Avec leurs systèmes de reconnaissance vocale très efficaces, Apple ou Google imposent progressivement leurs téléphones mobiles comme le centre multimédia de préférence dans l'habitacle de la voiture. Les constructeurs tentent de réagir, à l'instar de Ford qui annonce le déploiement d'une technologie de reconnaissance et de synthèse vocale sur ses véhicules commercialisés en Europe.

Cela fait déjà de nombreuses années que les constructeurs automobile ont intégré des modules de reconnaissance vocale dans leurs véhicules. Mais les systèmes fonctionnent généralement très mal, et servent surtout à faire joli dans la brochure de vente. Lorsqu’ils l’ont essayé une fois, les conducteurs oublient généralement de s’en servir ensuite, tant le gadget paraît inutile à l’usage.

Mais la technologie progresse, comme l’a déjà démontré Google avec son outils de navigation GPS très performant dans sa reconnaissance vocale. Elle devient un enjeu pour les constructeurs, dont les services numériques embarqués pourraient être générateurs de nouvelles sources de revenus. Il n’est donc pas question pour eux de laisser Google s’imposer comme la référence du marché.

C’est dans ce contexte que Ford a fait savoir vendredi qu’il allait lancer en France son système SYNC, développé avec le spécialiste des technologies vocales Nuance (éditeur de Dragon Naturally Speaking), qui permet aux conducteurs de contrôler des fonctionnalités de la voiture. Le système sera embarqué dans les futurs B-MAX, et prendra en charge plusieurs langues, dont le français. D’ici la fin de l’année, il sera aussi intégré sur les Ford Focus, C-MAX, Transit et Fiesta.

« Les utilisateurs pourront prononcer des instructions concises comme « appeler (nom du contact) » ou « jouer (nom de l’artiste) » pour piloter leur téléphone ou leur lecteur audio tout en gardant les yeux sur la route et les mains sur le volant« , annonce Ford, qui semble toutefois vouloir rattraper ce qui ressemble à un retard. « Ford et Nuance poursuivent leurs travaux pour mettre au point des systèmes embarqués capables de reconnaître une expression et un débit de parole naturels. Il serait alors possible de commander les différents équipements en s’adressant à sa voiture comme à une personne« , explique le constructeur américain.

« Ces progrès nécessitent de mettre au point une reconnaissance vocale capable de comprendre les intentions de l’utilisateur à partir de mots ou de phrases, y compris lorsqu’il ne donne pas la commande exacte« .

Comme Google, Ford et Nuance veulent se reposer sur une analyse des instructions par « le cloud », c’est-à-dire par des serveurs distants qui renverront la réponse appropriée. Une telle solution permet de déporter la puissance de calcul, mais rend l’utilisateur dépendant d’une connexion à internet et d’un abonnement (gratuit ou non) au service de cloud.

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