Hadopi : Mitterrand pressé de préciser l'obligation de sécurisation
Guillaume Champeau -
publié le Jeudi 12 Novembre 2009 à 12h21 -
posté dans Société 2.0
![]() Le député UMP François Loos a demandé au ministre de la Culture Frédéric Mitterrand de "clarifier au plus vite" la nature exacte des obligations de sécurisation dont devront s'acquitter les abonnés à Internet pour éviter de se trouver en violation du délit de "négligence caractérisée" instauré par la loi Hadopi 2. Les services de Frédéric Mitterrand vont avoir du travail sur la planche. Après Lionel Tardy qui a interrogé le ministre de la Culture sur le destin funeste de Jaimelesartistes.fr, c'est un autre député UMP qui selon nos informations a posé une question écrite au successeur de Christine Albanel, cette fois sur l'application de la loi Hadopi, et plus spécifiquement du délit de "négligence caractérisée". François Loos, député du Bas-Rhin, a ainsi interrogé le ministre de la Culture et de la Communication "sur le contenu précis du nouveau délit de « négligence caractérisée de sécurisation de l'accès Internet », instauré par la loi du 28 octobre 2009 relative à la protection pénale de la propriété littéraire et artistique sur Internet", dite "Hadopi 2".
"Ne pensez-vous pas qu’il serait souhaitable de clarifier au plus vite cette situation, qui embarrasse tout le monde ?", demande M. Loos, alerté par un informaticien lecteur de Numerama. Le ministère de la Culture a fait savoir qu'il entendait publier les décrets d'application de la loi Hadopi 2 d'ici la fin de l'année. Mais dès les débats parlementaires, le groupe socialiste nous avait fait part de son intention de saisir le Conseil d'Etat pour s'opposer aux décrets d'applications et circulaires envoyées au parquet. D'une rédaction difficile voire impossible, le décret concernant la négligence caractérisée devra dresser la liste des fonctionnalités essentielles dont devront disposer les logiciels de sécurisation labellisés par l'Hadopi. L'installation d'un moyen de sécurisation labellisé suffira, en principe, à exonérer l'internaute de toute responsabilité pénale au regard du délit de négligence caractérisée. Mais la définition des fonctionnalités essentielles sera un véritable casse-tête. Les logiciels devront-ils, par exemple, bloquer les logiciels d'échange de fichiers en P2P comme BitTorrent, qui servent pourtant aussi à télécharger légalement des fichiers, au risque alors de violer la liberté d'expression et de communication ? Si non, comment un logiciel de sécurisation pourra-t-il reconnaître à la volée la légalité ou non d'un téléchargement pour le bloquer ou le supprimer a posteriori ? Devront-ils bloquer l'accès à certains sites comme The Pirate Bay, Mininova ou Rapidshare, même s'ils n'ont pas fait l'objet d'une condamnation définitive devant les tribunaux, au mépris de la présomption d'innocence ? Les logiciels pourront-ils être installés sous des systèmes open-source comme Linux ? Comment l'abonné apportera-t-il la preuve que le logiciel de sécurisation était non seulement installé, mais aussi activé au moment du téléchargement illicite constaté ? Faudra-t-il, comme ça avait été envisagé sous le leadership de Christine Albanel, accompagner le logiciel d'un spyware communiquant en permanence avec un serveur extérieur ? Quelles seront les obligations de mise à jour pour l'abonné qui a installé un logiciel labellisé ? Y aura-t-il la garantie qu'au moins un logiciel de sécurisation labellisé sera gratuit ? Etc., etc. Le Conseil constitutionnel lui-même a fait du pied au Conseil d'Etat pour qu'il soit particulièrement vigilant au moment de la publication des décrets relatifs à la négligence caractérisée, s'ils sont un jour publiés. "Les conditions dans lesquelles seront constatées et jugées ces contraventions soulèvent la question de l’éventuelle inversion de la charge de la preuve à l’encontre du titulaire d’accès à internet lorsque cet accès fait l’objet d’une utilisation portant atteinte aux droits d’auteurs", a prévenu le Conseil constitutionnel dans le commentaire de sa décision sur Hadopi 2. Il n'avait pas pu censurer la disposition pour atteinte à la présomption d'innocence, "non pour des motifs de fond, mais pour des motifs de compétence", constatant que c'était le Conseil d'Etat qui devra éventuellement censurer les décrets. Sur le même sujet
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Commentaires à propos de Hadopi : Mitterrand pressé de préciser l'obligation de sécurisation
soopajud
Le 12 Novembre 2009 à 12h39
c'est le nerf de la guerre, c'est là ou tout va se jouer..
c'est là ou ils vont se rendre comptet que c'est n'importe quoi de vouloir sécuriser l'accès de tous les internautes... ![]() ![]() Goranak
Le 12 Novembre 2009 à 12h41
Je ne vois qu'une solution : nationaliser Orange, SFR, Free, Numericable, et faire un unique FAI national qui fera du filtrage à la source.
Ah merde, c'est déjà fait, en Chine. ![]() ![]() Tunio
Le 12 Novembre 2009 à 12h42
Et beh, je sens qu'on va encore bien ce marrer au moment ou ils nous pondrons leur fameux décrets, préparez-vous à des abérations...
![]() ![]() Kouika
Le 12 Novembre 2009 à 12h48
Il me semble qu'il y a une solution extrêmement simple : il suffit que les protocoles P2P soient filtrés au niveau du FAI et que ce filtrage constitue une option facturée avec l'abonnement. Seuls les internautes qui n'auraient pas souscrit cette option auraient l'obligation de prouver leur innocence.
![]() ![]() Radamanthe
Le 12 Novembre 2009 à 12h51
"Les logiciels pourront-ils être installés sous des systèmes open-source comme Linux ?"
C'est là qu'on va rigoler... ou pas. Je ne vois qu'une possibilité (s'ils veulent garder les sources fermés) : des packages binaires tierces labellisés par l'Etat. Quant ces décrets et tout le bazar sera en place, ça va faire beaucoup de délinquants. Pauvre France... ![]() ![]() Bazzzoukk
Le 12 Novembre 2009 à 12h51
""Ne pensez-vous pas qu'il serait souhaitable de clarifier au plus vite cette situation, qui embarrasse tout le monde ?", demande M. Loos, alerté par un informaticien lecteur de Numerama."Numérama.
Ca c'est de l'autopromotion! Pour le reste, attendons les publications pour en juger au lieu de s'exiter pour rien. ![]() ouaip
Le 12 Novembre 2009 à 12h55
quand je pense qu'en temps de grandes difficultés financières de l'Etat il en a couté des millions d'euros (salaires de soi disant représentants de l'intérêt général au Parlement, commissions de soi disant experts).
enfin, peut être que tout ceci ayant permis un certain éveil des consciences chez quelques politiques peu au fait des enjeux cruciaux liés à internet, ça les vaut. positivons... ![]() ![]() agathon666
Le 12 Novembre 2009 à 13h00
Voyez à quel point les députés UMP sont soumis au nabot ! Si le petit hystérique prenait les pleins pouvoir, tous ces guignols viendraient nous expliquer que c'est tout à fait normal !
![]() ssj4gokusama
Le 12 Novembre 2009 à 13h01
Kouika, le 12/11/2009 - 12:48 Il me semble qu'il y a une solution extrêmement simple : il suffit que les protocoles P2P soient filtrés au niveau du FAI et que ce filtrage constitue une option facturée avec l'abonnement. Seuls les internautes qui n'auraient pas souscrit cette option auraient l'obligation de prouver leur innocence.oui mais il ya le quid de la neutralité des réseaux et autant dire que ceux qui utilisent le p2p pour leur travail (les chercheurs et les universités par exemple) et ceux qui récupèrent leur mise à jour logicielle sous ubuntu via le p2p. A mon avis UFC-Que choisir va être content de déscendre encore plus en flèche la loi, et on vont se ramener avec une tonne de procédure pour obligé à ce que les FAI baissent en conséquences les tarifs de l'abonnement ![]() ![]() Djaron
Le 12 Novembre 2009 à 13h04
je rajoute aussi que faute di'nformation a ce sujet, l'installateur/technicien engage sa responsabilité vis a vis du client, qui pourra se retourner contre lui au moins au civil pour du dommage et interet si le client a un litige avec l'hadopi alors que l'installateur lui a configuré/paramétré sa connexion et/ou son reseau
mais comme on sait pas quelles sont les façons LEGALES/autorisées de le faire vis a vis de cette loi, et que du point de vu efficacité, la sécurité a 100% ne peux exister ni etre garanti au mieux on est passible du delit d'esroquerie en vendant un service "bidon" aux yeux de la loi, et au civil vis a vis du client, au pire... brf une tres grosse insécurité juridique pour les gens dont c'est le metier moi j'me fout que pascal negre, universal et johnny defendent leur business (qui n'a pas evolué et qui est en decalage avec leur marché) mais depuis quand les marchands de tapis viennnet mettre une épée de damocles sur les potiers ou les menuisiers ? (j'veux dire par la que tech info j'me fous de la musique et son industrie, mon boulot n'est pas censé etre subordonné/dependant du leu ret inversement) ![]() lordheavy
Le 12 Novembre 2009 à 13h05
Il me semble qu'il y a une solution extrêmement simple : il suffit que les protocoles P2P soient filtrés au niveau du FAI et que ce filtrage constitue une option facturée avec l'abonnement. Seuls les internautes qui n'auraient pas souscrit cette option auraient l'obligation de prouver leur innocence. C'est contraire au principe de neutralité des réseaux ![]() jbsorba
Le 12 Novembre 2009 à 13h07
On va bien rigoler mais jaune je le crins.
N'oubliez pas que au regard de la loi NOUS SOMME TOUS DES AVOCATS ET DES EXPERTS EN DROIT (pauvre eolas il est au chômage) car je cite la loi: "nul n'est sensé ignorer la loi" Alors on va bientot devoir aussi être tous des expert en informatique et sécurité réseau on a pas fini de faire rire la planète. ![]() T23
Le 12 Novembre 2009 à 13h08
I love it ! Après toutes les niaiseries (Abanel) et les aléas constitutionnels et européens ... on va enfin rentrer dans le vif du sujet !
Merci François Loos. Bon courage au Ministre de Culture pour présenter ce qui devrait être une contractualisation en "mode projet réel" de la "négligence caractérisée" T3 ![]() ![]() Djaron
Le 12 Novembre 2009 à 13h09
deux solutions:
soit commeils ont dit c'est payant et non interoperable (et en plus ca va faire des conflits avec les logiciels de sécurité "hors hadopi" c a d les logiciels qui protegent le client des menaces de l'exterieur, et non le hadopiware qui protege l'exterieur contre le client; comme par exemple les firewall, antivirus et autres suites de sécurité) mais faudrait qu'ils le fassent le logiciel hords 2) comme ca avait été stipulé dans les debats: les peines/sanctions tomberont sans delai et l'amendement qui demandais à ce que les sanctions ne commencent pas TANYT QUE le logociel hadopi ne serait pas disponible a l'achat a été rejeté ca veux dire que globalement c'est bien une loi d'intimidation (mafieuse) ou on te dit que pour prouver ton innocence, il te faut un truc X, mais ils ne publieront jamais les definitions officielles de ce que doit faire/contenir X, et ne commercialiseront jamais X puisque le reste de la loi a été prévue pour fonctionner SANS que X existe le conseil constit aurait du voir ca, ceci dit bref il n'y aura JAMAIS de logiciel de sécurisation hadopi pour prouver notr einnocence, c'etai tun leurre pour shunter/demonter des arguments et des amendements pendant le vote acceleré du truc; la loi a été concue pour fonctionner SANS l'accusé NI le moiondre moyen qu'il puisse se dedouaner, c'est symptomatique des intentions initiales de la loi: un "cadre" psychologique (j'aurais dit une TRIQUE psychologique) pour faire peur aux gens, la peur ne marche que si t'as aucun moyen de t'en premunir ![]() ![]() Djaron
Le 12 Novembre 2009 à 13h10
jbsorba, le 12/11/2009 - 13:07 "nul n'est sensé ignorer la loi" encore faut il qu'elle soi tfinie d'etre ecrite en entier on est censé ne pas ignorer la loi, on est pas censé DEVINER ce qu'elle dira avant qu'ils la publient non ? ![]() ![]() herbeapipe
Le 12 Novembre 2009 à 13h10
De toute manière, je ne pense pas qu'une personne installera ce truc avant d'avoir été confronté à l'hadopi.
![]() ![]() Djaron
Le 12 Novembre 2009 à 13h12
moi je prédis que monsieur Loos se vérra opposé un candidat ump officiel lors des prochains elections, il a TRAHI en mettant publiquement le gouvernement dans un leger embarras, il est donc grillé (tardy aussi)
on le remercie de s'etre suicidé politiquement pour une cause aussi dérisoire que la notre; dommage que ca lui coute si cher ![]() Razorback
Le 12 Novembre 2009 à 13h19
jbsorba, le 12/11/2009 - 13:07 On va bien rigoler mais jaune je le crins. N'oubliez pas que au regard de la loi NOUS SOMME TOUS DES AVOCATS ET DES EXPERTS EN DROIT (pauvre eolas il est au chômage) car je cite la loi: "nul n'est sensé ignorer la loi" Alors on va bientot devoir aussi être tous des expert en informatique et sécurité réseau on a pas fini de faire rire la planète. Non, ce précepte-là, c'est pour éviter une défense basée sur l'absudité "j'ignorais que c'était interdit". Par exemple, si tu massacres ton voisin, sans ce précepte "je savais pas que c'était interdit" serait une défense convenable. Or, ce n'est pas le cas. C'est la seule raison pour laquelle cela existe, mais loin est l'idée de faire apprendre toutes les pitreries votées à tout le monde... ![]() ![]() speed
Le 12 Novembre 2009 à 13h20
De toute manière, je ne pense pas qu'une personne installera ce truc avant d'avoir été confronté à l'hadopi. aff, dans une machine virtuelle ca peut pas deranger si c est gratos ![]() ![]() BinaryMind
Le 12 Novembre 2009 à 13h31
Devront-ils bloquer l'accès à certains sites comme The Pirate Bay, Mininova ou Rapidshare, même s'ils n'ont pas fait l'objet d'une condamnation définitive devant les tribunaux, au mépris de la présomption d'innocence ? Les sites de lien bittorrent indexent egalement des fichiers dont l'echange est legaux, genre les logiciels libres, et musiques en CC/LAL En plus, avec les vpn cryptés, il faudrait rendre le cryptage des données illégal ? ![]()
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