Le Parti pirate canadien va lancer un service VPN bien différent des autres offres. Pour chaque souscription, le mouvement politique s'engage à ouvrir un compte gratuit destiné à un internaute situé dans un pays limitant la liberté d'expression. Le Parti pirate canadien espère pouvoir jouer sur deux tableaux : aider les Canadiens face à un gouvernement conservateur et soutenir la lutte des activistes dans le monde entier.

C’est une initiative très intéressante lancée par le Parti pirate canadien, et qui pourrait bien inspirer ses homologues étrangers. Cette semaine, le mouvement a annoncé la mise en place prochaine d’une offre VPN destinée aux internautes canadiens. Mais à la différence des autres services du même type, le Parti pirate canadien s’engage à chaque souscription à offrir un accès VPN gratuit à un internaute situé dans un pays limitant la liberté d’expression.

« Nous allons fournir un service VPN aux Canadiens à un taux de 10 dollars canadiens (environ 7 euros) par tranche de 200 GB. Pour chaque compte payant, nous fournirons aussi un compte VPN gratuit à un citoyen d’une nation censurant Internet » a expliqué Mikkel Paulson, le président du Parti pirate canadien. « Cela nous permet de fournir simultanément une protection aux Canadiens et d’étendre notre soutien humanitaire à l’étranger« .

L’idée est issue des révoltes qui secouent depuis plusieurs mois le Maghreb et le Moyen-Orient. Le Parti pirate canadien explique que les tentatives de filtrage en Tunisie, en Égypte et Libye ont conduit la formation à lancer un réseau virtuel privé pour venir en aide à la population. Lorsque la situation est redevenue stable dans ces pays, le service VPN a été maintenu et rendu disponible pour d’autres pays soumis à la censure.

« Nous n’allons pas conserver les historiques des évènements, bien que nous allons bien entendu coopérer avec la police en cas d’abus de nos services » a précisé Mikkel Paulson. Pas question de transformer ce service VPN, dédié à la liberté d’expression au Canada et dans le monde, en une plate-forme sur laquelle les contenus illicites pourraient s’échanger en toute impunité.

Rappelons au passage que le Canada a participé aux négociations portant sur l’ACTA, aux côtés de l’Union européenne et des États-Unis. Depuis 2009, les cinq principaux FAI du pays ont reconnu, sous la pression du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes, qu’ils appliquent un bridage des échanges P2P sur leurs réseaux. Au risque d’affecter d’autres activités en ligne.

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