Ford privilégie la sécurité et la confiance à la précipitation. Comprendre : être pionnier dans la conduite autonome lui importe peu.

Rien ne sert de courir, il faut partir à point : c’est la formule qui siérait le mieux à Ford après lecture de son rapport sur la sécurité à propos de la conduite autonome. Dans son document d’une quarantaine de pages intitulé « Une question de confiance », le géant américain précise son approche et explique, en résumé, qu’il ne cherchera pas à être le premier à se lancer sur un marché qui n’existe pas encore, mais attire des envieux.

Pour Ford, il y a dès lors cette volonté de placer la sécurité et la confiance avant la précipitation. Une stratégie qui devrait s’avérer payante au regard des nombreux freins à lever quand on évoque des voitures capables de rouler sans aucune intervention humaine. Surtout après l’accident mortel ayant mis un coup d’arrêt aux velléités des acteurs impliqués — à l’exception de Waymo, filiale de Google qui continue de mettre le paquet en multipliant les initiatives.

Ford Domino’s Pizza // Source : Ford

La confiance avant la technologie

Au hasard, on peut lire : « Nous n’estimons pas que le challenge central du développement de la conduite autonome soit la technologie. C’est la confiance. La confiance placée dans la sécurité, la fiabilité et l’expérience que la technologie va offrir. » En quelque sorte, Ford ne veut pas faire de la technologie une promesse, mais un moyen d’offrir une toute nouvelle mobilité, inscrite dans une panoplie d’options pour se rendre d’un point A à un point B. 

Bien évidemment, Ford ne tient pas à sous-estimer les bénéfices qu’est susceptible d’apporter la technologie animant les véhicules autonomes. Qu’ils soient pratiques et/ou financiers (ne plus payer le parking, éviter la frustration du trafic) ou orientés business (livraisons efficaces). D’ailleurs, le géant de l’automobile s’est déjà rapproché de la chaîne de pizzerias Domino’s à Miami.

Ce focus sur la sécurité ne fera jamais affirmer à Ford que le risque zéro n’existe pas. Pour les ingénieurs, le but reste de minimiser les failles et de concevoir un ensemble de systèmes capables de protéger quand quelque chose se passe mal — «  Cela signifie développer des procédures qui peuvent continuer de fonctionner même en cas de faute qui aurait auparavant nécessité l’intervention humaine. » De là naîtront la confiance et la fiabilité. 

Malgré sa prudence, Ford entend toujours mettre en circulation un véhicule autonome capable d’opérer sans volant ni pédale en 2021. Ce qui ne veut pas dire que tout un chacun pourra s’en payer un voire s’en servir via des services. «  Nous ne sommes pas dans une course pour être le premier à offrir des véhicules autonomes à tout le monde. Nous voulons avant tout faire les choses bien. » 

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