Lors d'un voyage au Brésil, le vice-président de la MPAA a expliqué que la démocratisation de la culture allait à l'encontre des intérêts des ayants droit. Il rejette en particulier les licences Creative Commons et la licence globale, deux solutions en vogue au Brésil.

Ça a le mérite d’être très clair. Résolument engagée contre les sites de liens BitTorrent et les hébergeurs de fichiers, la Motion Picture Association of America (MPAA) est également défavorable à la démocratisation de la culture. C’est en tout cas ce qu’a affirmé son vice-président, Greg Frazier, lors d’un déplacement au Brésil. Celui-ci était interviewé par Fohla, un quotidien local.

Repérée par Torrentfreak, une question s’attarde sur les licences Creative Commons. Le journal demande l’opinion de Greg Frazier sur ce mode de diffusion de la culture, particulièrement prisé au Brésil. On se souvient par exemple que l’ancien ministre de la culture du gouvernement Lula, Gilberto Gil, avait placé le site web du ministère sous licence Creative Commons.

Greg Frazier estime que les partisans des licences Creative Commons « ne sont pas toujours d’accord avec ce que nous préconisons« . « Et vous parlez de démocratisation de la culture, ce n’est pas dans nos intérêts. Ce n’est vraiment pas mon intérêt » a-t-il lâché. Pas question donc de faciliter la diffusion des œuvres culturelles avec une licence plus souple et moins restrictive.

La licence globale est certainement l’autre cible de la MPAA. Une coalition brésilienne regroupant des artistes et des représentants de la société civile est favorable à une réforme du droit d’auteur. Parmi les quinze propositions, une d’entre elles propose de légaliser le partage de fichiers contre le paiement d’une taxe d’environ 1,35 euro prélevée sur les abonnements Internet.

L’entretien a également été l’occasion d’aborder la question du vol. « Évidemment, les gouvernements doivent œuvrer pour que la population puisse accéder au minimum vital pour survivre, mais ça ne veut pas dire que vous devez ignorer le reste. […] Même si vous devez vous battre pour avoir de la nourriture dans votre assiette, c’est immoral de voler » a-t-il expliqué à un pays où 44 % des foyers ne sont pas connectés au réseau d’égouts.

Au-delà de cette question, la MPAA considère effectivement que le piratage est ni plus ni moins du vol. Il suffit pour s’en convaincre de se reporter à l’affaire Hotfile, où l’association américaine avait déclaré que l’hébergeur « facilite le vol des films et des productions télévisées protégés par le droit d’auteur à une échelle stupéfiante, et profite grassement du fait d’encourager et de fournir les moyens d’une violation massive des droits d’auteur« .

Rappelons que la MPAA est une association américaine chargée de défendre les intérêts des studios de cinéma américains. Ses membres sont Walt Disney Studios Motion Pictures, Paramount Pictures Corporation, Sony Pictures Entertainment, Inc., Twentieth Century Fox Film Corporation, Universal City Studios LLC, Warner Bros. Entertainment Inc

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