L'Observatoire de la musique fustige la concentration de l'offre légale

Guillaume Champeau - publié le Lundi 25 Octobre 2010 à 17h36 - posté dans Musique Numérique

Au premier semestre 2010, le marché numérique de la musique a progressé de 26,9 % à 42,5 millions d'euros, hors streaming et sonneries musicales. Il représente désormais 10,5 % du marché total de la musique enregistrée. Mais loin d'être optimiste, l'Observatoire de la Musique dénonce la très forte concentration du marché, qui ne profite qu'aux majors de l'industrie.

Nous avons souvent souligné la qualité remarquable du travail livré par l'Observatoire de la Musique, qui publie régulièrement état des lieux très détaillé et sans concession du marché de la musique en France et en Europe. Une véritable référence, qui montre qu'il existe encore des institutions indépendantes même lorsqu'elles sont au contact rapproché des industries musicales et de leurs lobbyistes. La dernière livraison ne fait pas exception.

L'Observatoire de la Musique a en effet publié son état de lieux de l'offre de musique numérique au premier semestre 2010 (.pdf), qui ne ménage pas les grandes maisons de disques et n'affiche pas d'optimisme béat sur les chances de succès de la riposte graduée. Il constate que le marché de la musique numérique est "déjà fermé, concentré au bénéfice de quelques acteurs de taille internationale qui n'ont de cesse d'élever les coûts d'entrée", et que "les accords a minima signés sont insurmontables financièrement, pour les PME européennes et françaises dont la valeur ajoutée parait infinitésimale". C'est toute la question de la licence de gestion collective d'abord approuvée par Nicolas Sarkozy, puis enterrée sous la pression des producteurs, et finalement remise à l'ouvrage par NKM.

Cette licence de gestion collective retirerait aux producteurs le droit de refuser qu'un marchand vende sa musique sur Internet. Les autorisations seraient délivrées d'office, selon des conditions financières égales déterminées par une commission, à la manière des redevances payées par les radios FM. "Certains répertoires locaux sont même refusés aux opérateurs locaux au prétexte que ce n'est pas négocié à l'international", critique l'Observatoire, qui constate que seuls les mastodontes mondiaux comme Apple, Google, Microsoft, et Amazon ont accès à tous les marchés.

L'étude pointe du doigt "une confrontation terrible pour les secteurs de production de contenus musicaux où perdurent des pratiques illisibles, voire inextricables du point de vue de l'usager qui ne retient que la lourde
contrainte du respect des droits de la propriété intellectuelle à leur désir de consommation et de partage
".

"L'inviolabilité de ce droit, condition sine qua non du droit de la création, ne saura trop longtemps être freinée par l'absence d'accords professionnels", tranche l'Observatoire. Manière de dire que l'effet de l'Hadopi ne durera pas longtemps si l'offre légale n'est pas suffisamment dynamique pour répondre aux besoins qui justifient le piratage.

Comme nous le craignons depuis de nombreuses années, ce qui nous avait amené à défendre la licence globale, le marché de l'offre légale connaît également déjà une concentration des catalogues, au détriment des labels indépendants qui souffrent d'une sous-exposition. "Alors qu'ils étaient présents sur 94% de sites au 1er semestre 2009, 83% au 2ème semestre 2009, les catalogues de labels indépendants ne sont plus présents que dans 75% des sites au 1er semestre 2010", constate l'Observatoire. La chute est vertigineuse. Plus rapide encore que la chute des ventes de disques, qui a justifié le plan ORSEC du gouvernement, autrement appelé Hadopi.

Les contenus créés par les utilisateurs eux-mêmes (UGC) reculent aussi. Sur la centaine de services audités, ce type de contenu a reculé de 37 % de présence sur les services au 1er semestre 2009 à seulement 13 % au 1er semestre 2010.

Publié par Guillaume Champeau, le 25 Octobre 2010 à 17h36
 
 
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Commentaires à propos de «L'Observatoire de la musique fustige la concentration de l'offre légale»
 
Grosse marade ! Si c'est pas une grosse baffe à l'industrie culculturelle, je sais pas ce que c'est.
Une institution qui fait toujours son travail, et elle continue et bien sur elle ne peut arriver qu'au même conclusion que toute personne censé a fait déjà avant qu'HADOPI soit voter. Suffit juste de pas se faire lobotomiser par les lobbys. En tout cas belle conclusion et juste, mais maintenant on fait quoi pour arranger ça
Une major restera toujours une major dans l'esprit. Prendre 90% des recettes et donner des broutilles aux artistes.
Rappel le bon temps du CD où les artistes ne percevaient qu'un pourcentage ridicule du pris DE GROS du CD !!!
ne pas oublier que leur but à tous est de faire du fric, rien d'autres! la protection des artistes n'est qu'une vaste fumisterie: l'arbre qui cache la forêt.
tout comme les radars automatiques qui sauveraient des vies sur les routes: une manne financière pour le gouvernement.
et on peut citer tout plein d'exemples...
La Licence de Gestion Collective ne satisfera personne ! la Sacem en 2007 a été de 759 millions d'euros et elle en a redistribué 643 aux artistes. La SACEM est elle-même une entreprise de gestion collective..vous aviez pensé à tout ( Jiwa ...) sauf à ça !! C'est un ersatz de la Licence Globale.
-Je jette le bouchon plus loin : "Penser que l'évolution technique et économique sera entièrement gérée grâce à la création d'une taxe et la mutualisation pilotée par des "organismes de gestion collective" ne me paraît pas raisonnable. Peut-être s'agit-il, avec la licence globale, d'une sorte de plan sidérurgie, une solution de transition pour aider le secteur de la musique à accomplir sa mutation ... mais les auteurs devront apprendre à vite se sortir des tentacules d'intermédiaires parasitaires & onéreux tels que les Majors & les FAI .
mais c'est viable comme l'affirme le directeur de la Spedidam :
http://pro.clubic.co...ent-viable.html
---------------------------
- Parlons aussi des monopoles que sont les Majors, qui ont tout acheté ou presque et ne diffusent que leurs produits :
. 97% des médias ne diffusent que 1% de la musique.
. sur 110 sociétaires de la Sacem ; seuls 3000 sont bien rémunérés avec les droits d'auteurs.
. "Sur un titre vendu 99 centimes sur Internet, l'artiste touche 3 ou 4 centimes. Comment justifier que les maisons de disques baissent dans leurs contrats les royalties que touchent les artistes sur les ventes en ligne de 25 à 50% par rapport à celles issues de la vente de disques?"
- Sur le marché, règnent l'offre et la demande . Comme dirait tout collectionneurs; ce qui est rare est cher . Mais devant le trop-plein d'offres artistiques; il faut créer artificiellement la rareté, en créant une série d'obstacles pour créer un "happy few" artificiel (formatage des productions, passages sélectifs dans les médias ...donc beaucoup d'appelés pour très peu d'élus & appauvrissement de la Création )pour "faire gonfler les prix" .
Je cite Numérama :" - le marché de la musique numérique est "déjà fermé, concentré au bénéfice de quelques acteurs de taille internationale qui n'ont de cesse d'élever les coûts d'entrée", et que "les accords a minima signés sont insurmontables financièrement, pour les PME européennes et françaises dont la valeur ajoutée parait infinitésimale"
- Foules sentimentales ; la mondialisation du show-biz est la conséquence logique du pouvoir de matraquage par l'Argent ! On s'est éloigné des 30 Glorieuses ...et l'arrivée du web modifie les comportements.
Le star-system tombe en décrépitude : j'ai écouté sur France-Info; ce matin Brian Ferry un hidalgo de 65 ans et une minette de 55 ans, Véronique Samson . S'ils continuent à conduire le changement; avec le regard constamment rivé sur le rétroviseur; ils ne regardent plus devant eux et finiront dans le fossé !
@AI23900
Faut-il que Bryan FERRY le créateur de Roxy MUSIC fasse du Lady Gaga pour donner l'illusion d'être "In"?
Heureusement non, le bougre a plus de talent.
Rien que pour cela, je vais acheter son CD pour qu'il percoive quelque argent. SI maintenant acheter un CD est un geste citoyen....
Je trouve également votre message très confus....
@Renaud045

Faut-il que Bryan FERRY le créateur de Roxy MUSIC fasse du Lady Gaga pour donner l'illusion d'être "In"?

Il ne faisait pas référence à ça, je pense plutôt qu'il faisait référence à la vision qu'à cet artiste du marché de la musique ... (ne pas prendre en compte l'évolution du marché et internet .. ect).

Rien que pour cela, je vais acheter son CD pour qu'il percoive quelque argent. SI maintenant acheter un CD est un geste citoyen....

Là encore je pense que la référence au CD était là surtout pour montrer la dérive de la vente en ligne ... Bref ce qu'il fallait retenir c'est que les artistes doivent se libérer des intermédiaires qui pompent tout sur leur passage.

Je trouve également votre message très confus....

Je suis d'accord là dessus -_-
Le rapport est intéressant,je conseille à tout le monde de le lire.D'ailleurs vous avez un tableau comparatif des offres légales à l'intérieur(streaming,téléchargement...).Et je vous offre en bonus ce lien: http://mp3storeguide.com/

L'impression que j'ai,c'st que les majors essaient de reproduire ce qu'ils ont fait dans la distribution physique(monopole des grandes enseignes au détriment des disquaires indépendants,"mise au pas" des radios pour imposer leur programmation...)
@Renaud045 :
- Ce n'était pas le but de l'intervention mais un "détail" pour amuser la galerie !
Cela prouve que le système des méga-stars, des hit-parades ...et du marketing show-biz est "grippé" depuis l'arrivée du web ! la vente de disques aussi décline..bien que les Majors bien installés, sont sursitaires des acquis de leur passé glorieux ...mais pourcombien de temps ?
Certains bluesman, jazzman sont encore plus vieux ...mais ils "assurent" encore sur scène ! Quel âge crois-tu qu'ont Jagger, Hallyday, Tom Jones, les Shadows, J.Clerc, Mitchell, D.Rivers, Vartan, Hardy, Dutronc, Delpech ...et bien d'autres qui ont dépassé l'âge légal de la Retraite en France ? ( mais ceux-là n'ont pas besoin de faire le décompte de leurs points pour vivre ! ).
Il n'y a plus de relève à ce système ...car Internet change le monde. Avec l'arrivée de la Licence Globale ; les gens pourront faire leur marché sur le web et choisir d'écouter avant d'enregistrer un titre et payer l'auteur en même temps ...donc plus de vedettariat ! D'ailleurs ces derniers ne vivent que de la scène; les disques ne sont qu'un outil promotionnel; car ça se vent de - en - ..., c'est tout !
Ce rapport c'est bien. Mais comme d'hab P. Nègre, D. El Sayegh, F. Riester et CONsorts vont se torcher avec...
Pour éviter la montée de la marée, ils s'enferment dans un château de sable. Comment feront-il pour éviter que les labels et artistes indépendants communiquent sur Internet, en mettant à disposition gratuitement ou à prix libre une partie de leur production?
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