Vice-présidente de la Commission de la culture, de l'éducation et de la communication au Sénat, la sénatrice UMP Colette Mélot demande au gouvernement comment il compte optimiser le fonctionnement de la Carte Musique Jeune, qui "suscite quelques interrogations".

La sénatrice Colette Mélot a interrogé jeudi le ministère de la Culture à propos du lancement de la Carte Musique Jeune, dont elle se félicite dans un premier temps de l’existence. « Afin de contrer les échanges non autorisés et massifs, le téléchargement illégal étant vingt fois plus pratiqué que le téléchargement légal, la carte musique vise à donner aux jeunes internautes âgés de 12 à 25 ans l’habitude d’acheter et d’écouter de la musique sur des sites légaux« , commence-t-elle. Elle poursuit en ajoutant qu’ « une semaine après son lancement, près de 10 000 cartes musique ont d’ores et déjà été créées et on ne peut que se satisfaire de ce succès« . Un succès cependant très relatif, qui semble plus tenir de l’échec, comme nous l’expliquions vendredi.

Cependant, Mme Mélot interroge le ministère sur les ratés de la Carte. Elle constate ainsi que « la carte musique jeunes suscite cependant quelques interrogations depuis son lancement« , et en détaille trois sortes.

« Pour l’heure, trois offres sont disponibles (5 euros, 10 euros ou 25 euros) proposées par 14 partenaires listés sur le site officiel. Ces offres ne se ressemblent pas et il est impossible de les panacher, ce qui au final rend le fonctionnement de la carte peu clair« , critique d’abord la sénatrice, qui se trompe en partie, sauf pour la conclusion. Pour se donner une idée de l’illisibilité de la chose, nous vous conseillons cet excellent article du Monde qui avait décortiqué les offres et conclu que « de nombreuses plates-formes proposent des remises supplémentaires ou des avantages rendant l’offre peu lisible (…), le volume final de musique pouvant être téléchargé avec 25 euros [allant] quasiment du simple au triple« .

Ensuite, « en théorie, la carte musique jeunes est réservée aux jeunes de 12 à 25 ans ; or en pratique, tous les internautes de plus de 25 ans peuvent tenter de frauder le dispositif et obtenir une réduction de 50 % décidée par l’État sur le téléchargement de musique« , note Colette Mélot. Elle constate que « malgré une déclaration sur l’honneur des internautes, il est en effet difficile pour les fournisseurs d’effectuer un contrôle sur l’âge de leurs clients« .

Enfin, comme nous l’avions révélé, la sénatrice remarque qu’il est « aisé de contourner le dispositif pour acheter d’autres produits dématérialisés« , comme « sur la boutique en ligne d’Apple, l’iTunes Store, qui ouvre la possibilité d’acheter des applications iPhone ou iPad« . Sur ce point ; le ministère avait assuré qu’il ne rembourserait pas Apple pour les dépenses non liées à la musique, mais il reste à voir si un contrôle sera effectivement réalisé dans les faits.

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