Lorsque la fille adoptive de Jacques Chirac, Anh Dao Traxel, avait porté plainte après avoir été calomniée sur Wikipedia, une grande partie de la presse avait écrit qu’elle poursuivait l’encyclopédie elle-même. Chose qui n’était pas vraie, puisqu’elle avait simplement déposé une plainte contre X dans le but de faire identifier l’auteur des messages calomnieux, pour le poursuivre ensuite personnellement. Un cheminement logique, écrivions-nous, qui « relève d’une certaine intelligence et compréhension d’Internet« , car « contrairement à un journal ou une encyclopédie traditionnelle, les articles publiés sur Wikipedia ne sont pas sous la responsabilité directe de l’éditeur, protégé par la loi pour la confiance dans l’économie numérique (LCEN)« . Et par son équivalent américain, le DMCA.

Mais aux Etats-Unis, l’acteur Ron Livingston aurait apparemment trouvé judicieux de porter plainte contre l’encyclopédie collaborative plutôt que contre ses auteurs. C’est en tout cas ce qu’en dit United Press International (UPI) qui se targue en guise se slogan d’avoir « 100 ans d’excellence journalistique« . Selon ce qu’en rapporte la prestigieuse agence de presse, l’acteur de 42 ans accuserait en effet Wikipedia de diffamation et de violation de la vie privée, et même d’avoir « utilisé son nom et son apparence sans son autorisation » (sic).

Mais l’information reprise par UPI provient du magazine people en ligne TMZ.com, qui avait annoncé en exclusivité la mort de Michael Jackson. Or l’article de TMZ ne dit à aucun moment que c’est Wikipedia contre qui la plainte est déposée. Preuve que « l’excellence journalistique » réside parfois davantage dans la presse people que dans les agences de presse les plus sérieuses.

Livingston porte plainte, sans doute lui aussi contre X, parce qu’un internaute anonyme modifie régulièrement depuis le mois de mai la page qui lui est consacrée, en lui attribuant faussement une relation homosexuelle avec un certain Dan Dennison. L’acteur, qui s’est marié le mois dernier, ne trouve pas la modification très agréable, et sans doute moins encore pour son épouse. Or à chaque fois que la page est corrigée, l’information revient.

Visiblement harcelé, Livingston dit également que l’individu a créé des pages Facebook sous son nom et celui de son partenaire présumé, pour là aussi prétendre qu’ils entretiennent une relation homosexuelle.

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