Hadopi défendue dans un livre par l'ancien directeur de cabinet d'Albanel
Guillaume Champeau -
publié le Vendredi 10 Septembre 2010 à 12h27 -
posté dans Société 2.0
![]() "Une bourde épouvantable, lourdement médiatisée, dont les conséquences ont été fort malheureuses pour la personne concernée". C'est par ces mots que Christophe Tardieu, l'ancien directeur de cabinet de Christine Albanel qui avait provoqué le licenciement d'un employé de TF1, revient dans son livre "Internet et libertés" sur ce dommage collatéral de sa défense, toujours vigoureuse, de la loi Hadopi et de la riposte graduée.
Le livre est une compilation des poncifs les plus affligeants, argumentés avec la rigueur intellectuelle et scientifique d'une huitre. L'auteur livre ses affirmations en brut, sans jamais les sourcer, comme lorsqu'il reprend sans la nommer les chiffres de l'Association de Lutte contre la Piraterie Audiovisuelle (ALPA), sur les fameux 450 000 films piratés chaque jour ("chaque fois qu'un spectateur se rend dans une salle obscure, un pirate tapi dans l'ombre, assis devant son ordinateur, se procure un film illégalement"). Entre autres et innombrables illustrations de la pauvreté universitaire du livre, il ne lui faut que quatre petites phrases pour affirmer par un calcul on ne peut plus grossier et incohérent qu'il faudrait que l'abonné à Internet paye "pas loin de 15 euros de plus par mois" pour une licence globale, qui serait "une catastrophe majeure" à même de "faire disparaître le droit d'auteur". Alors que le livre prétend justifier l'Hadopi en l'opposant à la licence globale, les cinq pages - écrit en gros - consacrées à cette dernière témoignent guère d'une réflexion profonde ayant mené à son rejet. L'idée transversale défendue par Christophe Tardieu est simple. Il faut résister à la tentation séduisante de l'échange libre et gratuit sur Internet, et se discipliner par sa propre bride. "Passée l'ivresse que procure un accès potentiellement illimité, l'Etat n'a-t-il pas l'impératif de promouvoir une utilisation raisonnable voire raisonnée de la Toile ? (...) Les protections dont on entoure son ordinateur devraient-elles s'arrêter aux virus ? Ne concernent-elles pas aussi l'histoire, l'éthique, l'intimité, tous les grands ordres qui font le sens de la vie, et que l'on nomme communément la culture ?". Ainsi pour l'auteur, "la solution idéale résiderait dans un mécanisme de filtrage : les oeuvres seraient "marquées" ou "tatouées" électroniquement ce qui interdirait tout téléchargement illicite". Il regrette que les FAI s'y refusent, et y voit là "un beau sujet de réflexion pour les pouvoirs publics". Tardieu estime qu'à défaut, il faut au moins par la riposte graduée "inciter les internautes à s'équiper de logiciels pare-feu qui bloquent l'accès aux systèmes de peer-to-peer" (il ignore totalement que le P2P sert aussi à l'échange de contenus licites). "Ces logiciels pare-feu sont parfaitement efficaces. Certains sont mêmes gratuits", se félicite-t-il, sans citer OpenOffice en exemple. L'envoi d'avertissements est pour lui une bonne méthode pour inciter les internautes à se brider eux-mêmes. "Une heure d'attente à la Poste pour récupérer un courrier peut en effet représenter une incitation à cesser certaines pratiques et s'avérer plus efficace que d'hypothétiques sanctions pénales", écrit-il. Il faut aussi vanter les avantages de la protection. "Que se passera-t-il si l'accès Wifi non protégé d'un abonné de bonne foi est utilisé pour commander des produits stupéfiants, consulter des photos ou des vidéos pédophiles ou pour "chatter" sur un site néo-nazi ?". Pour légitimer la riposte graduée, Christophe Tardieu n'hésite pas à verser dans le larmoyant. "Il y a aussi des standardistes, des magasiniers, des techniciens, des secrétaires dont les emplois sont détruits à cause de la piraterie. Que faut-il dire à ces salariés qui connaissent, les uns après les autres, le chômage ? Désolé, on y n'y peut rien, des internautes ont pris l'habitude de se servir sans payer ?", demande-t-il. Peut-être devrait-il (re)lire Schumpeter. En fin d'ouvrage, Tardieu milite pour une taxe Google qui viendrait alimenter un fonds de soutien à la musique, vante les mérites de la publicité pour financer la création, espère voir se développer les systèmes d'abonnement, et plaide pour une baisse de la TVA sur les biens culturels numériques. Mais toute sa philosophie se résume en cette petite phrase glissée dans la conclusion : "la gratuité signifie que le produit culturel n'a plus de valeur". Toute la valeur culturelle perçue par la seule valeur marchande. Si le prix fait la valeur, alors les 4 euros que coûte Internet et Libertés sont sans doute encore trop chers. à lire aussi
Prix indiqués avec livraison
109
Commentaires à propos de «Hadopi défendue dans un livre par l'ancien directeur de cabinet d'Albanel»
Mais qu'est-ce qu'il fout ce livre au CNRS ? Ce quoi ce bordel ?
Ce mec doit retourner à l'école pas devant les prix Nobel ! Qui est le con qui a fait cette blague idiote au CNRS ? Une honte ! j ecrierai un livre sur l astrophysique ça donnerai le meme resultat
remarque ,ce gars c est peut etre juste le nègre à sarko pour écrire autant de conneries "Si le prix fait la valeur, alors les 4 euros que coûte Internet et Libertés sont sans doute encore trop chers."
Dommage que les prix ne peuvent pas être négatifs. XD Et puis flute à la fin, ce n'est pas du piratage mais de la contrefaçon et du téléchargement illégal. Ah mais quel bande d'illétrés ! Voir un tel "truc" dans les éditions CNRS, ça donne envie d'envoyer une tripotée de mail pour leur demander s'ils se sont pas fait une blague entre pote... Il suffit de citer la dernière phrase de l'article pour comprendre l'absurdité de ce "machin"...
"la gratuité signifie que le produit culturel n'a plus de valeur"
"Ces logiciels pare-feu sont parfaitement efficaces. Certains sont mêmes gratuits"
La culture à plus de valeur que les logiciels informatiques... Donc la connaissance ne vaut rien Je comprend mieux pourquoi ces types croient que Internet devrait être à leur botte ! J'aimerais pas être le fils à Tardieu dans la cour de l'école, la honte totale.
Remarquez ce blaireau doit mettre ses gamins à l'école avec Christine Anéfé, Frank Riester, Woerth et autres membres distingués de notre belle Sarkozie en perdition. On peut avoir l'adresse email du mec du CNRS qui a validé la publication de cette BOUZ ? "Que se passera-t-il si l'accès Wifi non protégé d'un abonné de bonne foi est utilisé pour commander des produits stupéfiants, consulter des photos ou des vidéos pédophiles ou pour "chatter" sur un site néo-nazi ?".
Ding et 1 point Godwin, merci d'avoir joué avec nous, vous pouvez repasser en 2ème semaine. Le pire étant que le CNRS (comme le disait Guillaume) se mette à faire son pain blanc avec ce genre de pamphlet beaucoup trop politisé (ils sortent le bouquin pas loin du débat de la LOPPSI sur le filtrage, tiens tiens...). Les arguments de toute façon seront toujours les mêmes (destruction d'emplois, création mise à mal pour la partie sensiblerie, et la peur du gendarme, du juge, de la coupure, du casier pour la partie coercitive). La guerre sur la plan législatif étant quasiment finie, la guerre de communication elle se poursuit (surtout que de nombreuses démos juridiques présentes ici ou sur Pcinpact prouvent bien la couac complet et l'inapplicabilité du système dans sa globalité, préférant jouer sur un climat de peur afin de mettre tout le monde dans le rang). On a encore beaucoup à lire et à voir sur le dossier Hadopi/Loppsi/Arjel (qui ne sont qu'une même entité technique et politique à mon sens). A la limite seule l'ACTA aurait pu changer la donne pour les fanas du contrôle, mais sa version "Washington Lite ++" en réduit le potentiel, tout du moins chez nous, après, ce sera aux états de choisir la voie, le notre à déjà pris position (à quel prix, et surtout pour quelle efficacité réelle) : NE CEDEZ PAS A LA PEUR!
"Il y a aussi des standardistes, des magasiniers, des techniciens, des secrétaires dont les emplois sont détruits à cause de la piraterie. Que faut-il dire à ces salariés qui connaissent, les uns après les autres, le chômage ? Désolé, on y n'y peut rien, des internautes ont pris l'habitude de se servir sans payer ?"
On a enfin l'explication du chomage en France ! Je me disais aussi que ca ne popuvait pas etre les delocalisations en Chine ou autre pays à main d'oeuvre corveable à merci pour 50 euros par mois. Raminagrobizz, le 10/09/2010 - 12:41
(...) En tout cas cela me conforte dans l'idée que l'opposition à la licence globale est avant tout d'ordre idéologique, et non liée à une difficulté de la mettre en place (si une vraie volonté dans ce sens existait). Donc Tardieu devrait reformuler sa phrase en: "l'accès des masses à un éventail culturel plus large voire illimité signifie que le produit culturel n'a plus de valeur" (la rareté fait la valeur, M. confond ici le métal précieux avec la culture). D'ailleurs, il fait très fort en mettant "produit", "culturel" et "valeur" dans la même phrase ... Les tatouages numériques ? Une archive zip cryptée et le tatouage est invisible, ça ne prend même pas 30 secondes. D'ailleurs, même pas besoin, les échanges sur Gnutella sont cryptés par défaut, donc le tatouage est invisible.
Et il prône HADOPI, une usine à gaz qui ne peut pas marcher, pour laquelle ils se sont fait retoquer par le Conseil Constitutionnel qui s'est basé sur la Déclaration de l'Homme et du Citoyen, excusez du peu, et il parle d'être "raisonnable" ? Dire que c'est des comiques dans ce genre qui ont pondu HADOPI... "Que se passera-t-il si l'accès Wifi non protégé d'un abonné de bonne foi est utilisé pour commander des produits stupéfiants, consulter des photos ou des vidéos pédophiles ou pour "chatter" sur un site néo-nazi ?".
Ding et 1 point Godwin, merci d'avoir joué avec nous, vous pouvez repasser en 2ème semaine. En tout cas il n'est pas faut ton point godwin il pose une bonne question c'est donc un point conte double. Kad, le 10/09/2010 - 13:18 Ne tombez pas dans les insultes svp.Ba faut dire qu'il fait tout pour ca le gars Tardieu la quand meme fourden, le 10/09/2010 - 13:27 "Il y a aussi des standardistes, des magasiniers, des techniciens, des secrétaires dont les emplois sont détruits à cause de la piraterie. Que faut-il dire à ces salariés qui connaissent, les uns après les autres, le chômage ? Désolé, on y n'y peut rien, des internautes ont pris l'habitude de se servir sans payer ?" On a enfin l'explication du chomage en France ! Je me disais aussi que ca ne popuvait pas etre les delocalisations en Chine ou autre pays à main d'oeuvre corveable à merci pour 50 euros par mois. pareil
|
A LA UNE
LES + COMMENTÉS
12 offres à partir de 213 €
11 offres à partir de 544 €
2 offres à partir de 379 €
Télécharger
total video converter,
msn messenger,
logiciel alcatel,
avast,
windows live messenger,
dvb dream,
bittorrent emule islande,
bittorrent emule island,
Accès rapide :
Lecteur audio et vidéo |
Graver ou numériser |
Communication |
Encoder ou convertir |
Personnalisation |
Diagnostic |
eMule (et mods eMule) |
|
donc si on suit sa logique...
- L'air qu'on respire n'a aucune valeur.
- Les soins médicaux n'avaient aucune valeur jusqu'à ce qu'ils ne soient plus intégralement remboursés.
- La nourriture que les restos du coeur offrent n'a aucune valeur.
- Le JT de TF1 n'a aucune valeur (quoi que ça...)
En tout cas cela me conforte dans l'idée que l'opposition à la licence globale est avant tout d'ordre idéologique, et non liée à une difficulté de la mettre en place (si une vraie volonté dans ce sens existait).