Vodafone confirme que le gouvernement d'Hosni Moubarak envoie des messages non signés sur les téléphones mobiles des abonnés égyptiens. Il explique que les autorités égyptiennes se servent des prérogatives permises par la déclaration d'Etat d'urgence pour obliger les opérateurs à relayer des messages.

Ce jeudi matin, nous expliquions que beaucoup de témoignages faisaient état en Egypte de SMS envoyés par le régime d’Hosni Moubarak, pour demander au peuple de rejoindre les rangs des manifestants favorables au président égyptien. Selon les rumeurs étayées par de nombreux indices, les violences graves commises à l’encontre des manifestants opposés au régime auraient été orchestrées par le régime lui-même, via la police et des miliciens rémunérés pour se battre. Les SMS, qui n’étaient pas signés, visaient clairement à dresser une partie de la population contre celle qui proteste depuis plus d’une semaine sans relâche.

Dans un communiqué, la fililale égyptienne de l’opérateur Vodafone confirme l’envoi de messages par le gouvernement à tous les abonnés. « En vertu des dispositions d’état d’urgence prévues par la Loi sur les Télécoms, les autorités égyptiennes peuvent ordonner aux réseaux mobiles de Mobinil, Etisalat et Vodafone d’envoyer des messages aux égyptiens », explique l’opérateur. « Ils ont utilisé cela depuis le début des manifestations. Ces messages ne sont rédigés par aucun des opérateurs de réseaux mobiles et nous n’avons pas la possibilité de répondre aux autorités sur leur contenu« , explique Vodafone Egypt.

La maison mère assure avoir protesté auprès des autorités en indiquant que les messages étaient « inacceptables« , et en demandant que les messages soient tous « transparents et clairement attribuables à leur auteur« . Actuellement, les messages non signés sont envoyés avec un numéro attribué à l’opérateur.

Des exemples de messages avec leur traduction en anglais sont diffusés sur Flickr.

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