pas question de sabotage sarkozyste, il est question d'un phénomène plus profond, le lobbying. Et la grande porosité des divers "conseillers" au lobbying. Et l'absence de contrôle citoyen sur les rapports entre politiques, élus, gouvernants, d'une part, et industriels et lobbyistes, d'autre part. Un phénomène non spécifiquement sarkozyste (bien que s'accomodant évidemment bien mieux du clientélisme sarkozyste que des vagues scrupules socialistes).
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Un gros fuck à tous les gogos qui croient encore que le PS est un parti de gauche, il fallait voter VRAIMENT à gauche, maintenant vous avez encore un nabot mais sous des faux airs de type sympa et mou, mais comme les autres, un simple laquais au service des banquiers et de leurs nombreuses succursales.
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rotabla, le 07/06/2012 - 14:39
Un gros fuck à tous les gogos qui croient encore que le PS est un parti de gauche, il fallait voter VRAIMENT à gauche, maintenant vous avez encore un nabot mais sous des faux airs de type sympa et mou, mais comme les autres, un simple laquais au service des banquiers et de leurs nombreuses succursales.

... ET àA ME FOUT LA CHIASSE !
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bon , maintenant qu ' elle est aux manettes , on va voir si elle a des cou.......s et si elle va envoyer chier tous ces cons .
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U., le 07/06/2012 - 14:34
Dites, il ne s'agit pas de pions sarkozystes demeurés en place pour saboter les projets des socialistes : ces émanations du CSPLA ou de la commission Zelnik ont au contraire retrouvé un poste directement à l'Elysée, si vous lisez bien.

Il n'est pas question de sabotage sarkozyste, il est question d'un phénomène plus profond, le lobbying. Et la grande porosité des divers "conseillers" au lobbying. Et l'absence de contrôle citoyen sur les rapports entre politiques, élus, gouvernants, d'une part, et industriels et lobbyistes, d'autre part. Un phénomène non spécifiquement sarkozyste (bien que s'accomodant évidemment bien mieux du clientélisme sarkozyste que des vagues scrupules socialistes).
Merci de revenir sur ce point. Pendant toute la campagne, je me suis tué à le dire autour de moi. Pour l'instant le pouvoir du peuple est entre les mains de nantis financiers ou d'aristocrates. Afiner le travail des sociologues (qui travaillent sur les rapports de classes ou sur la délinquance financière) ou des membres de la cours des comptes (qui épient les flux financiers et relationnels) sur le thème des liens entre économie/finance et partis politiques/acteurs,actrices politiques, donnerait un bel aperçu de ce qu'il faut modifier dans les procédures et les us et coutumes des décideurs, pour redonner du souffle au système démocratique.
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Et tout ceci remet en perspective la citation de Hollande: "Et il y a des lobbies tellement divers ! (...) La politique, c'est quand même plus compliqué, plus subtil que certains ne se l'imaginent !"
En effet, c'est subtil. Toute la subtilite d'un pneu de tracteur...
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gofer_, le 07/06/2012 - 18:35
U., le 07/06/2012 - 14:34
Dites, il ne s'agit pas de pions sarkozystes demeurés en place pour saboter les projets des socialistes : ces émanations du CSPLA ou de la commission Zelnik ont au contraire retrouvé un poste directement à l'Elysée, si vous lisez bien.

Il n'est pas question de sabotage sarkozyste, il est question d'un phénomène plus profond, le lobbying. Et la grande porosité des divers "conseillers" au lobbying. Et l'absence de contrôle citoyen sur les rapports entre politiques, élus, gouvernants, d'une part, et industriels et lobbyistes, d'autre part. Un phénomène non spécifiquement sarkozyste (bien que s'accomodant évidemment bien mieux du clientélisme sarkozyste que des vagues scrupules socialistes).
Merci de revenir sur ce point. Pendant toute la campagne, je me suis tué à le dire autour de moi. Pour l'instant le pouvoir du peuple est entre les mains de nantis financiers ou d'aristocrates. Afiner le travail des sociologues (qui travaillent sur les rapports de classes ou sur la délinquance financière) ou des membres de la cours des comptes (qui épient les flux financiers et relationnels) sur le thème des liens entre économie/finance et partis politiques/acteurs,actrices politiques, donnerait un bel aperçu de ce qu'il faut modifier dans les procédures et les us et coutumes des décideurs, pour redonner du souffle au système démocratique.


A mon tour de te remercier. Quand j'explique autour de moi que j'estime qu'on ne vit plus en démocratie, hormis la carapace institutionnelle délabrée composée d'un peu de droit, d'un peu de compta publique, et d'un système de scrutins qui illusionne le peuple, cette démocratie est devenue une ploutocratie.

Les travaux sociologiques, comptables, juridiques (et donc judiciaires...) que tu préconises seraient effectivement très sains. Ils conduiraient à détruire pas mal de potentats, de collusions et de "systèmes", toutes tendances politiques confondues.
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3690 messages publiés
wormlore, le 07/06/2012 - 20:14
Et tout ceci remet en perspective la citation de Hollande: "Et il y a des lobbies tellement divers ! (...) La politique, c'est quand même plus compliqué, plus subtil que certains ne se l'imaginent !"
En effet, c'est subtil. Toute la subtilite d'un pneu de tracteur...


Mais, la politique est probhablement plus subtile qu'on le croit. Certains lobbies peuvent peut-être avoir un intérêt... mais quand on constate à quoi sert cette "politique", quand on constate à quel immobilisme réactionnaire nous mène ces "subtilités", quand on sait à quelle idéologie néolibérale obeissent au final l'immense majorité des lobbyistes, le petit élitisme de Hollande il devrait se le carrer au fion.

Dans les années 80, il y avait encore énormément de monde en URSS pour expliquer que le communisme soviétique était la meilleure des chose, l'unique système valable. La veille de son effondrement, tout l'appareil politico-médiatique le disait encore, là-bas. Et pour autant, ce totalitarisme s'est effondré, et toutes les "subtilités" que pouvaient évoquer ses partisans ont disparu devant le constat aveuglant, limpide, terminal, de l'échec et de l'horreur de ce totalitarisme.

Le néolibéralisme et le capitalisme total ont eux aussi prouvé leur inefficacité et leur nocivité. Soit on les réforme en profondeur pour les transcender dans quelque chose de plus juste, de plus humain, de plus efficace et de plus pérenne, soit ça s'effondre dans le sang (et que les ploutocrates se le tiennent pour dit, il n'y aura pas que le nôtre qui coulera).
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dannyel, le 07/06/2012 - 18:23
bon , maintenant qu ' elle est aux manettes , on va voir si elle a des cou.......s et si elle va envoyer chier tous ces cons .


Elle risque de ne pas le rester. Elle se présente dans une circonscription qui va être très difficile à gagner et si elle n'est pas élue, elle ne pourra pas rester ministre. En effet, le précédent gouvernement a fait un redécoupage des cantons du Nord de la Moselle pour éliminer à la fois le PS et le Modem.

La carrière ministérielle d'Aurélie Filippetti risque de s'achever dans 1 semaine.

En passant, je trouve complètement débile cette règle qu'un ministre qui est battu aux législatives ne peut pas rester ministre.
1) avant les élections, je préfère des ministres qui fassent leur boulot de ministre (en plus ils viennent juste d'être nommés, donc du boulot, il y en a) que des ministres qui passent la moitié de leur temps à faire campagne.
2) il suffit à ceux qui sont sûrs d'être battus (Mme Valaud-Belkacem par exemple) de dire qu'ils ne sont plus candidats. Après avoir commencé une campagne, d'un seul coup ils laissent tout en plan et passent la patate chaude à un copain.
3) Ou alors, ils éjectent un candidat pour se trouver une circonscription sans risque.
4) Il y a tromperie sur la marchandise : votez pour moi, mais de toute façon, je ne siègerai pas à l'Assemblée car je serai ministre. Sauf si je me fais virer du Gouvernement.
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U., le 07/06/2012 - 21:15

gofer_, le 07/06/2012 - 18:35

U., le 07/06/2012 - 14:34
Dites, il ne s'agit pas de pions sarkozystes demeurés en place pour saboter les projets des socialistes : ces émanations du CSPLA ou de la commission Zelnik ont au contraire retrouvé un poste directement à l'Elysée, si vous lisez bien.

Il n'est pas question de sabotage sarkozyste, il est question d'un phénomène plus profond, le lobbying. Et la grande porosité des divers "conseillers" au lobbying. Et l'absence de contrôle citoyen sur les rapports entre politiques, élus, gouvernants, d'une part, et industriels et lobbyistes, d'autre part. Un phénomène non spécifiquement sarkozyste (bien que s'accomodant évidemment bien mieux du clientélisme sarkozyste que des vagues scrupules socialistes).

Merci de revenir sur ce point. Pendant toute la campagne, je me suis tué à le dire autour de moi. Pour l'instant le pouvoir du peuple est entre les mains de nantis financiers ou d'aristocrates. Afiner le travail des sociologues (qui travaillent sur les rapports de classes ou sur la délinquance financière) ou des membres de la cours des comptes (qui épient les flux financiers et relationnels) sur le thème des liens entre économie/finance et partis politiques/acteurs,actrices politiques, donnerait un bel aperçu de ce qu'il faut modifier dans les procédures et les us et coutumes des décideurs, pour redonner du souffle au système démocratique.



A mon tour de te remercier. Quand j'explique autour de moi que j'estime qu'on ne vit plus en démocratie, hormis la carapace institutionnelle délabrée composée d'un peu de droit, d'un peu de compta publique, et d'un système de scrutins qui illusionne le peuple, cette démocratie est devenue une ploutocratie.

Les travaux sociologiques, comptables, juridiques (et donc judiciaires...) que tu préconises seraient effectivement très sains. Ils conduiraient à détruire pas mal de potentats, de collusions et de "systèmes", toutes tendances politiques confondues.


@ gofer_ et U. Harkogansk-Malatesta
Juste un détail qui a son importance.
Quand on traite du sujet des régimes politiques, il faut être très attentif aux concepts et donc aux mots pour bien cerner les choses.
Je me permets Gofer de te reprendre car tu emploies le mot "aristocrates". Il est je crois bien inapproprié car il renvoie à "les meilleurs".. Comme le faisait remarquer Emmanuel Todd, je trouve nos dirigeants d'une médiocrité confondante. Ce ne sont certes pas le reflet d'une aristocratie.
Le terme plus approprié est "oligarques, qui renvoie à oligarchie, c'est à dire le pouvoir de quelques uns.
Avec comme le fait remarquer U. une connotation ploutocrates (le pouvoir de ceux qui ont l'argent), mais pas seulement, car dans cette oligarchie il y a aussi beaucoup de médiocres qui aiment les honneurs, les médailles, etc, qui sont des "timocrates". On peut aussi peut être rajouter les mediacrates...
Bref, tout ceci est important à avoir clairement en tête pour bien comprendre en quoi la démocratie est devenue une fois encore (ce n'est pas la première fois!) une illusion entretenue par quelques poignées d'oligarques se soutenant l'un l'autre par des effets d'intérêts convergents ou simplement de collusions actives, et je crois que c'est le cas plus que jamais depuis 89.
D'où le très grand intérêt à voir émerger et couver des mouvances telles que PP, mais aussi les indignados, les anonymous, les occupy, etc, dont la dimension de réinvention démocratique est centrale.
[message édité par Amicalement le 08/06/2012 à 10:03 ]
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Amicalement, le 08/06/2012 - 10:00


@ gofer_ et U. Harkogansk-Malatesta
Juste un détail qui a son importance.
Quand on traite du sujet des régimes politiques, il faut être très attentif aux concepts et donc aux mots pour bien cerner les choses.
Je me permets Gofer de te reprendre car tu emploies le mot "aristocrates". Il est je crois bien inapproprié car il renvoie à "les meilleurs".. Comme le faisait remarquer Emmanuel Todd, je trouve nos dirigeants d'une médiocrité confondante. Ce ne sont certes pas le reflet d'une aristocratie.
Le terme plus approprié est "oligarques, qui renvoie à oligarchie, c'est à dire le pouvoir de quelques uns.
Avec comme le fait remarquer U. une connotation ploutocrates (le pouvoir de ceux qui ont l'argent), mais pas seulement, car dans cette oligarchie il y a aussi beaucoup de médiocres qui aiment les honneurs, les médailles, etc, qui sont des "timocrates". On peut aussi peut être rajouter les mediacrates...
Bref, tout ceci est important à avoir clairement en tête pour bien comprendre en quoi la démocratie est devenue une fois encore (ce n'est pas la première fois!) une illusion entretenue par quelques poignées d'oligarques se soutenant l'un l'autre par des effets d'intérêts convergents ou simplement de collusions actives, et je crois que c'est le cas plus que jamais depuis 89.
D'où le très grand intérêt à voir émerger et couver des mouvances telles que PP, mais aussi les indignados, les anonymous, les occupy, etc, dont la dimension de réinvention démocratique est centrale.

À ce propos, je conseille de lire "L'oligarchie des incapables". Le titre en dit long, et le contenu est assez édifiant.
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zig, le 08/06/2012 - 08:07

dannyel, le 07/06/2012 - 18:23
bon , maintenant qu ' elle est aux manettes , on va voir si elle a des cou.......s et si elle va envoyer chier tous ces cons .



Elle risque de ne pas le rester. Elle se présente dans une circonscription qui va être très difficile à gagner et si elle n'est pas élue, elle ne pourra pas rester ministre. En effet, le précédent gouvernement a fait un redécoupage des cantons du Nord de la Moselle pour éliminer à la fois le PS et le Modem.

La carrière ministérielle d'Aurélie Filippetti risque de s'achever dans 1 semaine.

En passant, je trouve complètement débile cette règle qu'un ministre qui est battu aux législatives ne peut pas rester ministre.
1) avant les élections, je préfère des ministres qui fassent leur boulot de ministre (en plus ils viennent juste d'être nommés, donc du boulot, il y en a) que des ministres qui passent la moitié de leur temps à faire campagne.
2) il suffit à ceux qui sont sûrs d'être battus (Mme Valaud-Belkacem par exemple) de dire qu'ils ne sont plus candidats. Après avoir commencé une campagne, d'un seul coup ils laissent tout en plan et passent la patate chaude à un copain.
3) Ou alors, ils éjectent un candidat pour se trouver une circonscription sans risque.
4) Il y a tromperie sur la marchandise : votez pour moi, mais de toute façon, je ne siègerai pas à l'Assemblée car je serai ministre. Sauf si je me fais virer du Gouvernement.

oui , cette règle est débile , tout à fait d ' accord , comme les parachutages
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987 messages publiés
zig, le 08/06/2012 - 08:07

dannyel, le 07/06/2012 - 18:23
bon , maintenant qu ' elle est aux manettes , on va voir si elle a des cou.......s et si elle va envoyer chier tous ces cons .



Elle risque de ne pas le rester. Elle se présente dans une circonscription qui va être très difficile à gagner et si elle n'est pas élue, elle ne pourra pas rester ministre. En effet, le précédent gouvernement a fait un redécoupage des cantons du Nord de la Moselle pour éliminer à la fois le PS et le Modem.

La carrière ministérielle d'Aurélie Filippetti risque de s'achever dans 1 semaine.

En passant, je trouve complètement débile cette règle qu'un ministre qui est battu aux législatives ne peut pas rester ministre.
1) avant les élections, je préfère des ministres qui fassent leur boulot de ministre (en plus ils viennent juste d'être nommés, donc du boulot, il y en a) que des ministres qui passent la moitié de leur temps à faire campagne.
2) il suffit à ceux qui sont sûrs d'être battus (Mme Valaud-Belkacem par exemple) de dire qu'ils ne sont plus candidats. Après avoir commencé une campagne, d'un seul coup ils laissent tout en plan et passent la patate chaude à un copain.
3) Ou alors, ils éjectent un candidat pour se trouver une circonscription sans risque.
4) Il y a tromperie sur la marchandise : votez pour moi, mais de toute façon, je ne siègerai pas à l'Assemblée car je serai ministre. Sauf si je me fais virer du Gouvernement.


Il me semble que c'est une pratique, pas une regle.
Ils donc peuvent en deroger, meme si c'est un peu dangereux politiquement parlant vu qu'ils l'ont promis.
Ceci etant dit je suis d'accord avec toi: virer un ministre "parce que" il n'a pas "survecu" a un suffrage direct sans rapport est profondement aberrant. En particulier sur le point 4. Pretendre donner une "legitimite" a un ministre par les elections legislatives est une idiotie a mon sens. Mais bon, ce n'est pas la seule betise de nos systemes "democratiques".

(PS: s'ils tiennent a "legitimer" leurs ministres, qu'ils organisent des elections ministerielles. Ou un referendum. On n'est plus a ca pres. La, ca me fait penser a quelqu'un qui te demande si tu veux du boeuf ou du lait a ton petit dej' et qui decide de supprimer le boeuf du diner parce que tu ne l'as pas choisi au petit dej'. Je precise que la comparaison est avant tout humoristique.)
[message édité par wormlore le 08/06/2012 à 20:57 ]
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1972 messages publiés
milord, le 08/06/2012 - 10:14

Amicalement, le 08/06/2012 - 10:00


@ gofer_ et U. Harkogansk-Malatesta
Juste un détail qui a son importance.
Quand on traite du sujet des régimes politiques, il faut être très attentif aux concepts et donc aux mots pour bien cerner les choses.
Je me permets Gofer de te reprendre car tu emploies le mot "aristocrates". Il est je crois bien inapproprié car il renvoie à "les meilleurs".. Comme le faisait remarquer Emmanuel Todd, je trouve nos dirigeants d'une médiocrité confondante. Ce ne sont certes pas le reflet d'une aristocratie.
Le terme plus approprié est "oligarques, qui renvoie à oligarchie, c'est à dire le pouvoir de quelques uns.
Avec comme le fait remarquer U. une connotation ploutocrates (le pouvoir de ceux qui ont l'argent), mais pas seulement, car dans cette oligarchie il y a aussi beaucoup de médiocres qui aiment les honneurs, les médailles, etc, qui sont des "timocrates". On peut aussi peut être rajouter les mediacrates...
Bref, tout ceci est important à avoir clairement en tête pour bien comprendre en quoi la démocratie est devenue une fois encore (ce n'est pas la première fois!) une illusion entretenue par quelques poignées d'oligarques se soutenant l'un l'autre par des effets d'intérêts convergents ou simplement de collusions actives, et je crois que c'est le cas plus que jamais depuis 89.
D'où le très grand intérêt à voir émerger et couver des mouvances telles que PP, mais aussi les indignados, les anonymous, les occupy, etc, dont la dimension de réinvention démocratique est centrale.


À ce propos, je conseille de lire "L'oligarchie des incapables". Le titre en dit long, et le contenu est assez édifiant.

Vu, merci. Ca doit énerver un peu...
:-)
J'avoue que dans mon esprit, j'ai dépassé la phase diagnostic.
La question pour moi à présent est plutôt :
1. Comment on en sort et comment donc on favorise les
mouvances sociales qui vont dans le sens d'une sortie "intelligente et non extrêmiste ou simpliste".
2. Qu'est ce qu'on invente à la place dans tel et tel domaine de la société.
Car je suppose qu'on est d'accord, le problème est systémique, ce n'est pas une crise ou un dysfonctionnement temporaire.
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