Après avoir obtenu 30 % des parts de Deezer l'an dernier, Orange a annoncé ce mardi l'ouverture de négociations exclusives avec Dailymotion afin d'en acquérir 49 % du capital pour 58,8 millions d'euros. Pour Orange, cette opération "répond parfaitement à l'évolution des usages vidéo des clients sur tous les écrans connectés". Mais elle fragilise également le débat sur la neutralité des réseaux.

Dans un communiqué de presse diffusé ce matin, Orange a annoncé avoir démarré des négociations exclusives avec Dailymotion « en vue d’acquérir 49 % du capital du site de vidéo en ligne« . Cette opération, lorsqu’elle arrivera à son terme, doit permettre à Orange « de développer une offre complète de vidéo multi-écrans » en s’appuyant sur le deuxième site de vidéo en ligne au monde, derrière YouTube.

Pour Orange, « cette opération […] répond parfaitement à l’évolution des usages vidéo des clients sur tous les écrans connectés (via Internet, WiFi ou 3G)« . Elle permettrait également « d’accélérer sa stratégie de développement du multi-écrans, anticipant également la montée en puissance de la haute définition, de la 3D et de la continuité d’usage entre ces écrans« .

Cette prise de contrôle de 49 % du capital de Dailymotion par Orange s’est conclue à 58,8 millions d’euros. Elle valorise du même coup le site de vidéo en ligne à hauteur de 120 millions d’euros. Cet investissement est, toute proportion gardée, très mesuré comparé au montant mis sur la table par Google pour acheter YouTube. À l’époque, le géant du web avait mobilisé 1,65 milliard de dollars.

L’ouverture progressive du capital devrait attirer d’autres partenaires industriels dans les mois et les années qui viennent. À ce sujet, soulignons que l’État a déjà placé ses pions dans Dailymotion, via le Fonds stratégique d’investissement (FSI). En 2009, le FSI a débloqué 7,5 millions d’euros dans le site de vidéo en ligne, lui permettant en particulier de siéger au Conseil d’administration.

« Le rapprochement avec Orange constitue une unique opportunité pour Dailymotion d’être partie prenante d’un groupe de premier ordre au plan international, avec l’ambition de s’inscrire dans les 20 premiers acteurs Internet au monde » a commenté le FSI dans un communiqué (.pdf), se félicitant « de cette perspective de rapprochement industriel pour une des rares PME de croissance françaises de l’économie numérique de dimension internationale« .

« Cette opération confirme l’engagement du FSI en faveur de la filière numérique dans laquelle la consolidation des acteurs permet de faire émerger des acteurs de croissance compétitifs au plan mondial » a ajouté le FSI. Mais la protection rapprochée de l’un des fleurons de l’industrie française sur le net risque cependant de tuer dans l’œuf le moindre débat français sur la neutralité du net.

En permettant à un fournisseur d’accès majeur de contrôler une part importante d’un service en ligne, c’est participer à l’arrêt de l’innovation. « Quel concurrent naissant de Dailymotion pourra accéder aux mêmes conditions tarifaires que le site français pour s’adresser aux abonnés d’Orange, donc à la moitié des internautes du pays ? » écrivions-nous lundi.

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