Le cabinet d'avocats britannique ACS:Law, qui a envoyé plus de 11 000 demandes de paiement de dédommagements à des internautes suspectés d'avoir téléchargé illégalement des oeuvres sur Internet, s'est fait pirater ses e-mails.

L’affaire rappelle celle qui avait provoqué la déchéance de MediaDefender aux Etats-Unis il y a trois ans ans presque jour pour jour. La société américaine spécialisée dans la collecte des adresses IP sur les réseaux P2P s’était fait pirater plus de 700 Mo de correspondance, distribuée sur BitTorrent. Ce week-end, c’est le cabinet d’avocats britannique ACS:Law qui est victime du même scénario. Il est réputé pour avoir mis sur pieds un business model basé sur une forme de chantage exercé sur les internautes suspectés de piratage. Ces abonnés à Internet reçoivent un courrier qui leur demande de payer plusieurs centaines d’euros s’ils veulent éviter de se retrouver au tribunal et d’être condamné à une peine beaucoup plus sévère. La pratique fait l’objet d’une enquête disciplinaire, mais des hackers du groupe Anonymous de 4Chan ont décidé de se venger eux-mêmes.

Le cabinet ACS:Law avait fait l’objet ces derniers temps d’attaques DDOS, visant à rendre son site Internet inaccessible. L’attaque a fonctionné, et c’est avec une heureuse surprise que des hackers ont découvert en lieu et place du site Internet un lien permettant de télécharger une sauvegarde du site. Ils y alors trouvé les logins et mots de passe permettant d’accéder aux données sensibles de la firme, en particulier ses e-mails. Ils ont donc téléchargé l’ensemble, et distribué sur The Pirate Bay l’archive de 365 Mo, déjà reprise et redistribuée sous différentes formes.

Le blog spécialisé TorrentFreak, qui a commencé l’examen des e-mails, rapporte qu’ils contiennent, outre des informations parfois très personnelles, beaucoup d’informations notamment financières sur les activités d’ACS:Law. « Presque tous les e-mails tournent autour de l’argent. De l’argent demandé, de l’argent transféré d’une société à une autre. Des e-mails promettant à des employés davantage d’argent s’ils font ci ou ça. Des e-mails à des sociétés qui leur indiquent combien d’argent elles peuvent gagner en devenant partenaire de tout cela« , résume-t-il.

Les courriers confirment que les lettres de menaces rapportent gros. Selon les relevés financiers trouvés par TorrentFreak, ACS:Law aurait reçu plus de 636 000 livres sterling (747 000 euros) de chèques signés par les internautes contactés. En moyenne, 30 % des abonnés qui reçoivent une lettre de menace payent la somme demandée – entre 350 et 700 livres sterling – qui est alors répartie entre le cabinet, l’ayant droit et la société chargée de collecter les adresses IP. 40 % des internautes ne répondent pas, et les 30 % restants répondent pour contester les allégations, qui sont alors examinées au cas par cas.

Mais le plus gênant est surtout sur le fond. Les e-mails montrent un certain acharnement à vouloir obtenir les paiements d’internautes parfois très peu solvables, quitte à proposer des facilités de paiement à quelques dizaines d’euros par mois, même lorsque les infractions sont contestées et les preuves peu fiables. Dans la même journée, Andrew Crossley se vante de tout l’argent que lui rapporte ce petit commerce très lucratif, et se demande quel modèle choisir pour la voiture de sport qu’il veut s’offrir…

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