Ils rejettent le droit d'auteur pour des raisons religieuses

Guillaume Champeau - publié le Lundi 20 Juillet 2009 à 16h02 - posté dans Société 2.0

Le droit d'auteur naît-il d'un besoin des artistes ou d'une pression des Etats ? De l'autre côté du globe, en Indonésie, l'exemple des batiks montre qu'il est difficile de résister à la pression des gouvernements qui voient dans la protection des savoir-faire une arme de concurrence économique.


(CC - ~MVI~)

Ca paraît invraisemblable dans nos sociétés occidentales où le moindre créateur professionnel se demande avant-même de créer comment protéger son oeuvre pour éviter de se la faire voler, et en tirer un maximum de profits. En Indonésie, des confectionneurs de batik rejettent au contraire toute idée de protection de "leurs droits d'auteur" en jugeant qu'elle est contraire à leurs convictions religieuses.

Selon Wikipedia, "le batik est une technique d'impression des étoffes" dont les origines remontent à plus de mille ans, qui est "art de patience et de minutie". "Le principe du procédé consiste à dessiner sur le tissu un motif final à reproduire, à enduire tout le tissu avec de la cire, à ôter la cire aux emplacements d'une première couleur, à appliquer cette couleur", et à "recommencer les opérations successivement pour chacune des autres couleurs".

"Au final, on obtient un tissu où se mêlent différents tons et contrastes juxtaposés ou superposés, formant toutes sortes de motifs", indique l'encyclopédie collaborative.

Mais les artistes qui pratiquent le batik ne veulent cependant pas toujours associer leur nom aux motifs qu'ils créent. Au grand désarroi des autorités locales, qui voudraient que les artistes affirment leur monopole pour éviter que leurs motifs soient reproduits et exploités sans autorisation (et donc sans impôt local) à l'étranger.

Le maire de la ville de Solo, dans l'île de Java, s'est en ému ce mois-ci. Le batik est l'une des principales activités de la ville, et il souhaiterait que les artistes enregistrent leurs motifs dans un répertoire de la propriété intellectuelle administré par le ministère de la Justice et des Droits de l'Homme. Mais il est confronté aux convictions religieuses des artistes.

"Ils pensent que chaque fois qu'ils créent quelque chose, ça n'est pas eux qui ont travaillé, mais Dieu qui a travaillé à travers leur corps humain et leur esprit", a expliqué au Jakarta Globe le responsable d'un groupe touristique spécialisé dans le batik, à Java. "Etre reconnaissant (envers Dieu) est suffisant pour eux", indique-t-il.

Selon les autorités, l'ancienne ville de royale de Solo compterait au moins 500 motifs uniques que l'on ne trouve pas ailleurs. Le pays aurait voulu les référencer pour qu'ils ne puissent pas être reproduits dans d'autres régions de l'Indonésie. Mais ils n'ont réussi à en indexer qu'une dizaine, face au refus des artisans d'associer leur nom à leur création.

Ils s'inquiètent désormais que la Malaisie aille beaucoup plus vite qu'eux à enregistrer les motifs, et interdisent aux artistes de Solo de reproduire les motifs qu'ils avaient pourtant inventé...

Publié par Guillaume Champeau, le 20 Juillet 2009 à 16h02
 
 
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Commentaires à propos de «Ils rejettent le droit d'auteur pour des raisons religieuses»
 

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Il y avait eu une épreuve d'impression en Batik dans Pekin Express (sur M6), c'est vrai que c'est vraiment joli...
lol, super article orignal et instructif ! Un grand bol d'air pur^^ Merci Kad !
Vi c'est intéressant. Aucun rapport avec l'informatique mais intéressant ^^
"" Ca paraît invraisemblable dans nos sociétés occidentales où le moindre créateur professionnel se demande avant-même de créer comment protéger son oeuvre pour éviter de se la faire voler, et en tirer un maximum de profits. ""

vous n'avez paas peur d'en rajouter des louches a numerama.......et en plus, fort heureusement c'est totallement faux.....
il faudrait demander à Stallman qui a codé emacs et gcc à travers son corps
Galactica, le 20/07/2009 - 16:21
"" Ca paraît invraisemblable dans nos sociétés occidentales où le moindre créateur professionnel se demande avant-même de créer comment protéger son oeuvre pour éviter de se la faire voler, et en tirer un maximum de profits. ""

vous n'avez paas peur d'en rajouter des louches a numerama.......et en plus, fort heureusement c'est totallement faux.....

Hum, si on définit le terme professionnel par le fait de gagner de l'argent de sa profession, alors ce n'est pas faux et c'est même logique.

Donc un créateur professionnel crée pour gagner de l'argent, y a rien de choquant ou dévalorisant là-dedans. C'est pas comme si le terme "artiste" avait été utilisé.
Il n'y a pas besoin d'aller chercher si loin : l'anonymat est aussi en occident la condition nécessaire naturelle de l'art sacré.
Question au juriste pur :
le droit à la liberté d'exercice de son culte religieux est il plus fondamental que le droit d'auteur?
Question au juriste pur :

le droit à la liberté d'exercice de son culte religieux est il plus fondamental que le droit d'auteur?

D'un point de vue juridique je ne sais pas trop par contre le droit de culte est largement antérieur au droit d'auteur. (Donc plus fondamental ?)
plop42, le 20/07/2009 - 16:34
Question au juriste pur :
le droit à la liberté d'exercice de son culte religieux est il plus fondamental que le droit d'auteur?
Et le jour où Jésus reviendra demander des royalties, on fera moins les malins ^_^
Question au juriste pur :

le droit à la liberté d'exercice de son culte religieux est il plus fondamental que le droit d'auteur?

ici, c'est l'auteur qui renonce à ses droits à cause de son culte, il n'y a donc pas de problème. Sans être juriste, je devine que ta religion ne te permet pas de violer un copyright...
Galactica, le 20/07/2009 - 16:21
"" Ca paraît invraisemblable dans nos sociétés occidentales où le moindre créateur professionnel se demande avant-même de créer comment protéger son oeuvre pour éviter de se la faire voler, et en tirer un maximum de profits. ""

vous n'avez paas peur d'en rajouter des louches a numerama.......et en plus, fort heureusement c'est totallement faux.....
Ca n'a rien de faux, le droit d'auteur a avant tout un but lucratif.


plop42, le 20/07/2009 - 16:34
Question au juriste pur :
le droit à la liberté d'exercice de son culte religieux est il plus fondamental que le droit d'auteur?
Ces personnes choisissent de ne pas percevoir de droits ni de s'associer à leurs créations, c'est donc avant tout une question de liberté individuelle (pourquoi n'aurais-je pas le droit de n'apposer aucun droit d'auteur ni licence sur mon oeuvre ?). Avant d'être une liberté d'exercice du culte religieux, c'est la liberté de faire don de son oeuvre directement au domaine public, à la communauté. Et j'applaudis ces gens-là.

Pourquoi toujours passer par des lois et des droits ? Les plus belles oeuvres artistiques ont après tout été conçues sans législation sur le droit d'auteur...
"" Ca paraît invraisemblable dans nos sociétés occidentales où le moindre créateur professionnel se demande avant-même de créer comment protéger son oeuvre pour éviter de se la faire voler, et en tirer un maximum de profits. ""



vous n'avez paas peur d'en rajouter des louches a numerama.......et en plus, fort heureusement c'est totallement faux.....

Ce n'est vraiment pas l'impression que laissent les entreprises qui créent quelque chose, qui brevetent l'idée avant même de l'avoir concrétisé et d'avoir réfléchit à son exploitation...
Certes, j'ai du respect pour les batiks, mais des gens comme RMS qui squatte le campus du MIT alors que des millions de gens utilisent des logiciels qui existent grace à lui m'impressionnent beaucoup plus.
mais attendez, le modèle traditionnel de l'anonymat dans l'art n'est absolument pas incompatible avec les rémunération des artistes. C'est stérile d'opposer les deux : dans ce modèle, l'artiste reçoit l'intégralité de la somme à la livraison.

Par ailleurs, notons quand meme que l'anonymat est compatible avec les droits voisins aux droits d'auteur : il y a des livres écrits par des auteurs anonymes. C'est dans ce cas à l'éditeur, qui est dans le secret, de faire la redistribution à l'auteur concerné. Je ne suis pas sur qu'il sois réellement opportun de mélanger les esprits en confondant anonymat et abandon de ses droits voisins aux droits d'auteur..
Question au juriste pur :
le droit à la liberté d'exercice de son culte religieux est il plus fondamental que le droit d'auteur?




ici, c'est l'auteur qui renonce à ses droits à cause de son culte, il n'y a donc pas de problème. Sans être juriste, je devine que ta religion ne te permet pas de violer un copyright...

Le véritable problème c'est que les autres puissent déposer sa création à sa place. C'est toute l'inquiétude du Maire de Solo. Que ses créateurs locaux ne demandent aucun droit, ce n'est pas grave... mais il ne veut pas que la Malaisie puisse disposer de droits sur cette création.

En fait il faudrait que les créateurs indiquent explicitement qu'ils lèguent leur batiks au domaine public.
Au final vous êtes pour l'abolition des droits d'auteurs ? (ce qui demande une étude plus large)
Ou pour une modification de celui-ci, et une nouvelle souplesse futur, en adéquation avec les nouveaux médias ?

Au début c'était plutôt la 2, mais à force de lire des sujets ou des réponses par ici, on tend plutôt vers le 1 :)
Khaos, le 20/07/2009 - 16:52
Le véritable problème c'est que les autres puissent déposer sa création à sa place. C'est toute l'inquiétude du Maire de Solo. Que ses créateurs locaux ne demandent aucun droit, ce n'est pas grave... mais il ne veut pas que la Malaisie puisse disposer de droits sur cette création.

En fait il faudrait que les créateurs indiquent explicitement qu'ils lèguent leur batiks au domaine public.
Une fois que l'oeuvre a été léguée au domaine public (renoncer aux droits d'auteur pour des raisons religieuses, c'est quand même suffisamment explicite), il devrait être tacitement interdit à quiconque de déposer un copyright sur cette oeuvre pour son compte personnel...
Une fois que l'oeuvre a été léguée au domaine public (renoncer aux droits d'auteur pour des raisons religieuses, c'est quand même suffisamment explicite), il devrait être tacitement interdit à quiconque de déposer un copyright sur cette oeuvre pour son compte personnel...

Ben manifestement ce n'est pas le cas. Donc soit le droit indonésien n'a rien à voir, soit le leg au domaine public n'est pas assez explicite encore.
Khaos, le 20/07/2009 - 16:59
Ben manifestement ce n'est pas le cas. Donc soit le droit indonésien n'a rien à voir, soit le leg au domaine public n'est pas assez explicite encore.
La faute aux lois internationales sur la propriété intellectuelle, qui préfèrent durcir les législations sur le droit d'auteur plutôt que de favoriser la création dans le domaine public...

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