L'algorithme de Google a diffamé, selon la justice italienne

Julien L. - publié le Mercredi 06 Avril 2011 à 17h26 - posté dans Société 2.0

La cour de Milan a condamné Google pour diffamation à travers son service de saisie semi-automatique. La justice italienne a ordonné au moteur de recherche de filtrer les associations entre le nom du plaignant et divers termes péjoratifs. Cette décision n'est pas sans rappeler un jugement survenu en France en septembre. Pour Google, ces décisions pourraient conduire à une jurisprudence et inciter d'autres internautes à saisir la justice.

Il est parfois difficile d'être le moteur de recherche dominant en Europe. Le récent arrêt (.pdf) de la cour de Milan en est la preuve. Fin mars, Google a été condamné par la justice italienne parce que ses algorithmes de recherche suggéraient des expressions jugées diffamatoires par le plaignant. Le géant américain devra donc en conséquence filtrer ces suggestions pour qu'elles n'apparaissent plus lors de la saisie dans le champ de recherche.

L'avocat du demandeur, un entrepreneur italien qui a souhaité rester anonyme, a expliqué lundi sur son blog que son client voulait obtenir la suppression des termes "escroc" et "fraude" (truffa et truffatore en italien) qui apparaissaient lorsqu'un internaute commençait à saisir son nom sur Google. Pour l'avocat, cette combinaison affectait la réputation en ligne de l'entrepreneur.

Pour sa défense, Google a fait savoir qu'il ne pouvait être tenu responsable dans la mesure où aucun employé n'intervient dans l'algorithme qui traite les requêtes tapées par les internautes. Autrement dit, Google a estimé que sa responsabilité ne pouvait être engagée puisque le processus est automatisé, en particulier les propositions de la saisie semi-automatique.

L'avocat a néanmoins relevé que Google est capable d'intervenir dans son algorithme pour masquer certaines suggestions. C'est le cas des termes inappropriés mais aussi de certaines requêtes liées à BitTorrent, RapidShare ou MegaUpload. De ce fait, si ça marche pour ces expressions, il n'y a aucune raison pour que Google ne puisse pas préserver l'identité de son client.

Par ailleurs, l'avocat considère que Google ne pouvait pas se protéger derrière la directive européenne 2000/31/CE sur le commerce électronique qui précise notamment la responsabilité des hébergeurs. Cependant, le procès italien pourrait ouvrir la voie à d'autres plaintes du même genre en Europe. L'arrêt de la cour de Milan est d'ailleurs très similaire à une décision de justice rendue par le tribunal de grande instance de Paris en septembre dernier.

La justice française avait considéré que Google était civilement responsable des termes proposés au cours de la saisie dans le champ de recherche, via la saisie semi-automatique. Le tribunal a alors condamné solidairement pour diffamation la société Google ainsi que son ancien directeur général, Eric Schmidt, et a ordonné au moteur de recherche de supprimer toutes les suggestions associant le nom du plaignant à différents termes péjoratifs.

"Les liens de recherche litigieux sont incontestablement de nature à orienter la curiosité ou à appeler l'attention sur les thèmes qu'ils proposent ou suggèrent et, ce faisant, de nature à provoquer un effet boule de neige d'autant plus préjudiciable à qui en fait l'objet que le libellé le plus accrocheur se retrouvera ainsi plus rapidement en tête de liste des recherches proposées" avait alors commenté le tribunal sur la condamnation en diffamation.

Publié par Julien L., le 6 Avril 2011 à 17h26
 
 
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Commentaires à propos de «L'algorithme de Google a diffamé, selon la justice italienne»
 
Un algo qui diffame? Sérieux? looool
Yannice97231, le 06/04/2011 - 17:46
Un algo qui diffame? Sérieux? looool

Ca me fait penser aux procès d'animaux au Moyen Age...
Quelqu'un pourrait traduire la fin de l'arrêt ? L'article ne dit pas précisément ce dont écope Google autre que le fait qu'il doit désormais filtrer les recherches sur le nom du plaignant.

A la fin de l'arrêt, il est question de 1500 et de 2300 euros, mais l'italien n'est pas mon fort et j'ai peur de ne pas saisir le contexte...

Aussi, Google a-t-il ou compte-t-il faire appel ?
Ça me rappelle une vieille histoire. Des chercheurs en linguistiques avait un outil de calcul de proximité de sens. Lorsque des mots sont souvent proche dans les textes dans la littérature, ils étaient repérés par la machine qui avait dû avaler des tonnes et des tonnes de textes et romans. Il y avait donc un outil qui permettait en donnant un mot, que la machine restitue les mots proches. Cet outil était en ligne, et était considéré un peu comme un dictionnaire de synonyme.

Je vous dis pas le pataquès dans les médias lorsqu'un internaute a tapé "arabe" et que la machine a répondu "bougnoule" et "sale".

Ils ont mis leur outil offline et puis basta. Du genre "c'est la littérature qui est raciste, pas nous ; si vous êtes trop bête pour savoir utiliser cet outil on vous le reprend".
Et pendant ce temps là, Berlusconi court toujours...

Yannice97231, le 06/04/2011 - 17:46
Un algo qui diffame? Sérieux? looool

Ce n'est pas grave que google se fasse condamner...s'il est seulement condamné à retirer les termes incriminés.
Mettez-vous à la place de google : comment voulez-vous qu'il vérifie l'identité d'un plaignant (ex : via un formulaire) sans passer par les voies judiciaires (une procédure plus souple serait mieux appropriée mais bon, on est au moyen-age hein !) ? C'est le seul moyen viable au jour d'aujourd'hui...à condition encore une fois qu'il ne se fasse pas lourdement condamner et qu'il y ait bien diffamation (parce que la connerie du droit à l'oublie, ça c'est niet)...
Et voilà ! Fallait pas commencer à filtrer certains termes sur les suggestions. Ce n'est, malheureusement, qu'un retour de bâton attendu :/
tester000, le 06/04/2011 - 19:10
Yannice97231, le 06/04/2011 - 17:46
Un algo qui diffame? Sérieux? looool

Ce n'est pas grave que google se fasse condamner...s'il est seulement condamné à retirer les termes incriminés.
Mettez-vous à la place de google : comment voulez-vous qu'il vérifie l'identité d'un plaignant (ex : via un formulaire) sans passer par les voies judiciaires (une procédure plus souple serait mieux appropriée mais bon, on est au moyen-age hein !) ? C'est le seul moyen viable au jour d'aujourd'hui...à condition encore une fois qu'il ne se fasse pas lourdement condamner et qu'il y ait bien diffamation (parce que la connerie du droit à l'oublie, ça c'est niet)...
On est encore au moyen âge... C'est sûr. Une carte d'identité virtuelle à montrer sur tous les sites que l'on visite serait bien plus "in", bien plus "new age" (vu que les andouilles qui prônent cela aiment utiliser des mot anglais parce qu'ils "spike ingliche"). Ou j'ai encore mieux, une puce plantée dans la tête, avec évidemment des récepteurs partout (y compris le PC), comme ça Google pourrait vérifier l'identité du plaignant instantanément.
C'est beau le progrès !
Non mais je trouve cela ridicule tout comme toi (un nom suivi d'un mot dans une recherche...pfff, tu parles d'une diffamation !) seulement quitte à se faire condamner, autant simplifier la procédure et atténuer la peine...
La justice italienne aide des escrocs et fraudeurs ? :rire: Qu'en pensent ceux qui ont eu des litiges avec le plaignant ?
àa rappelle un peu la fameuse Marie C. swallows
Encore des plaignants (et malheureusement des juges) qui n'ont pas peur de l'absurde... Google propose un outil qui, quand on tape un mot, propose les mots qui ont été le plus associés dans les recherches des autres utilisateurs. Google ne dit pas "machin" (mot 1) est un "truc" (mot 2 qui apparaît) et un "bidule" (mot 3 qui apparaît), mais : ceux qui ont cherché "machin" l'ont associé avec "truc" et "bidule".

Ce n'est aucunement différent de ce qu'on trouve sur toutes les boutiques en lignes qui, lorsqu'on se rend sur la page d'un produit, nous informent (presque) toutes que "les clients qui ont acheté ce produit ont aussi acheté produit2 et produit3". Condamnerait-on Amazon si de nombreux utilisateurs ayant acheté une édition de la Torah sur leur site avait aussi acheté Mein Kampf, au point que leur algorithme propose Mein Kampf dans les produits connexes à la Torah ?

Absurde, absurde, absurde...

PS : qui plus est, si autant d'internautes associent escroc et fraude à son nom ou celui de son entreprise, il y de fortes chances que ses pratiques commerciales ne soient pas très nettes...
Bientôt les codes source qui trichent.
Commence à bien faire. Pour la 1000000000000000000000000000 fois vous n'êtes pas obligé d'utiliser google si vous en n'êtes pas satisfait ! condamné l'algo de google est stupide.

Si google doit commencer à filtrer, dès que quelque chose ne plait pas à l'un ou l'autre, ils sont pas sorti des emmerdes.
Je me suis fais condamné
Parce que j'ai escroqué,

Mais si je paie un homonyme
Pour traîner Google en justice...
Disparaîtrons les mauvaises rimes ;
Alors je ne paraîtrais plus factice!

Je suis un escroc!
J'emmerde les algos!
Je suis un escroc!
J'emmerde les algos...
Si Google n'a été condamné qu'à retirer l'association de mots, je n'y vois rien à redire.
Sur Facebook, vous trouvez normal de pouvoir (faire) retirer des commentaires malvenus sur votre page, normal de pouvoir vous détagguer d'une photo peu élogieuse, non ? Normal que ce soit pareil sur Google, non ?

Ce mec a été condamné a des peines bien précises. L'association définitive de son nom au terme escroc n'en fait pas partie.
En Justice, on a l'habitude de dire qu'on paye sa dette à la société pour ensuite se réinsérer. Vous trouvez normal d'empêcher une personne de se réinsérer ?
Et puis un italien escroc, on ne peut y croire...;-)
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