La création de nouveaux suffixes pour les adresses web est de nouveau sur les rails. Après l'incident technique survenu en avril, l'ICANN annonce que l'appel à candidatures a repris. Celui-ci va permettre de créer des extensions d'adresses web pour des marques, des lieux ou encore des produits.

En début d’année, l’ICANN a entamé un processus destiné à faire émerger de nouveaux suffixes pour les noms de domaine au motif que les domaines de premier niveau actuels ne suffisent plus pour répondre à tous les besoins. Dès lors, l’autorité de régulation a donné son feu vert pour que les entreprises et les organisations puissent se porter candidat à la gestion d’un nouveau suffixe.

Or, un problème technique survenu mi-avril a considérablement retardé la mise en place de l’appel à candidatures. Alors que la maintenance devait durer sept jours, c’est finalement un délai de six semaines qui a été nécessaire pour remettre le système d’aplomb. Dans un message publié lundi, l’ICANN a annoncé la reprise du processus. La date limite est désormais fixée au 30 mai.

Les nouveaux suffixes qui seront créés viendront s’ajouter aux domaines génériques (.com, .net, .org, .info, .xxx…) et nationaux (.fr…). Ces nouvelles extensions prendront des formes très variées, allant des marques (.apple, .google, .renault…) aux lieux (.paris, .londres…) sans oublier les noms communs désignant un produit (.music, .guitare, .voiture…).

Le tout-venant pourra-t-il lui aussi participer à l’appel d’offres de l’ICANN ? Oui, s’il en a les moyens. En effet, l’ICANN réclame 185 000 dollars à chaque candidat. Ceux qui seront retenus devront ensuite verser chaque année 25 000 dollars pour avoir le droit de gérer leur domaine de premier niveau. Et en cas de litige entre deux marques et qui ont toutes deux un intérêt légitime, l’octroi du domaine se fera aux enchères.

Le choix de l’ICANN de créer de nouveaux suffixes est toutefois très critiqué. D’aucuns estiment qu’il s’agit avant tout d’une décision mercantile puisque le processus va très clairement diviser entre ceux capables de payer les sommes réclamées et ceux ne le pouvant pas. L’ICANN a engrangé plus de 352 millions de dollars de frais de dossier avec la réception de 2000 candidatures, selon son président.

Reste que même les entreprises capables de s’acheter plusieurs suffixes, comme Coca-Cola, Ford, Adobe, Nestlé, Hewlett-Packard, Dell ou encore Samsung, s’inquiètent d’un risque potentiel pour les titulaires de marques. Pas moins de 87 entreprises et organisations ont écrit en novembre dernier au département du commerce américain pour lui signaler leurs craintes.

Lorsque l’appel à candidatures prendra fin le 30 mai, une nouvelle phase s’ouvrira le 24 juin. L’ICANN devrait lancer lors de sa prochaine réunion une période d’enquête publique au cours de laquelle les demandes – qui auront été divulguées – pourront être contestées par tous. L’approbation d’un nouveau suffixe nécessitera un délai de neuf mois, selon l’ICANN.

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