Microsoft n'a pas apprécié les recommandations officielles françaises et allemandes invitant de changer de navigateur Internet. Pour éviter de propager ces avis à d'autres pays - ce qui serait désastreux pour l'image de la société -, la firme de Redmond a contre-attaqué dans la presse.

Les recommandations du gouvernement allemand et du CERTA (Centre d’Expertise gouvernemental de Réponse et de Traitement des Attaques informatiques) invitant les internautes à utiliser un navigateur alternatif n’ont manifestement pas plu à Microsoft. Déjà fortement concurrencé en Europe par Mozilla Firefox et Google Chrome (qui a lancé récemment une campagne d’envergure sur le Vieux Continent), Microsoft n’a aucune envie de voir ses parts de marché s’effriter encore un peu plus suite à ces avis successifs. Sans compter que la firme de Redmond doit également composer avec le « ballot screen » exigé par la Commission européenne et la concurrence.

Au Royaume-Uni et en France, le géant des logiciels a donc réagi dans la presse pour éviter une fuite supplémentaire d’utilisateurs. Le responsable de la sécurité chez Microsoft UK, Cliff Evans, a ainsi déclaré à Techradar qu’opter pour un navigateur différent était sans doute la pire des solutions. « Le risque réel sur cet exploit spécifique est minime par rapport à Firefox ou d’autres navigateurs concurrents« . Or, en changeant de navigateur, « vous vous exposez à des problèmes de sécurité » a-t-il affirmé.

« Si vous me demandiez quel est le navigateur le plus sûr, je répondrais Internet Explorer 8 – nous ne parlons ici que d’une seule vulnérabilité » a-t-il tranché. « Il y a des risques plus importants avec les autres navigateurs« . Même l’utilisation d’Internet Explorer 6 n’est pas un problème : « la réalité du risque est minime, même si vous avez IE6« . Et pour rassurer les utilisateurs, Cliff Evans a ajouté que Microsoft « travaille afin de fournir au plus vite une mise à jour pour colmater cette vulnérabilité. Cependant, aucune attaque passant par IE8 n’a été détectée« .

Même son de cloche chez Microsoft France. Interrogé par le Nouvel Observateur, le directeur technique et sécurité Bernard Ourghanlian note que « cette faille n’avait jamais été divulguée auparavant » et que « dans l’état actuel des choses, cette recommandation est inutilement effrayante« . Selon lui, « les attaques ne touchent que la version 6 d’Internet Explorer, fournie avec Windows XP, soit 10 à 15 % des internautes« .

Et sur les versions supérieures ? Aucun problème, même si la faille existe. « Sur les deux dernières versions cette faille n’est pas exploitable » a-t-il souligné, recommandant tout de même aux utilisateurs ayant un navigateur antérieur à Internet Explorer 7 d’installer une version plus moderne.

Microsoft redoute surtout que d’autres organismes à travers le monde lancent un appel similaire, ce qui serait potentiellement désastreux pour l’image de Microsoft. Reste que le meilleur remède a une mauvaise campagne serait de publier au plus vite un correctif. Mais pour l’heure, aucune date n’est avancée. Il ne s’agit pas que « le remède ne soit pas pire que le mal« …

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