Apple présente ce mercredi soir à 19 heures sa nouvelle tablette iPad 2. Un évènement planétaire tel qu'il déchaîne plus de passion sur Twitter que le printemps arabe. Billet d'humeur.

Voici un court billet que certains prendront pour une incitation au troll, mais qui est plus l’étalage au public d’une curieuse émotion. D’un sentiment étrange. D’un certain malaise teinté de fatalisme, alors que doit s’ouvrir dans quelques dizaines de minutes les keynotes d’Apple pour le lancement de l’iPad 2 (« les », car l’évènement se déroule à la fois à Los Angeles et à Londres, où les journalistes européens ont fait le déplacement en masse).

Depuis les premiers jours de la révolution tunisienne lorsque le tag #SidiBouzid a servi à relayer l’information dans le monde entier, nous avons surveillé quotidiennement et en temps réel les mots clés en lien avec les soulèvements arabes : #Jan25, #Egypt, #Tunisia, #Libyia, #Feb27, #Tahrir, etc. Mais même au plus fort des différentes révoltes, dont on connaît le rôle qu’ont eu les réseaux sociaux (selon nous très modeste localement, mais considérable pour la pression internationale exigée par les peuples du monde entier), jamais nous n’avions vu Twitter s’activer aussi vite que sur le tag #iPad2. Jamais nous n’avions vu les messages défiler aussi vite.

Le malaise est triple. D’abord parce qu’il montre violemment à quel point le consumérisme triomphe sur l’humanisme. Ensuite parce qu’il illustre la force médiatique incroyable d’Apple qui laisse peu de chance aux concurrents de connaître le même succès, même avec des tablettes tactiles d’excellente facture (on pense par exemple au Xoom de Motorola). Enfin, parce qu’il montre que les internautes au fond ne sont pas si différents du téléspectateur de base du journal télévisé. Comme le résume bien Nemotaku, « les audiences du 20h baissent également dès que ça parle international , Twitter n’échappe à ce genre de règles« .

C’est ainsi. Et sans doute au fond n’est-ce pas si grave. Les révolutions ont tout de même lieu. Les dictateurs sont tout de même renversés. Et le monde continue de tourner.

Constatez vous-mêmes (c’est encore plus criant sur un client comme TweetDeck) :

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