Espérons que cette initiative soit suivie pacifiquement dans l'ensemble des pays du Maghreb et du Moyen-Orient. La Tunisie, qui exerçait l'une des censures les plus importantes du net à travers le monde, a cédé aux pressions et décidé jeudi soir de libérer l'accès à tous les sites qui étaient jusque là bloqués. Des blogueurs arrêtés après les premières émeutes ont également été remis en liberté.

Lorsque nous avons pour la première fois parlé des émeutes en Tunisie et de l’utilisation faite d’Internet par les opposants à Ben Ali, c’était pour souligner ce qui devenait « une véritable épreuve de force que livre le régime du président Zine el Abidine Ben Ali contre le pouvoir d’organisation et de médiatisation offert aux Tunisiens par Internet« . Une semaine plus tard, le combat pour la liberté d’expression semble avoir été remporté par le peuple tunisien. Par la chance qu’il offre aux peuples de médiatiser leurs souffrances et leurs révoltes, Internet facilite les insurrections populaires, et toutes les tentatives de censures et toutes les pressions exercées par le pouvoir sur les internautes n’y peuvent rien.

Jeudi, le président Ben Ali a accepté de mettre fin à la censure d’Internet en Tunisie. Des sites qui étaient depuis très longtemps bloqués comme YouTube, Dailymotion ou Wat, ainsi que des pages Facebook, sont de nouveau accessibles aux internautes tunisiens. Le très populaire blog Nawaat.org, animé par un collectif de Tunisiens, est également accessible. « Bye bye, Ammar 404 », se réjouissent les tunisiens, en reprenant le surnom « Ammar 404 » donné à la censure du Net.

Des blogueurs qui avaient été arrêtés ont aussi été libérés. C’est le cas notamment de Slim Amamou. « Je suis libre« , disait-il sobrement sur Twitter jeudi soir.

Dans un ultime espoir de conserver le pouvoir en dépit des dizaines de morts tués à balle réelle par les autorités, Ben Ali a annoncé jeudi « la liberté totale » de l’information en Tunisie. Il sait qu’il n’a plus d’autre choix que d’être, ou de feindre d’être devenu, un président qui libère enfin la parole de son peuple. Mais il est sans doute trop tard. Vendredi matin, une foule de manifestants s’est réunie à Tunis pour demander le départ de Ben Ali.

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