Si le haut débit touche désormais plus de 18,8 millions d’internautes (dont 95 % en ADSL) dans l’Hexagone, tous ne bénéficient malheureusement pas des mêmes débits Internet. Pour de nombreux Français, le haut débit est encore synonyme d’une connexion stagnant entre 512 Kbits/s et 2 Mbits/s, les privant d’offres pouvant atteindre jusqu’à 20 Mbit/s. La plupart du temps, ces faibles débits s’expliquent par une trop grande distance entre l’abonné et son répartiteur téléphonique.

Pour remédier au problème des zones grises (les zones blanches concernant des régions n’ayant aucun accès haut débit), une solution envisageable serait de déployer de nouveaux répartiteurs téléphoniques, en sollicitant l’aide financière des collectivités territoriales. De cette façon, les zones grises profiteraient d’un débit nettement plus important. Cependant, l’Autorité des télécoms a mis le holà en publiant hier des recommandations pour la montée en débit.

Tout dépend du déploiement de la fibre optique. En effet, « dans les zones où le déploiement du FTTH est prévu à court ou moyen terme (3 à 5 ans), l’ARCEP recommande aux acteurs publics et privés de ne pas déployer de solutions intermédiaires de montée en débit et de concentrer leurs efforts et leurs moyens sur ces déploiements de réseaux à très haut débit FTTH » explique le gendarme des télécoms.

En revanche, « là où le déploiement du FTTH n’est pas prévu à court ou moyen terme, l’ARCEP estime que les solutions d’accès à la sous-boucle permettent d’apporter une montée en débit et peuvent donc être mises en œuvre rapidement, notamment par les collectivités territoriales ».

De cette façon, la prochaine évolution des débits dans les zones denses sera en réalité synonyme de saut technologique, puisque la montée en débit sera assurée par le déploiement de la fibre optique. Les régions moins peuplées ne profiteront pas de la fibre optique avant plusieurs années, mais pourront profiter tout de même d’une meilleure connectivité à Internet grâce au déploiement de nouveaux répartiteurs.

L’ARCEP souhaite cependant que les zones grises ou blanches qui profiteront de ces travaux puissent accéder à une concurrence entre différents fournisseurs d’accès à Internet : « les solutions de montée en débit sont toutefois susceptibles de réduire l’intensité concurrentielle acquise sur le marché du haut débit, principalement dans les zones dégroupées ou qui vont l’être à court terme » note le gendarme des télécoms.

D’où l’intérêt de demander à France télécom de « préciser les modalités de mise en œuvre de l’accès à la sous-boucle pour en limiter les risques« . Avant cet été, l’ARCEP compte définir « avec l’ensemble des acteurs concernés, opérateurs et collectivités territoriales, les mesures d’accompagnement nécessaires pour pallier les risques concurrentiels identifiés« .

« D’ici la conclusion de ces travaux, qui interviendra avant la fin 2010, l’ARCEP recommande aux acteurs de s’abstenir, dans les zones dégroupées ou pour lesquelles un projet de dégroupage a été initié, de lancer des projets de montée en débit via l’accès à la sous-boucle. »

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