Emule-Paradise ou le procès de l'amendement Vivendi
Guillaume Champeau -
publié le Lundi 31 Janvier 2011 à 16h18 -
posté dans Peer-to-Peer
![]() Le procès d'eMule-Paradise qui s'est ouvert lundi à Paris pose la question de la responsabilité pénale des éditeurs qui diffusent des liens P2P sans partager eux-mêmes les fichiers piratés. Il met aussi pour la première fois en jeu l'amendement Vivendi qui, depuis la loi DADVSI, interdit la diffusion de logiciels "manifestement destinés" au piratage. Mise à jour : le tribunal correctionnel a décidé de renvoyer l'affaire devant le juge d'instruction.
Le procès est retentissant parce que l'enquête a montré que le jeune homme aurait empoché 416 000 euros en recettes publicitaires sur 2 ans, et qu'il aurait fraudé le fisc en domiciliant ses comptes à Chypre et Belize (son ancienne agence publicitaire Net Avenir est aussi appelée à la barre, mais elle devrait tenter de profiter de la jurisprudence des Choristes). Le portrait du jeune pirate qui jouit des fortunes générées par le piratage a un impact médiatique évident. Mais c'est sur le strict plan juridique que l'affaire a le plus d'intérêt. Le jeune homme qui avait 20 ans au moment des faits est poursuivi pour avoir proposé 7 113 liens eDonkey/eMule entre 2005 et 2006 via son site eMule-Paradise, avec des fiches descriptives des contenus partagés sur eMule. Parmi les plaignants figurent Pathé, Universal, Galatée Films et Jean-Yves Lafesse. Or lors de l'enquête, la police n'a trouvé chez Vincent Vallade que 19 films, ce qui n'empêche pas le parquet de le poursuivre pour "mise à disposition de films sans l'autorisation de leurs ayants droit", pour l'ensemble des liens. La première difficulté pour le tribunal sera de démontrer qu'il y a bien eu contrefaçon grâce aux liens d'eMule-Paradise. Dans l'affaire Seek-Link, le tribunal avait rejeté la responsabilité de l'auteur du site, parce qu'il n'avait pas été démontré que des fichiers contrefaits avaient été mis à disposition, et que condamner sur la seule présence de liens P2P revenait à "nier la présomption d'innocence et le droit à un procès équitable en présumant la culpabilité sans preuve objective". Derrière ce problème se cache aussi la différence trop souvent négligée entre une URL (Uniform Ressource Locator), qui pointe vers un contenu en indiquant la route à prendre pour y accéder, et une URI (Uniform Resource Identifier), qui décrit le contenu visé sans dire où le trouver. Les liens eDonkey diffusés sur eMule-Paradise sont de cette seconde nature. C'est le logiciel eMule qui, à partir de l'URI, demande aux serveurs de lui indiquer les adresses IP des internautes qui partagent le fichier identifié. Pour contourner la difficulté, les parties civiles ont déjà insisté à l'ouverture du procès sur la présence du logiciel eMule, proposé en téléchargement sur le site. C'est un autre angle juridique, offert par la loi DADVSI en 2006. Le Parlement avaient en effet adopté un "amendement Vivendi", retranscrit à l'article L336-2 du code de la propriété intellectuelle, qui condamne des mêmes peines que la contrefaçon le fait "d'éditer, de mettre à la disposition du public ou de communiquer au public, sciemment et sous quelque forme que ce soit, un dispositif manifestement destiné à la mise à disposition du public non autorisée d'oeuvres ou d'objets protégés". Si en soi la diffusion d'eMule n'est pas condamnable, puisque le P2P est une technologie neutre utilisée notamment pour le partage de logiciels gratuits, le "contexte" d'eMule Paradise est pointé du doigt par les plaignants. Ils estiment que le fait que le logiciel soit diffusé avec un guide explicatif, à côté de liens permettant de télécharger des films piratés, démontre que la diffusion d'eMule est ici "manifestement destinée" au piratage. L'amendement Vivendi avait été conçu sur mesure pour s'adresser aux sites comme eMule-Paradise. Son application judiciaire trouve ici un test à taille réelle. La nature du "dispositif" doit-elle être examinée au regard du dispositif lui-même, ou de l'utilisation qui en est proposée par celui qui le diffuse ? à lire aussi
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Commentaires à propos de «Emule-Paradise ou le procès de l'amendement Vivendi»
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Winael
le 31/01/2011 à 16:45
question aux juristes : dans "un dispositif manifestement destiné à la mise à disposition du public non autorisée d'oeuvres ou d'objets protégés" le "manifestement" se rattache-t-il à la diffusion du dispositif ou au dispositif lui-même ?
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Commentaire sur Numerama.com
Winael, le 31/01/2011 - 16:45
question aux juristes : dans "un dispositif manifestement destiné à la mise à disposition du public non autorisée d'oeuvres ou d'objets protégés" le "manifestement" se rattache-t-il à la diffusion du dispositif ou au dispositif lui-même ? La diffusion/édition/communication du dispositif est qualifiée de sciemment. D'accord avec VoidDragon ! Ce n'est pas une question juridique mais une simple question de grammaire
Concernant le fond de l'article, il me semble que vous confondez URI et URN... Il se trouve qu'il m'arrive d'enregistrer des films qui passent à la télé, figurez-vous qu'il existe des magazines qui annoncent quels films vont passer et proposent même une fiche explicative. Ces magazines gagnent de l'argent grâce aux publicités qu'ils contiennent, il y a même des pub pour des magnétoscopes, appareils manifestement faits pour réaliser des copies non autorisées, sans parler des télés qui mettent à la disposition du public des oeuvres protégés !
Winael, le 31/01/2011 - 16:45 question aux juristes : dans "un dispositif manifestement destiné à la mise à disposition du public non autorisée d'oeuvres ou d'objets protégés" le "manifestement" se rattache-t-il à la diffusion du dispositif ou au dispositif lui-même ?C'est justement la question que devra trancher le tribunal, s'il estime qu'en lui-même eMule n'est pas "manifestement destiné" au piratage Il se trouve qu'il m'arrive d'enregistrer des films qui passent à la télé, figurez-vous qu'il existe des magazines qui annoncent quels films vont passer et proposent même une fiche explicative. Ces magazines gagnent de l'argent grâce aux publicités qu'ils contiennent, il y a même des pub pour des magnétoscopes, appareils manifestement faits pour réaliser des copies non autorisées, sans parler des télés qui mettent à la disposition du public des oeuvres protégés !
N'oublie pas non plus que ces même magazine propose un code showview qui permet au magnetoscope de récupéré directement le programme que l'on souhaite enregistrer. Il va se faire trucider. C'est évident. Dans des affaires qui touchent au fric des puissants, la corruption l'emporte toujours.
C'est la lutte du pot de terre contre le pot de vin... Il y a des centaines de sites comparables et toujours très actifs...
Ils veulent faire un exemple pour faire peur, ça ne durera qu'un temps. Il y a bien pire que les programmes de télévision, magnétoscopes pour pauvres petits URI de ce paradis de mules: des moteurs de recherche comme Bing ou Google vous donnent directement les URL de contrefaçons de contenus.
Exemple ici avec une police de caractères piratée par la HADOPI: http://www.google.co...opi+logo+police Mais ce procès sera intéressant... renseigne toi mieux guillaume il existe plein de jurisprudence condamnant déjà le fait que le fait de référencer un lien , sans meme heberger le contenu est un acte de contrefacon , cet article est tres incomplet
Il se trouve qu'il m'arrive d'enregistrer des films qui passent à la télé, figurez-vous qu'il existe des magazines qui annoncent quels films vont passer et proposent même une fiche explicative. Ces magazines gagnent de l'argent grâce aux publicités qu'ils contiennent, il y a même des pub pour des magnétoscopes, appareils manifestement faits pour réaliser des copies non autorisées, sans parler des télés qui mettent à la disposition du public des oeuvres protégés ! non mais t'as vraiment rien compris ou tu fais exprès? il n'y a rien d'illégal dans tout ce que tu viens de citer. encore une fois, c'est la mise à disposition sans autorisation qui est condamnable, et qui fait la mise à disposition dans tes exemples? les chaines télé il me semble, non? et tu crois quoi, qu'elles n'achètent pas le contenu qu'elles diffusent? à partir de là rien n'interdit à un journal de lister les programmes, qui sont d'ailleurs communiqués par les chaines télé. sur le fond de l'affaire, il n'y a qu'un seul truc qui me choc: c'est que ce gamin ai voulu faire du fric. l'aspect juridique tout ça je m'en cogne, mais qu'il y ait d'une part enrichissement personnel et évasion fiscale d'autre part, il est totalement inexcusable et j'applaudirai des 2 mains si il va en taule. Petite note (sinon, j'aime bien l'article, bien rédigé) :
" Si en soit la diffusion d'eMule n'est pas condamnable, " "En soi", et non pas "en soit". Un couteau est-il manifestement conçu pour tuer des gens ?
J'ai hate de voir la réponse du tribunal... fcna2005, le 31/01/2011 - 17:43 renseigne toi mieux guillaume il existe plein de jurisprudence condamnant déjà le fait que le fait de référencer un lien , sans meme heberger le contenu est un acte de contrefacon , cet article est tres incompletEclaire-moi. pourquoi tu veux qu'il aille en tole.......juste parce qu'il a mis de la pub sur son site , humm........ouais , donne plutot des tunes aux createur d'hadopi , pfiiiitt
fcna2005, le 31/01/2011 - 17:43
renseigne toi mieux guillaume il existe plein de jurisprudence condamnant déjà le fait que le fait de référencer un lien , sans meme heberger le contenu est un acte de contrefacon , cet article est tres incomplet Et de quelles jurisprudences parlerais-tu ? Pourrais-tu donner les références desdits jugements ? Merci. vend porche cayenne toutes options immatriculee aux luxembourg faire offre
ps faire vite lafesse est a pied
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