Pour la ministre allemande de la justice, Google est en passe de se trouver durablement dans une situation de monopole, collectant par ailleurs énormément de données personnelles. Sabine Leutheusser-Schnarrenberger souhaite donc que l'entreprise fasse de vrais efforts sur la transparence, sinon le législateur sera obligé d'intervenir a-t-elle prévenu.

Ne faites pas de mal« . La célèbre devise de Google semble parfois d’un autre âge, à l’heure où l’entreprise est omniprésente. En à peine dix ans, la firme de Mountain View s’est attaqué à de nombreux marchés, se faisant par la même occasion une foultitude d’ennemis : Microsoft, Yahoo, Amazon, AT&T, News Corp, Viacom, ainsi que l’ensemble des éditeurs de journaux et de littérature. Et avec le lancement du Nexus One, c’est désormais Apple qui est potentiellement menacé.

Au point que certains gouvernements s’inquiètent de la position de monopole qu’est en train de se construire Google. C’est ainsi le cas de la ministre fédérale allemande Sabine Leutheusser-Schnarrenberger, qui estime qu’à ce rythme, les gouvernements devront bientôt intervenir comme régulateurs, de la même façon qu’est intervenue la justice américaine contre Microsoft pour abus de position dominante.

« Tout compte fait, ce qui se dessine là est, dans une large mesure, un monopole géant similaire à celui de Microsoft… d’ordinaire, ma première réaction est de ne pas interdire ou arrêter quelque chose. Mais je veux cependant que Google progresse dans une meilleure transparence sur l’utilisation des données personnelles collectées. Je pense que les sociétés en ont l’obligation, et beaucoup de choses doivent être améliorées. Si cela n’arrive pas très prochainement, nous devrons prendre des mesures en tant que législateurs » a-t-elle déclaré à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel.

Outre-Rhin, le géant du web est observé (et parfois condamné) avec une certaine attention de la part du gouvernement. L’ancienne ministre de la justice, Brigitte Zypries, avait transmis en septembre dernier un courrier officiel de 25 pages à la justice américaine pour évoquer la situation des auteurs et éditeurs allemands, ces derniers se considérant menacés par le projet Google Books. « nous espérons que le tribunal va refuser d’agréer l’accord dans son ensemble, ou au moins qu’il en exclue les auteurs et éditeurs allemands » avait expliqué la ministre au quotidien économique Handelsblatt.

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