Comme l'avait fait le régime de Moubarack en Egypte, sans aucun effet sur l'ampleur des manifestations, la Libye a elle-aussi décider de couper tous les ponts avec Internet.

Cette fois, c’est fait. Alors que depuis le début de la révolution libyienne le régime de Khadafi s’est contenté de couper le réseau par intermittence, la Libye semble totalement coupée du net ce vendredi. En témoignent les graphiques issus du Transparency Report de Google, qui montrent que le nombre de visites enregistrées sur ses services s’est totalement effondré en provenance de la Libye. C’est particulièrement visible sur YouTube, où la diffusion de vidéos montrant les massacres a attiré un nombre croissant de Libyiens, avant qu’Internet soit coupé :

Il ne s’agit pas seulement d’un blocage des services de Google, puisque sur son blog, la société Renesys indique que son dernier traceroute réalisé avec succès vers la Libye s’est fait jeudi à 16H35. Depuis, c’est l’encéphalogramme plat :

Internet en Libye

Reste à voir le succès d’une telle opération, dont nous avions vu qu’elle pourrait avoir un impact sur les noms de domaine en .ly si elle durait très longtemps.

La censure partielle d’internet n’a pas aidé le clan Ben Ali en Tunisie. Et l’Histoire ne montre pas que la décision de Moubarack de couper totalement Internet en Egypte lui a été d’un grand secours pour la conservation du pouvoir. Lorsque les dictateurs doivent tomber, ils tombent avec ou sans Internet. Au mieux le réseau mondial incite les gouvernements internationaux à accentuer la pression sur les régimes oppresseurs – car ils sont eux-mêmes pressés par leur population d’internautes, témoin par écrans interposés de ce qui se passe à l’étranger. Au mieux internet est un catalyseur, un accélérateur. Mais couper Internet ne coupera pas la révolution.

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