Prendrait-elle peur de voir sa communication mondiale en faveur de la riposte graduée bafouée par une bande d’insolents chercheurs bretons ? Trois longues semaines après la publication de l’étude de l’Université de Rennes et M@rsoin qui évoquait une progression de 3 % du piratage depuis la promulgation de la loi Hadopi, la Fédération Internationale de l’Industrie Phonographique (IFPI) a décidé de réagir.

Dans un communiqué publié ce mardi, l’organisation qui représente les majors de l’industrie musicale dans le monde estime que la publication des résultats était « prématurée« .

« Ca n’a aucun sens de suggérer qu’une étude conduite avant que l’Hadopi n’ait envoyé une seule lettre à un seul utilisateur (violant les droits d’auteur) puisse constituer un quelconque jugement définitif sur le succès ou non des lois anti-piratage en France« , a ainsi déclaré John Kennedy, le président de l’IFPI. L’organisation rappelle que l’étude n’était basée que sur le questionnement d’un échantillon de 2000 Bretons, non représentatif de toute la population française, et uniquement basé sur les propres déclarations des utilisateurs. Un point que nous avions nous-même soulevé pour émettre des réserves sur l’interprétation des résultats.

L’IFPI n’a donc pas foncièrement tort, mais ce qui est étonnant c’est cette envie soudaine de dénigrer l’étude, trois semaines après sa publication, bien après que les médias internationaux s’en soient emparés.

Pourquoi revenir dessus aujourd’hui ?

Dans le même communiqué, John Kennedy tient à soutenir le gouvernement français qui a été « pionnier » dans « l’approche moderne » de la riposte graduée. Il dit que l’étude n’est que « pure spéculation » qui ne devrait pas remettre ces efforts en question.

Peut-être l’IFPI a-t-elle pris conscience que les premiers mails pourraient ne jamais arriver, et souhaite par ce communiqué remotiver un gouvernement français en proie à des doutes après l’impact médiatique de cette étude, et des résultats électoraux qui ont mis en évidence l’impact de l’Hadopi auprès de l’électorat internaute ? Ou craint-elle que les autres démocraties abandonnent leurs projets de riposte graduée en constatant déjà l’échec de l’exemple français ?

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