Google a décidé de supprimer plusieurs journaux belges de son index, suite à une décision de justice rendue en mai dernier. La mesure ne concerne pas seulement Google Actualités, mais également le moteur de recherche principal. Une mesure qui risque d'affecter durablement l'audience de ces sites.

Le conflit qui oppose depuis plusieurs années Google aux principaux journaux belges vient de franchir un nouveau cap. Afin de respecter une décision de justice rendue en mai dernier par la cour d’appel de Bruxelles, la firme américaine a décidé de retirer la presse belge de son index. La mesure ne concerne pas uniquement Google Actualités, mais l’ensemble de son moteur de recherche.

Depuis vendredi, les sites web des quotidiens suivants ne sont plus accessibles en tapant leur nom dans le moteur de recherche de Google : La Dernière Heure, Le Soir, La Libre Belgique, Sudpresse et L’Avenir. Ce déréférencement ne touche pas uniquement la presse francophone. Des sites allemands, représentés par Copiepresse, une société de gestion de droits des éditeurs de presse, ont également disparu de l’index de Google.

« Compte-tenu de la récente décision d’appel, nous retirons les contenus de Copiepresse de notre index. Nous regrettons d’avoir à prendre une telle mesure et nous restons ouverts à travailler en collaboration avec les membres de Copiepresse à l’avenir » a fait savoir Google dans un communiqué, obtenu par RTL.be. Autrement dit, la presse belge pourra réapparaître dans l’index si les discussions futures conviennent au géant de Mountain View.

L’arrêt rendu par la cour d’appel en mai dernier a confirmé dans les grandes lignes le jugement rendu début 2007 par le tribunal de grande instance de Bruxelles. La justice avait à l’époque ordonné à Google de nettoyer son service de tous les articles, photographies et représentations graphiques des membres de Copiepresse, sous peine de devoir payer une astreinte quotidienne de 25 000 euros.

Il est certain que Copiepresse ne s’attendait certainement pas à une mesure aussi large, qui touche aussi les liens présents dans son moteur de recherche. Le déréférencement devrait avoir un impact non négligeable sur l’audience de ces sites, plaçant ainsi Google en position de force pour les prochaines négociations. Si Copiepresse a gagné la première manche en justice, Google risque fort de remporter la seconde.

« Je trouve que c’est une application pointilleuse et mesquine de l’arrêt du 5 mai » a commenté Philippe Laloux, responsable du site Le Soir, cité par RTL.be. Remettant en cause la neutralité du moteur de recherche, il estime que la firme de Mountain View use de « pratiques douteuses » et qu’il faut « montrer patte blanche et livrer tous contenus » pour être en haut de la page de recherche. Ou de payer.

Même son de cloche chez Copie presse, qui juge la méthode « rude » et « réalisée sous couvert d’interprétation de l’arrêt de la cour d’appel. Ce sont clairement des méthodes de rétorsion » a expliqué la secrétaire générale de la société de gestion, Margaret Boribon. « Nous allons réagir afin que le référencement puisse reprendre le plus rapidement possible. Et d’affirmer que la presse ne se couchera pas devant Google.

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