Les attaques DDOS contre les sites des ayants droit et de leurs protecteurs se poursuivent. Cette fois, des coups ont été portés contre des sites web espagnols, sgae.es et promusicae.es. Signe que le conflit ouvert entre les partisans du mouvement Anonymous et les industries du divertissement n'est pas prêt de s'arrêter.

Ils avaient prévenu : « les attaques DDOS ne cesseront jamais« . Du moins, tant que les industries du divertissement n’entameront pas une véritable révolution copernicienne dans leur approche de la propriété intellectuelle, à l’heure où les usages évoluent grâce à l’explosion de l’espace numérique. Manifestement, les sympathisants du mouvement Anonymous tiennent pour l’instant leur engagement. Au risque de creuser un peu plus le fossé qui les sépare des ayants droit.

The Register rapporte en effet que des attaques distribuées par déni de service (DDOS) ont frappé deux sites espagnols, sgae.es et promusicae.es. Le premier, Sociedad General de Autores y Editores (SGAE), est l’équivalent de la SACEM espagnole tandis que le second représente la SNEP hispanique. Si le site de Promusicae est à nouveau accessible, le site de la SGAE semble encore hors-service.

« Nous avons été en contact avec les responsables de la SGAE afin de les informer » a expliqué Luis Corrons, directeur technique de PandaLabs, une société espagnole spécialisée dans la sécurité informatique. « Vu la façon dont les choses progressent, ça ne sera pas surprenant de voir des cyber protestations organisées pays par pays et ciblant différentes associations en charge de défendre le copyright« .

Depuis le mois de septembre, de nombreuses attaques DDOS ont été menées contre des organisations spécialisées dans la défense des intérêts des industries du divertissement. Si toutes les opérations n’ont pas abouties, elles ont néanmoins été symboliques dans le choix des cibles.

Parmi les sites sélectionnés, nous retrouvons la MPAA, la RIAA, Aiplex (une société indienne), ACS:Law, Davenport Lyons (deux cabinets d’avocats britanniques), l’AFACT (organisation anti-piratage australienne), la BPI (le SNEP britannique), Copyright Alliance ou encore ACAPOR (la MPAA portugaise). Visiblement, il faut désormais rajouter la SGAE et Promusicae à cette longue liste.

En France, les deux cibles potentielles sont le site de Trident Media Guard (TMG), l’entreprise chargée de collecter les adresses IP dans le cadre de la riposte graduée, et le site récent de la Hadopi. Une première tentative d’attaque DDOS contre TMG « n’a pas été couronnée de succès« , selon des sources proches de la mouvance Anonymous. Mais ils avaient averti que « nous les viserons probablement à l’avenir« .

A priori, une opération est programmée le 5 novembre contre le site de la Hadopi. Il est difficile de savoir pour l’heure si elle aura effectivement lieu. Le Parti pirate français a néanmoins appelé à la raison. « Nous ne cautionnons pas ces attaques vaines et contre-productives, qui amènent de l’eau au moulin de nos adversaires, qui stigmatisent déjà les internautes et les criminalisent » était-il écrit dans un communiqué.

Une chose est sûre, la communication de la Hadopi a radicalement changé depuis l’attaque DDOS qui était survenue l’an dernier contre le site J’aime les Artistes. À l’époque, le site avait été décrit comme étant « super blindé ». Une assertion qui avait passablement agacé certains internautes, puisque J’aime les Artistes fut rapidement hors service sous leurs assauts. Cette fois, le site est présenté comme capable de « recevoir un afflux très important de visiteurs naturels« .

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