Lors de la quatrième édition des Assises du Numérique, François Fillon a invité les opérateurs à tenir leurs engagements en matière de très haut débit, afin de respecter le cap fixé par le gouvernement l'an dernier. Nicolas Sarkozy souhaite en effet que toute la population soit reliée en très haut débit d'ici 2025. Si les FAI ne sont pas à la hauteur, le premier ministre affirme que l'État reprendra la main.

Le cap avait été fixé l’an dernier. Lors d’un déplacement dans le Loir-et-Cher en février 2010, Nicolas Sarkozy avait pris l’engagement de relier tous les Français au très haut débit en l’espace de quinze ans. Un premier seuil devra être atteint en 2020, avec 70 % des foyers connectés. Si les objectifs sont tenus, c’est toute la population qui sera reliée en très haut débit cinq ans plus tard.

Mais pour parvenir à la couverture complète du territoire en l’espace de quinze ans, encore faut-il que chacun joue le jeu, qu’il s’agisse des opérateurs ou des collectivités. Or le gouvernement n’est pas dupe. S’il ne se fait aucune inquiétude pour les zones densément peuplées, les régions plus reculées risquent en revanche de ne pas accéder au très haut débit avant longtemps.

Pour tenir ses objectifs, le gouvernement a donc rappelé les opérateurs à respecter scrupuleusement leurs engagements. Lors des Assises du Numérique, le premier ministre a notamment prévenu que l’État pourrait reprendre la main localement sur ce dossier si les acteurs privés n’étaient pas à la hauteur. « Il y a une erreur qu’il ne faudrait pas commettre : c’est faire preuve d’un excès de confiance vis-à-vis des opérateurs« .

Ces derniers mois, les quatre principaux opérateurs français (Orange, SFR, Bouygues Télécom et Free) ont affiché leurs ambitions en matière de très haut débit. Ils se sont notamment engagés à déployer la fibre optique au sein de 3400 communes d’ici cinq ans. Avec les 148 communes constituant les zones très denses, cela permet de couvrir un peu moins de 60 % des foyers.

Plusieurs accords ont par ailleurs été conclus entre les fournisseurs d’accès à Internet dans les zones faiblement peuplées. Cet été, Free et France Télécom ont ainsi signé un partenariat destiné à contrôler le niveau des investissements à réaliser dans ces régions. Dernièrement, c’est SFR qui s’est accordé avec l’opérateur historique pour gérer plus efficacement les zones rurales.

« Ces intentions doivent désormais se traduire par des engagements forts vis à vis des collectivités territoriales et je dois dire que nous serons extrêmement vigilants à ce que ces engagements soient tenus« , a déclaré le premier ministre, cité par l’AFP. Dans le cas contraire, l’État n’hésitera pas à reprendre la main.

Selon les dernières estimations effectuées par l’Arcep, la couverture complète du territoire en très haut débit coûtera pas moins de 21 milliards d’euros. Cette somme, qui sera étalée sur quinze ans, représente à titre de comparaison près de 60 % du grand emprunt. Si les collectivités territoriales et l’État participeront financièrement, François Fillon a rappelé que l’essentiel de la contribution viendra des FAI.

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