Des chercheurs britanniques ont confirmé une expérience déjà menée en 2010, qui tend à montrer que les personnes atteintes d'un trouble de stress post-traumatique subissent moins les symptômes en jouant à Tetris.

L’armée va-t-elle un jour fournir d’anciennes Gameboy à tous ses soldats partis sur le front ? Les combattants sont particulièrement sujets aux troubles de stress post-traumatiques (TSPT) qui se manifestent après un choc psychologique important. L’un des principaux symptômes est la persistance des flash-backs qui replongent le malade dans l’état d’angoisse ressenti au moment du choc, en lui faisant revivre l’évènement. Or des chercheurs britannniques ont mené une expérience qui semble confirmer que le fait de jouer à certains types de jeux-vidéo comme Tetris pourrait aider les patients atteints de TSPT, comme ils l’avaient déjà remarqué dans une étude publiée en 2010.

L’expérience qu’ils ont présenté à la British Psychology Society Annual Conference est proche de celles qu’ils avaient réalisé deux ans auparavant, mais elle se base sur une durée plus longue entre le « choc traumatique » et le traitement opéré.

Comme auparavant, les volontaires ont été invités à regarder pendant 6 heures un film aux images très perturbantes, pour simuler le TSPT aussi loin que le permet l’expérience scientifique sans tomber dans des méthodes que l’éthique réprouve. Chacun des sujets s’est alors vu attribué une tâche au hasard parmi trois possibles : répondre aux questions d’un quizz, jouer à Tetris, ou ne rien faire de particulier.

Mais alors que la tâche avait était réalisée quatre heures après le film il y a deux ans, cette fois les volontaires sont rentrés chez eux et ont exécuté les tâches assignées au cours de la semaine suivante. Or les conclusions sont exactement les mêmes.

Les personnes qui ont joué à Tetris ont vécu beaucoup moins de « flash-backs » du film traumatisant qu’ils avaient regardé (au contraire, et pour une raison encore inexpliquée, ceux qui ont répondu aux quizz ont eu plus de flashbacks que les autres). Les chercheurs de l’Université d’Oxford pensent que les exigences visuo-spatiales d’un jeu comme Tetris interfèrent avec la construction de l’imagerie mentale impliquée dans les flash-backs.

Désormais, les chercheurs vont s’appliquer à vérifier si Tetris a le même effet sur les personnes qui ont déjà enregistré les images dans leur mémoire de long terme. Ils préviennent également qu’il faudra faire des tests cliniques avant de tirer les moindres conclusions.

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés