Souhaité par Nathalie Kosciusko-Morizet mais immédiatement verrouillé par Matignon, le Grenelle des Ondes n'a apporté aucune réponse aux inquiétudes soulevées par des associations et par la justice face aux antennes de téléphonie mobile. Un résultat sans surprise.

Qui peut sérieusement se dire surpris que le Grenelle des Ondes n’a apporté aucune réponse aux problèmes soulevés par les associations inquiètes des effets de la téléphonie mobile sur la santé ? Le sommet, qui a ouvert ses portes le jeudi 23 mai, s’est refermé sur le constat d’une absence totale de compromis. « Le moratoire n’a pas fait consensus, ni l’abaissement des seuils« , a ainsi constaté Roselyne Bachelot, la ministre de la Santé. Nathalie Kosciusko-Morizet, qui avait lancé l’idée du Grenelle, tente de sauver quelques marrons du feu en suggérant qu’il « faudrait au minimum interdire le téléphone portable dans les écoles« .

Mais dès le début, la réunion entre les opérateurs, les élus, les associations et le gouvernement s’annonçait totalement infructueuse. On se souvient ainsi que l’idée du Grenelle lancée par NKM avait été très vite prise en main par le ministère de la Santé, qui est régulièrement dénoncé par les associations écologistes pour sa complaisance à l’égard des opérateurs mobiles.

Puis, s’appuyant sur un bien curieux avis de l’Académie de Médecine, très prompte à réagir à la condamnation de Bouygues Telecom à démonter une antenne-relais au nom du principe de précaution, François Fillon avait restreint au maximum le cap du Grenelle. En écartant d’office « l’hypothèse d’un risque pour la santé pour les populations vivant à proximité des antennes-relais de téléphonie mobile« , c’est-à-dire l’hypothèse qui fait le plus débat dans la population civile.

En agissant ainsi, le gouvernement souhaitait mettre l’accent sur les problèmes pour la santé que posent les téléphones mobiles eux-mêmes, alors que ce sont les antennes-relais qui sont le plus au coeur de l’actualité judiciaire. Les associations comme Robin des Toîts les accusent d’être trop puissantes, en particulier en campagne, et demandent aux opérateurs de multiplier leur nombre pour que chacune des antenne soit moins nocive dans son périmètre. En écartant d’emblée cette proposition, le gouvernenement a voulu protéger les intérêts des opérateurs mobiles, qui se défaussent sur les industriels qui fabriquent les terminaux.

Or il est particulier de noter que le scientifique qui a rédigé le communiqué de l’Académie de Médecine sur lequel s’est appuyé François Fillon était un membre du conseil d’administration d’EDF… et un membre important du conseil scientifique de Bouygues Telecom.

Encore dernièrement, des parents d’élèves à Lyon ont porté plainte contre Bouygues, parce qu’il a installé une antenne-relais juste au dessus de la cour de récréation d’une école de maternelle. Un problème éventuel que ne résoudra pas l’interdiction des téléphones mobiles dans les écoles.

Puis cette semaine, Orange a été assigné par une habitante de Loctudy, dans le but d’interrompre la mise en place d’une antenne-relais à proximité de son domicile.

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