L'arrivée de Free ne devrait pas bouleverser profondément l'équilibre des forces dans le domaine de la téléphonie mobile. Selon le bureau d'étude Barclays, le quatrième opérateur mobile 3G devrait obtenir une part de marché de 5 % en 2015. Un démarrage pourtant prometteur, vu la saturation du marché.

Après avoir conquis le secteur de l’Internet avec sa fameuse offre triple-play à 29,99 euros par mois, Free s’apprête désormais à partir à l’assaut de la téléphonie mobile. Conscients de l’image positive de Free auprès de nombreux internautes, les trois principaux opérateurs sont bien décidés à ne pas laisser le nouvel entrant reproduire le succès qu’il a connu dans le haut débit, devenu rapidement le troisième FAI en nombre d’abonnés.

En 2012, Free Mobile présentera néanmoins son offre téléphonique. À cette occasion, le bureau d’études Barclays s’est penché sur l’arrivée du quatrième opérateur mobile. Selon les analystes du groupe, Free Mobile devrait récupérer 5 % de parts de marché trois ans après le lancement de son offre. Cela représente plus de 3,42 millions de clients, rapporte Boursier.

Les prévisions de Barclays ne se limitent pas à la future part de marché de Free Mobile face à Orange, SFR et Bouygues Telecom. Les observateurs estiment aussi que la marge brute sera de 45 %, le taux d’attrition (perte de la clientèle) est de 20 % tandis que le coût d’acquisition client est de 200 euros.

D’aucuns trouveront sans doute que la part de Free Mobile est particulièrement basse. Or, il ne faudra pas oublier que Free, même s’il dispose d’une licence 3G depuis fin 2009, n’a pas encore un réseau suffisamment important pour couvrir davantage de personnes. Celui-ci est en cours de conception, et en attendant Free Mobile sera obligé de passer par les réseaux 2G et 3G d’Orange.

Par ailleurs, la situation actuelle est autrement différente qu’au début des années 2000. « L’arrivée du quatrième opérateur se situe en 2010, 2012 en fait, dans un contexte où, aujourd’hui, tout le monde a un téléphone mobile, voire deux. Et donc on a un marché qui est complètement équipé, qui est saturé. C’est tout à fait différent de l’arrivée de Bouygues Télécom en 1995, où on était dans un marché qui était encore en train de se développer. Il y avait plus de 10 % de croissance par an » avait analysé le directeur d’Orange.

« Donc, qu’est-ce que va faire Free, logiquement ? Il va essayer de prendre les clients des autres. Ce n’est pas un jeu à somme nulle, cette affaire. Et comment il va essayer de prendre les clients des autres ? D’après ce qu’il dit jusqu’à maintenant, il le claironne même, en cassant les prix. On verra » avait-il ajouté. Free Mobile ne pourra donc croître en terme d’abonnés qu’en récupérant des parts de marché de la concurrence.

Rappelons que lors du lancement de son offre mobile, Free est bien décidé à proposer des forfaits illimités à moins de 50 euros par mois. Ces offres sont à l’heure actuelle moitié moins chères que les forfaits concurrents. L’opérateur avait promis à plusieurs reprises qu’il entendait diviser par deux la facture annuelle d’une famille en matière de communication mobile.

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