Loppsi : le filtrage sans contrôle judiciaire adopté au Sénat
Guillaume Champeau -
publié le Jeudi 09 Septembre 2010 à 01h40 -
posté dans Télécoms
![]() Mercredi soir, les sénateurs ont adopté l'article 4 du projet de loi Loppsi, en donnant à l'autorité administrative le pouvoir de transmettre aux FAI une liste de sites à bloquer, sans contrôle judiciaire. Lors de l'examen du projet de loi Loppsi, les sénateurs ont voté mercredi soir l'article 4 sur le filtrage tel qu'il avait été modifié par la commission des lois. En séance plénière, les sénateurs n'ont pas rétabli l'obligation de recourir au juge avant toute mesure de filtrage, comme l'avaient prévu les députés. Le texte voté dit ainsi que "lorsque les nécessités de la lutte contre la diffusion des images ou des représentations de mineurs présentant un caractère manifestement pornographique le justifient, l'autorité administrative notifie aux [fournisseurs d'accès à Internet] les adresses électroniques des services de communication au public en ligne contrevenant aux dispositions de cet article, auxquelles ces personnes doivent empêcher l'accès sans délai". Il est donc imposé aux FAI une obligation de résultat, sans contrôle judiciaire, puisque l'administration transmettra directement la liste des sites à bloquer aux opérateurs. On notera cependant que le projet de loi ne prévoit aucune sanction à l'encontre des fournisseurs d'accès qui ne se plieraient pas à la demande, ou qui ne parviendraient pas à bloquer efficacement l'accès aux sites visés. Les sénateurs ont par ailleurs durci le texte, en adoptant l'amendement de M. Détraigne qui dispose que "lorsque le caractère pornographique n'est pas manifeste, l'autorité administrative peut saisir l'autorité judiciaire qui statue sur l'interdiction de l'accès aux adresses électroniques mentionnées au présent alinéa". Présenté comme un compromis, l'ajout fait pire que mieux. Il ouvre en effet la possibilité d'obtenir le filtrage lorsque la pédopornographie n'apparaît pas manifeste, et ne donne qu'à la seule autorité administrative la possibilité de saisir le juge en cas de doute. Les fournisseurs d'accès qui ne seraient pas d'accord avec le caractère "manifeste" d'un contenu pédopornographique n'ont, eux, pas la possibilité de saisir une juridiction. Tel qu'il a été voté, et s'il n'est pas corrigé en commission mixte paritaire, l'article 4 pourrait cependant risquer la censure du Conseil constitutionnel, s'il suit sa jurisprudence établie lors de la loi Hadopi 1. Dans son avis du 10 juin 2009, le Conseil constitutionnel avait en effet accepté que les ayants droits puissent demander des mesures de filtrage aux FAI, mais uniquement auprès des tribunaux garants de l'équilibre des droits fondamentaux. Il avait ajouté que "les atteintes portées à l'exercice de cette liberté (d'expression et de communication) doivent être nécessaires, adaptées et proportionnées à l'objectif poursuivi". à lire aussi
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Commentaires à propos de «Loppsi : le filtrage sans contrôle judiciaire adopté au Sénat»
en espérant la gauche saisisse le CC en montrant du doigts le filtrage.(pour l'arjel il me semble qu'ils ne l'ont pas fait)
Je constate avec une certaine satisfaction (mouarf !) que mes voeux ont été entendus par les sénateurs
Puisque le caractère pornographique n'est pas manifeste, un juge posera ses yeux sur mon commentaire avant de décider s'il convient de mettre à l'index Numerama cf: http://www.numerama....ost__p__1243916 Quelqu'un peut me rappeler les conclusions de la première loi Hadopi par le conseil constitutionnel ? J'ai la curieuse impression que la mémoire flanche dans on devient sénateur...
En espérant que les députés gardent les yeux ouverts lors du passage de la Loppsi. Dans le genre suggestif et imprécis, la rédaction de l'article 4, c'est du délire.
Mais le plus drôle, c'est que les FAI n'ont pas de sanction pour ne pas obtempérer ni aucun recours. Mouais... C'est quoi l'utilité de faire une loi aussi mal fichue ? Ils sont déjà séniles nos sénateurs ? VoidDragon, le 09/09/2010 - 07:13 Ils sont déjà séniles nos sénateurs ?Non ils ne sont pas séniles, mais ne connaisse pas internet pour les 3/4. Arkados, le 09/09/2010 - 02:23 Puisque le caractère pornographique n'est pas manifeste, un juge posera ses yeux sur mon commentaire avant de décider s'il convient de mettre à l'index Numerama Ah ben je comprend pourquoi ce matin on a une charment demoiselle en petite tenue en arrière fond... - une loi répressive illusoire ; mais qui inaugure un précédent dangereux pour toutes leurs lois anti-web qui suivront ....
pour ceux qui seraient passé à coté , http://www.numerama....ure-du-net.html Avec ça quand on a l assurance que le site n est pas tombé ya plus qu à aller dessus avec un proxy
Al29300, le 09/09/2010 - 08:12 - une loi répressive illusoire ; mais qui inaugure un précédent dangereux pour toutes leurs lois anti-web qui suivront ....+1 , jusqu où ça va aller dans le délire pendant encore 1 an et demi , mystère Vous remarquerez une chose, pas de sanctions prévues pour les FAI s'ils ne bloquent pas l'accès aux sites pédopornographiques. Alors qu'une ammende est prévue pour les FAI s'il ne bloquent pas l'accès aux sites de paries en ligne illégaux, ou s'ils ne transmettent pas l'IP des internautes flashés par TMG.
Quand on sait que tout ça (filtrage, blocage...) a commencé en nous sortant l'arguement sécuritaire des pedophiles et nazis cachés sur le net... Ceci est une preuve de plus (s'il en fallait une de plus...) qu'on s'est bien foutu de nous dès le départ. Et que tout ça n'est qu'un pretexte pour contrôler le net. question stupide de droit , par exemple le siège social de numé est à Paris les serveurs au luxembourg , ça peut etre coupé par dédé la censure ou impossible parce que serveurs à l etranger ???
Les fournisseurs d'accès qui ne seraient pas d'accord avec le caractère "manifeste" d'un contenu pédopornographique n'ont, eux, pas la possibilité de saisir une juridiction.
Ce n'est pas le rôle des fournisseurs de juger du contenu d'un site. Ils ont un rôle de transmetteur de contenu, pas de lecteur ou de critique sur le contenu. Tu ne peux pas à la fois demander aux FAI d'assurer la neutralité d'Internet et en même temps leur demander de contester (ou pas selon leur bon vouloir) une décision administrative ou judiciaire. Par contre, rien n'empêche le propriétaire du site de contester s'il jamais il juge la décision administrative abusive. Maintenant, je ne vois pas ou est le "pire que mieux" : - si c'est manifeste (est-il besoin de vous faire un dessin pour comprendre ce que cela veut dire), l'autorité administrative fait stopper tout de suite. - si c'est litigieux, l'autorité administrative demande à un juge de statuer. Et tout cela n'empêche bien entendu pas des mesures judiciaires contre les propriétaires et les clients de tels sites. Alors qu'une ammende est prévue pour les FAI s'il ne bloquent pas l'accès aux sites de paries en ligne illégaux
Où çà ? Peux-tu nous citer l'article qui prévoir une amende pour le FAI ? http://www.legifranc...4510&dateTexte= On notera cependant que le projet de loi ne prévoit aucune sanction à l'encontre des fournisseurs d'accès qui ne se plieraient pas à la demande, ou qui ne parviendraient pas à bloquer efficacement l'accès aux sites visés.
Et alors ? Est-ce que cela a empêché le TGI de demander de Paris d'imposer aux FAI de bloquer stanjames.com sous astreinte de 10.000 euros par jour de retard ? http://www.legalis.net/ On le savait déjà, qu'ils voulaient juste contrôler le Net. Ceci dit, je pense que l'absence de sanction pour les FAI qui ne parviendraient pas à bloquer efficacement tel ou tel contenu a une raison d'être toute simple: essayer de limiter la cagade que créerait un blocage effectif et intransigeant comme les Australiens ont voulu le tenter. Parvenir a bloquer un contenu a souvent eu pour conséquence de bloquer tout un tas de trucs parfaitement kasher dans la foulée. Les FAI en voudront pas en arriver là et je pense que dans certains cas ils préfèreront ne pas bloquer le contenu incriminé tout en faisant remonter l'info pour qu'à la source, chez l'hébergeur, le contenu caca soit liquidé.
Vous savez, la *suppression* de l'objet du délit, ce truc que les Allemands font et qui marche très bien, à la différence du filtrage façon cafetière de Nico Jobi et Brice Joba, nos deux expulseurs de roulottes nationaux. C'est ce que je dis toujours: la caractéristique française c'est de recopier à retard les mauvaises idées d'autres nations, les plans foireux qui ne marchent pas, en se disant que nous, parce qu'on est français cocorico, on va y arriver vachement plus mieux. Pendant ce temps, juste à côté, le Bâilleur Dominique applique une méthode qui marche, mais après tout il a sûrement tort: il n'est pas français, après tout. Nous on est tellement baths avec no supercyberflics. "S'il existe une manière de mourir que je trouve particulièrement ridicule, c'est l'overdose d'autosatisfaction". (The X-Files) Putain mais cette vermine politicienne et ventripotente n'a décidément aucune idée de ce que sont les libertés publiques.
@speed : pour moi l'autorité bloquera l'URL et c'est tout.
En espérant que le CC bloquera tout cela. question stupide de droit , par exemple le siège social de numé est à Paris les serveurs au luxembourg , ça peut etre coupé par dédé la censure ou impossible parce que serveurs à l etranger ???
1) la censure ne s'appelle pas dédé, mais anastasie. 2) le but ultime de tout cela n'est pas de filtrer les sites, mais d'arrêter les auteurs de tels sites. La "censure" comme tu dis, est juste un moyen d'empêcher la diffusion des images. Donc, dans le cas que tu cites, non seulement il y aurait une mesure administrative de filtrage du site par les FAI français même s'il est situé au Luxembourg, mais également (et surtout) une action judiciaire contre les auteurs du site en France. Il faut également arrêter de raisonner franco-français. La police s'est adaptée et il y a de plus en plus d'actions menées conjointement par plusieurs polices de différents pays. Dans le cas que tu cites, il est probable qu'il y aurait également une coopération forte entre la police française et luxembourgeoise (cf la récente opération anti-pirates menée simultanément par les polices de 14 pays différents). Furry, le 09/09/2010 - 02:14 en espérant la gauche saisisse le CC en montrant du doigts le filtrage.(pour l'arjel il me semble qu'ils ne l'ont pas fait)Ne rêve pas, sur ce coup la gauche va baisser son froc. àa fait un moment qu'ils ne savent pas lancer un débat intelligent, et si on réfléchit de façon crétine, s'opposer au filtrage ça veut dire soutenir les crimes pédophiles. l informatique professionnelle au sens tres large du terme ( data center , pme , start up , etc etc ) ne risque elle pas de se délocaliser dans des démocraties avec son lot de futurs chomeurs que ça implique , bref comment tuer un secteur qui aurait pu aider economiquement ce qui reste de la france ( pays qui s est tres fortement désinsdustrialisé ces derniers temps )
malaga, le 09/09/2010 - 09:38 Ce n'est pas le rôle des fournisseurs de juger du contenu d'un site.A partir du moment où on exige d'eux qu'ils bloquent un site, il devraient avoir la possibilité de s'y opposer. C'est de bonne justice. Mais je suis bien sûr d'accord qu'il faudrait aussi que les sites eux-mêmes puissent s'y opposer. malaga, le 09/09/2010 - 09:38 Maintenant, je ne vois pas ou est le "pire que mieux" : - si c'est manifeste (est-il besoin de vous faire un dessin pour comprendre ce que cela veut dire), l'autorité administrative fait stopper tout de suite. - si c'est litigieux, l'autorité administrative demande à un juge de statuer. Et tu laisses à la seule administration le soin de dire si c'est manifeste ou pas. C'est avoir beaucoup de foi dans l'Etat de croire qu'il n'y aura jamais d'abus. malaga, le 09/09/2010 - 09:38 Et alors ? Est-ce que cela a empêché le TGI de demander de Paris d'imposer aux FAI de bloquer stanjames.com sous astreinte de 10.000 euros par jour de retard ?Comme tu le dis toi-même c'est le TGI qui a pu imposer des astreintes. Là on est en matière administrative, sans recours judiciaire, et sauf erreur de ma part ce pouvoir d'astreinte n'existe pas s'il n'est pas prévu par la loi.
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