Pour la ministre Nadine Morano, le fait de s'exprimer sur Internet sans dévoiler son identité est "superficiel et pas courageux".

Pour célébrer la naissance du petit Jésus, Nadine Morano s’est fait offrir sur Twitter une petit salve de critiques bien méritées. « J’aime bien quand les twittos mettent leur photo c’est sympa ! On voit à qui on s’adresse. L’anonymat c’est superficiel et pas courageux« , a critiqué dimanche la ministre de de l’Apprentissage et de la Formation professionnelle.

Evidemment, les réponses ont volé comme autant de giffles en retour. Certains n’ont pas hésité à rappeler que François Fillon lui-même utilisait Twitter anonymement, jusqu’à ce que son identité présumée (mais jamais confirmée) soit révélée, et que l’anonymat est avant tout un gage de liberté. Les premiers à lutter contre l’anonymat sont les dictatures qui veulent rendre les individus comptables de tout ce qu’ils déclarent, pas les démocraties qui devraient chercher à retirer tous les obstacles à la liberté d’expression.

« On est beaucoup moins anonyme sur internet que caché sous un imper dans la foule d’un meeting…« , nous confie par ailleurs avec malice le responsable d’un réseau social français, en allusion au meeting de Ségolène Royal dans lequel Mme Morano s’était glissée :

« C’est comme usurper l’identité de quelqu’un sur les réseau sociaux. C’est inacceptable et tant pis si je vous choque !« , a ensuite ajouté Nadine Morano. Et elle sait de quoi elle parle.

Selon nos informations, la ministre avait été l’une des toutes premières (sinon la première) à faire usage de la nouvelle loi Loppsi avant l’été dernier, en demandant à un hébergeur français de supprimer un blog satirique la concernant, au motif qu’il s’agissait d’une « usurpation d’identité » au sens de l’article 4 de la loi. Comme nous l’avions maintes fois répété, et comme l’a confirmé le gouvernement lui-même par la suite, le délit d’usurpation d’identité défini par la Loppsi est beaucoup plus large que le simple fait de se faire passer pour un tiers. Il peut museler la liberté d’expression dès lors qu’il condamne pénalement tout « usage d’une ou plusieurs données de toute nature permettant d’identifier (un tiers) en vue de troubler sa tranquillité« 

Les relations de Nadine Morano avec Internet et les médias sociaux semblent en tout cas délicates. Un utilisateur de Twitter, JC Clique (@__Al__Bundy__), affirme sur un blog dédié être victime d’un acharnement de la part de la ministre, qui elle-même se dit victime d’un harcèlement de la part du blogueur. Ancien soutien de la ministre, l’homme dit s’être retourné après le discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy. Son long récit sur ses rapports avec Nadine Morano est à la fois complexe et machiavélique, parfois même glauque, sans bien sûr que l’on puisse savoir le vrai du faux.

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