Le site Hadopi.fr va-t-il dormir tranquille ? Après le Parti pirate, c'est au tour de certains Anonymous de déconseiller la moindre attaque DDOS contre le site web officiel de la Haute Autorité. Ces derniers craignent qu'une attaque informatique serve à justifier une politique plus répressive encore.

Prévue le 5 novembre prochain à 15 heures, l’attaque informatique contre le site Hadopi.fr risque bien de ne jamais avoir lieu. En effet, la page web dédiée à l’opération Payback, opération visant à mener des attaques DDOS contre les sites des ayants droit et de leurs soutiens, a été mise à jour. Désormais, un message indique que le site « Hadopi.fr veut que le DDOS survienne ! C’est un piège« .

Sur le compte Pastebin dédié à l’opération Payback, les responsables de ce mouvement expliquent les raisons les incitant à penser qu’une attaque DDOS contre Hadopi.fr serait une erreur. Selon eux, une attaque informatique contre ce site pourrait conduire à une riposte des autorités, grâce aux journaux de connexion Apache.

Dans un second temps, les Anonymous pensent que ces attaques seraient une occasion supplémentaire pour le gouvernement de défendre le principe d’une inspection profonde des paquets (DPI – Deep Packet Inspection) pour contrôler la nature des paquets transitant sur les réseaux des fournisseurs d’accès à Internet français. Une telle mesure pourrait compromettre.

« Si vous ne voulez pas être responsable du DPI et du filtrage d’Internet, ce qui conduirait finalement à une censure complète d’Internet, alors Hadopi.fr ne doit pas devenir une cible. Une attaque DDOS est ce qu’ils veulent, afin d’initier tout ce processus » est-il écrit. En somme, Hadopi.fr est une sorte de « pot de miel » informatique, dont la vulnérabilité servirait à piéger les pirates informatiques.

Dès la fin septembre, la Haute Autorité avait remarqué « un intérêt manifeste » pour ses serveurs, après avoir constaté plusieurs tentatives d’intrusions. Si le site n’a pour l’heure connu aucune attaque d’envergure, la Hadopi a néanmoins prévenu que l’infrastructure du site web était dimensionné pour encaisser un fort trafic naturel.

Le secrétaire général de la Haute Autorité, Eric Walter, avait également indiqué que le site n’était pas conçu pour résister à une attaque DDOS. Loin d’être anodine, cette phrase devait surtout éviter de réitérer la déplorable erreur de communication avec le site JaimeLesArtistes.fr. L’an dernier, le ministère de la culture avait affirmé sans trembler que le site était « super blindé« . Avec le résultat que l’on sait.

Rappelons enfin que le Parti pirate français a également lancé un appel au calme. « Alors que des attaques par DDOS contre les serveurs de hadopi.fr et TMG se préparent, nous appelons leurs futurs auteurs à la raison et à l’engagement citoyen et/ou politique. Nous ne cautionnons pas ces attaques vaines et contre-productives, qui amènent de l’eau au moulin de nos adversaires, qui stigmatisent déjà les internautes et les criminalisent » était-il écrit dans un communiqué.

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