C’était prévisible. L’Hadopi n’a aucun effet positif sur les ventes de musique en ligne, et l’effet psychologique dont avait cru pouvoir se féliciter le gouvernement n’a pas duré. L’Observatoire de la musique annonce que le chiffre d’affaires du marché de la musique enregistrée en France a baissé de 13,7 % au troisième trimestre 2010.

« En France, au 3ème trimestre 2010, le chiffre d’affaires de la musique enregistrée, comprenant les ventes
physiques (CD audio et DVD musicaux) et numériques, s’élève à 166,3 M€ TTC (vs. 192,6 M€ au 3ème
trimestre 2009), soit une baisse de -13,7 % sur la période
« , indique l’Observatoire. Le mois dernier, il avait fustigé non pas ne piratage, mais la concentration de l’offre légale imposée par les majors de l’industrie.

Contrairement au SNEP qui annonce que le numérique représente 20 % du marché, l’Observatoire de la musique note que « la part de marché de la musique numérique sur le marché de la musique enregistrée s’établit à 13,1 % en valeur« , en progression de seulement 3,8 points. La musique en ligne représenterait ainsi 21,7 millions d’euros de chiffre d’affaires, hors streaming et sonneries. Une somme qui se répartit à parts égales entre les singles et les albums, même si ces derniers marquent de loin la plus forte progression (+ 36,8 %).

Plus inquiétant sans doute pour l’industrie musicale, la croissance du numérique semble ralentir alors que l’Hadopi devait la doper. Le chiffre d’affaires numérique progresse ainsi de 21,4 % du troisième trimestre, alors qu’il avait progressé de 29 % au premier trimestre. Depuis le début de l’année, il progresse de 25 %.

Problème : si l’Hadopi n’a aucun effet, combien de temps encore les maisons de disques accepteront-elles de dépenser des fortunes dans la collecte des adresses IP ?

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