Mise à jour : interrogée par Aude Baron pour Le Post, une responsable du Parti Socialiste s’est montrée très agacée par le questionnement. « Je n’ai pas écouté le générique dont vous parlez mais si c’est un plagiat, les ayants droits n’ont qu’à nous faire un procès« , répond-t-elle sèchement. Elle ne veut pas même se renseigner, car Jean-Jacques Nyssen « a des affaires personnelles à régler« , et « je défendrai becs et ongles Jean-Jacques Nyssen. Ce n’est pas un plagiat, j’en suis sûre« . Après écoute, elle reconnaît juste une « parenté dans le rythme, mais c’est tout« .

L’UMP n’a sans doute pas le monopole des bourdes en matière de droits d’auteur, et l’on ne peut que s’en féliciter, comme nous l’avions fait lorsque le parti majoritaire s’est embourbé dans une série de violations de la propriété intellectuelle. En effet, plus les formations politiques dominantes seront accusées de contrefaçon, plus les parlementaires réaliseront peut-être qu’il est temps de revoir le régime des droits d’auteur pour y apporter plus de souplesse.

Aujourd’hui, c’est le nouvel hymne du Parti Socialiste, baptisé « Il est temps« , qui fait polémique. Le site du parti d’opposition indique que la chanson a été « proposée au PS par l’auteur-compositeur-interprète Jean-Jacques Nyssen, qui a notamment travaillé avec Clarika« , et que le PS a soutenu sa production. L’artiste lui-même met l’hymne en première page de son site Internet, et se présente comme « auteur-compositeur du nouvel hymne du parti socialiste« , « révélé lors de la convention sur la rénovation du parti le samedi 3 juillet« .

Mais grâce à Twitter (et aussi dans l’entourage de Guy Birenbaum au Sarko-Info) on découvre qu’il s’agirait en fait d’un plagiat du générique de la série L’Autobus à impériale (Here Come the Double Deckers). La série britannique de 17 épisodes de 20 minutes avait été diffusée d’abord entre le 8 janvier 1971 et le 30 avril 1971 sur le réseau BBC One au Royaume-Uni, et en France sur la première chaîne de l’ORTF en 1972.

Il ne nous appartient pas de dire s’il y a effectivement plagiat, mais on peut déceler tout de même une certaine ressemblance (voir ci-dessous) qui ne doit sans doute rien au hasard. Elle peut être totalement fortuite, puisque l’on ne crée jamais de rien mais toujours à partir de souvenirs même profondément enfouis dans la mémoire. Ou cachée, parce qu’inavouée.

Quel que soit le scénario, il ne devrait pas dans une société équilibrée y avoir de problème à reprendre une chanson éditée il y a 40 ans. Mais avec le droit d’auteur actuel, rien ne sera légalement possible sans l’autorisation des héritiers avant 2069, l’auteur-compositeur Ivor Slaney étant décédé en 1998 (les œuvres restent protégées 70 ans après la mort de l’auteur).

Ce droit d’auteur interminable, qui nie la nécessaire inspiration des artistes, fait que certains – et l’on ne dit pas que c’est le cas de Jean-Jacques Nyssen – « oublient » de créditer leurs sources, en espérant passer entre les mailles du filet et n’être jamais découverts. Ce qui, paradoxalement, nuit au droit d’auteur.

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