L'Islande mobilise Facebook et Twitter pour réécrire sa Constitution

Julien L. - publié le Mercredi 15 Juin 2011 à 15h35 - posté dans Société 2.0

L'Islande est en train de réviser sa Constitution. Une Assemblée constituante a été mise en place, mais au lieu de travailler en autonomie, elle s'appuie massivement sur les réseaux sociaux afin de prendre en compte les remarques des Islandais. La nouvelle Constitution, bâtie sur un processus collaboratif, devrait être finalisée en juillet.

C'est indéniablement un processus politique inédit. L'Islande, qui a été durement frappée lors de la crise économique de 2008, a décidé de repartir sur des bases saines en mettant à jour sa Constitution, en vigueur depuis 1944. Et plutôt que de livrer un "produit fini" aux Islandais, les autorités ont choisi de faire participer la population à travers une procédure de révision ouverte, via les réseaux sociaux

Les Islandais peuvent accéder à une page générale dans laquelle ils ont accès à de nombreuses ressources. Ils peuvent visualiser la Constitution actuelle ou consulter le dernier brouillon. Le quotidien britannique Guardian explique que l'Assemblée constituante publie chaque semaine ses derniers travaux, permettant ensuite à la population, depuis avril, de réagir sur les sites communautaires (Facebook, Twitter, YouTube, Flickr).

Facebook et Twitter servent avant tout d'espace de dialogue. Les membres de l'Assemblée constituante peuvent recueillir les retours des citoyens islandais et interagir avec eux, sans filtre médiatique. YouTube et Flickr sont quant à eux des vecteurs de contenus médiatiques. L'Assemblée constituante alimente les deux comptes avec des vidéos et des photos, en toute transparence. Les réunions sont mêmes diffusées en streaming.

"Je crois que c'est la première fois qu'une Constitution est en cours de rédaction essentiellement sur Internet" a commenté Thorvaldur Gylfason, membre du Conseil constitutionnel islandais. "Le public voit la Constitution prendre forme sous leurs yeux... C'est très différent de l'ancienne époque où les constituants trouvaient qu'il était parfois préférable de se trouver hors de portée des remarques".

Le processus a démarré depuis le mois d'avril et devrait se terminer le mois prochain. Cette nouvelle Constitution sera ensuite soumise à référendum afin de savoir si la majorité des Islandais accepte cette version. Le parlement islandais, l'Althing, n'aura pas le droit d'apporter la moindre modification au document. Si les parlementaires veulent donner leur avis, c'est en qualité de citoyen, via les réseaux sociaux, comme les autres Islandais.

Publié par Julien L., le 15 Juin 2011 à 15h35
 
 
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Commentaires à propos de «L'Islande mobilise Facebook et Twitter pour réécrire sa Constitution»
 

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L'idée d'écouter ce que le peuple a à dire est louable, mais je ne suis pas convaincu par le choix de Facebook et Twitter où seule une partie de la population est réellement représentée.
D'accord avec politicomédie.

Je rajouterai que ce qui est faisable à l'échelle de l'Islande le serait beaucoup moins pour un pays comme le notre, ne serait-ce qu'en terme de différence de population.
Bon, premier truc à changer dans la Constitution Islandaise : Le peuple doit pouvoir participer à la vie politique du pays sans faire appel à des services privés fermés et centralisés basés à l'étranger.
C'est pas chez nous que ça arriverai...
politicomédie, le 15/06/2011 - 15:41
L'idée d'écouter ce que le peuple a à dire est louable, mais je ne suis pas convaincu par le choix de Facebook et Twitter où seule une partie de la population est réellement représentée.
Je ne suis pas tout a fait d'accord. Particulièrement vis à vis de twitter. Ce sont des outils ouvert. Rien n'interdit à personne de s'inscrire pour participer. Et réécrire une constitution est quand même une raison suffisante (ce me semble) pour prendre la peine de remplir un formulaire.
Pour ce qui est de facebook, je reste plus circonspect. Certes, cet outils permet des échanges plus profond que twitter, mais la politique de confidentialité et l'appartenance du produit du travail (ici une constitution quand même) semblent poser problème.
L'exemple parfait de démocratie. Et le pire c'est que l'island ne s'autoproclame pas pays des droits de l'homme. Que la France suive l'exemple.
RilaX, le 15/06/2011 - 15:57
politicomédie, le 15/06/2011 - 15:41
L'idée d'écouter ce que le peuple a à dire est louable, mais je ne suis pas convaincu par le choix de Facebook et Twitter où seule une partie de la population est réellement représentée.
Je ne suis pas tout a fait d'accord. Particulièrement vis à vis de twitter. Ce sont des outils ouvert.

Ah bon ? Elles sont où les specs de communication inter-serveur qui me permettent d'installer une instance de Twitter sur ma machine chez moi parce que je fais pas confiance à la grosse boîte américaine pour traiter mes données ?
RilaX, le 15/06/2011 - 15:57
politicomédie, le 15/06/2011 - 15:41
L'idée d'écouter ce que le peuple a à dire est louable, mais je ne suis pas convaincu par le choix de Facebook et Twitter où seule une partie de la population est réellement représentée.
Je ne suis pas tout a fait d'accord. Particulièrement vis à vis de twitter. Ce sont des outils ouvert. Rien n'interdit à personne de s'inscrire pour participer. Et réécrire une constitution est quand même une raison suffisante (ce me semble) pour prendre la peine de remplir un formulaire.
Pour ce qui est de facebook, je reste plus circonspect. Certes, cet outils permet des échanges plus profond que twitter, mais la politique de confidentialité et l'appartenance du produit du travail (ici une constitution quand même) semblent poser problème.

Un pays n'a pas à "exiger" même indirectement qu'il faille s'inscrire sur des réseaux sociaux pour participer à l'élaboration de la Constitution. Supposons que la même chose arrive en France, cela signifie que je ne pourrais par participer sous prétexte que je suis idéologiquement opposé à Facebook ou Tweeter ? Dans la mesure où la modification de la Constitution concerne tous les individus, le débat n'a pas à se faire sur ces sites.
Ils devraient installer trac :D
Ils seront toujours mieux représentés que par une poignée d'élus. Surtout que niveau expression d'opinions on sait bien qu'au delà d'un certain nombre de personnes qualifiés pour répondre les résultats ne varient pas du tout ou pas assez pour être significatif (asymptote). Et puis de plus, pour la plupart, rien ne les empêchent d'aller s'y inscrire l'Islande est quand même le pays le plus connecté au monde. Non les seuls problèmes que je vois avec cela c'est: les gens qui veulent donner leur opinion sur un sujet alors qu'il n'y connaissent rien, la possibilité de monter des groupes de pressions encore plus efficace et camouflé que nos lobbies actuels.
C'est clair, il peut se faire comme ici, en secret et sans écouter notre avis.

Mais bon j'imagine que tu connais plein de solutions aussi facile a utiliser et aussi répandues que Facebook pour dialoguer avec une majorité de gens en temps réel.
Si facebook est une application fermée et non open-source .Donc pas mal de désavantage pour mettre en place une démocratie .

http://philippe.scof...ook-une-erreur/
je trouve que c'est une bonne initiative, mais je trouve qu'ils auraient dut créer leur propre réseau social national, pour etre sur de tout ce qui est publié (meme si on ne peut pas etre sur a 100%, je pense qu'il y aurait moins de risques que sur FB ou Twitter), et ca ne ferait pas de pub pour les resaux sociaux.
Mais ca pose tout de meme une question : doit on avoir un acces internet pour pouvoir participer a la vie politique, et ceux qui ne peuvent pas s'en payer ou qui n'y ont pas acces sont ils par la meme logique exclus ? Dans ce cas, ils devraient ajouter à leur constitution que l'acces a internet est un droit fondammental, voir meme un devoir (car on peut refuser ses droits) ?

En conclusion, je pense que pour un petit pays sans beaucoup d'habitants (ca m etonnerais qu'ils soient tres nombreux en islande), ca pourrais etre une bonne idée, a condition de securiser un minimum et de ne pas faire de pubs, mais surtout a condition de permet a tous (meme si ils habitent dans un trou paumé) d'avoir acces a internet pour pouvoir y participer.
Je conclurais cette conclusion en disant que c'est impossible, de mon point de vue, de l'appliquer à la France (malheureusement) à cause de la taille et du nombre d'habitant, mais aussi, vu la culture en nouvelles technologies de notre gouvernement et son point de vue sur internet :rire:
Hihihi, comment ils vont se faire mettre à l'envers, vous assistez aux toutes premières formes de ' communications ' telles que nous allons bientôt les vivre.

"Regardez comment nous sommes consultatifs, nous vous permettons de vous exprimer..."

Par contre, pour ce qui est du contenu de cette constitution, je ne leur souhaite pas d'avoir comme rédacteurs et/ou ' conseillers ' des chicago-boys, sans quoi il va y avoir un exode massif de l'Islande à brève échéance, tout comme pour l'Espagne et la Grèce...
politicomïdie, le 15/06/2011 - 16:06
RilaX, le 15/06/2011 - 15:57
politicomédie, le 15/06/2011 - 15:41
L'idée d'écouter ce que le peuple a à dire est louable, mais je ne suis pas convaincu par le choix de Facebook et Twitter où seule une partie de la population est réellement représentée.
Je ne suis pas tout a fait d'accord. Particulièrement vis à vis de twitter. Ce sont des outils ouvert. Rien n'interdit à personne de s'inscrire pour participer. Et réécrire une constitution est quand même une raison suffisante (ce me semble) pour prendre la peine de remplir un formulaire.
Pour ce qui est de facebook, je reste plus circonspect. Certes, cet outils permet des échanges plus profond que twitter, mais la politique de confidentialité et l'appartenance du produit du travail (ici une constitution quand même) semblent poser problème.

Un pays n'a pas à "exiger" même indirectement qu'il faille s'inscrire sur des réseaux sociaux pour participer à l'élaboration de la Constitution. Supposons que la même chose arrive en France, cela signifie que je ne pourrais par participer sous prétexte que je suis idéologiquement opposé à Facebook ou Tweeter ? Dans la mesure où la modification de la Constitution concerne tous les individus, le débat n'a pas à se faire sur ces sites.

C'est un point de vue qui se défend, mais ça a l'avantage de ne pas nécessiter d'investissement pour mettre le truc en place.
En France, quand le gouvernement lance un site "vitrine" sans aucune fonctionnalités avancées, ça coute 5 millions d'euros.
En Islande, quand le gouvernement réécrit sa constitution main dans la main avec ses citoyens, ça ne coute rien (ou en tout cas, pas plus que de payer les gens derrière le système)
Et l'Islande n'a pas signé le fameux rapport de l'ONU sur liberté et Internet.

Comme quoi...
J'ajouterai : "pourquoi vouloir réinventer la roue" ?
Je suis cependant d'accord avec vous, et je le précise dans mon message, qu'il risque d'y avoir des problème au niveau des condition d'utilisation : facebook va pouvoir clamer sa propriété sur la constitution de l'Islande; ça craint.

Pour gnuzer, je n'ai pas dit que c'était des applications libre, ni open source. J'ai dit que c'était ouvert dans le sens ouvert à tous. Pardon si ça a pu prêter à confuse.
Presque une démocratie liquide

Bon alors si j'ai bien compris, il faut que le pays soit complètement ruiné pour que les gens réagissent et que les choses bougent ?

Bon signe pour nous tout ca, on y va tout droit !

Sinon, dommage d'obliger à passer par "Facebook et Twitter", ils auraient pu faire autrement.
politicomïdie, le 15/06/2011 - 16:06
C'est un point de vue qui se défend, mais ça a l'avantage de ne pas nécessiter d'investissement pour mettre le truc en place.
En France, quand le gouvernement lance un site "vitrine" sans aucune fonctionnalités avancées, ça coute 5 millions d'euros.
En Islande, quand le gouvernement réécrit sa constitution main dans la main avec ses citoyens, ça ne coute rien (ou en tout cas, pas plus que de payer les gens derrière le système)
àa fait des millions de membres en plus pour des entreprises qui pourront faire encore plus d'argent, donc en gros c'est gratuit si on sacrifie son peuple (j'y vais fort là, mais je suis énervé).
RilaX, le 15/06/2011 - 16:44
J'ajouterai : "pourquoi vouloir réinventer la roue" ?
Je suis cependant d'accord avec vous, et je le précise dans mon message, qu'il risque d'y avoir des problème au niveau des condition d'utilisation : facebook va pouvoir clamer sa propriété sur la constitution de l'Islande; ça craint.
Je vois bien Facebook faire un procès en Islande au gouvernement islandais pour utilisation non autorisée de la constitution islandaise.

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