Le site Wikileaks a publié une liste de 573.000 messages envoyés par des bipeurs le 11 septembre 2001. Au delà des messages qui seront décortiqués pour retracer le déroulement des évènements, c'est l'existence-même d'une telle base de données qui pose question.

Le très crédible site internet Wikileaks spécialisé dans la révélation de documents (c’est lui qui avait par exemple révélé l’existence de négociations pour le traité ACTA, ou encore les listes de sites bloqués en Allemagne ou en Australie) a publié mercredi plus d’un demi million de messages envoyés par des « bipeurs » le 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. Ils proviennent notamment d’agents du Pentagone, du FBI, de l’Agence fédérale des situations d’urgence (FEMA), du département de police de New York ou encore de systèmes informatiques qui signalaient des erreurs de traitement à des banques situées à l’intérieur du World Trade Center.

« L’archive est un enregistrement complètement objectif du moment décisif de notre époque. Nous espérons que son entrée dans les données historiques va mener à une compréhension nuancée de la manière dont cet évènement a conduit à la mort, à l’opportunisme et à la guerre« , explique Wikileaks pour justifier ces publications. Les messages sont publiés dans l’ordre chronologique, sur une période de 24 heures qui commence à 3 heures du matin, cinq heures avant que le premier avion ne s’écrase sur le WTC.

Outre les messages eux-mêmes, l’information révélée implicitement par Wikileaks est l’existence d’un tel enregistrement. Ils n’ont pas voulu dire comment ils ont mis la main sur ces 570.000 messages. Mais « il est clair que l’information vient d’une organisation qui a commencé à intercepter et à archiver les télécommunications américaines avant le 11 septembre« , a simplement consenti le site internet. Cet enregistrement était-il autorisé par la loi ? Rien n’est moins sûr, et cette information-là va certainement alimenter de vifs débats sur la vie privée des Américains.

CBnews note que les messages proviennent de plusieurs opérateurs différents (Arch Wireless, Metrocall, Skytel, et Weblink Wireless). Il est peu probable que l’ensemble de leurs bases de messages aient été compromises puis compilées. Selon le site, les messages ont été interceptés. Le protocole des pagers ne chiffre pas les messages envoyés, rendant particulièrement aisée une telle interception. S’appuyant sur un message envoyé le jour des attaques par le FBI, le site pense que Cisco a fourni à l’Etat l’équipement nécessaire à l’interception et à l’enregistrement en temps réel des messages envoyés aux Etats-Unis.

En France, on se souvient qu’un client de Bouygues Telecom avait été arrêté après avoir envoyé un SMS qui demandait « Pour faire dérailler un train, t’as une solution ?« . Beaucoup de soupçons s’étaient posés sur l’opérateur, qui n’y était finalement pour rien. Le message aurait été envoyé avec un portable de dépannage prêté par Bouygues, et c’est un autre client, agent de sécurité à la SNCF, qui l’aurait découvert en se faisant lui-même prêter le même portable le lendemain. Une série de hasards et de coïncidences.

Mais à l’occasion de l’examen d’une proposition de loi sur les violences de groupe, adoptée, le rapporteur Eric Ciotti avait indiqué que « des groupes violents se donnaient rendez-vous par SMS, dont disposaient les SDIG, c’est-à-dire les services de renseignement de la police nationale« .

Pour déceler « l’intention » (sic) violente des groupes d’invididus, le député Christian Estrosi à l’origine de la proposition de loi avait assuré qu’elle serait « détectable aussi en surveillant les blogs et les sms envoyés par téléphones portables« . Une information qu’avait confirmé Jean-François Copé.

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