Quelques jours seulement après la présentation de l’offre Cinéma Séries de son concurrent Orange, Canal+ présentait jeudi son nouveau décodeur satellite HD, le Cube. Disponible à partir du 4 novembre auprès de la chaîne cryptée et de 200 points de vente, le boîtier doit apporter l’interactivité à l’offre de Canal+ avec un serveur multimédia relié à Internet. Avec un prix toutefois élevé : 10 euros de plus par mois, soit 51 euros mensuels pour l’abonnement de base à CanalSat.

D’une forme rectangulaire, le Cube dispose de ports Ethernet, USB et HDMI, et d’une sortie audio numérique (Dolby Digital). Ainsi qu’un disque dur de 320 Go pour enregistrer jusqu’à 100 heures de films, séries TV ou émissions en haute-définition. Dessiné par la société Fuseproject, le boîtier noir et blanc d’apparence sommaire propose un écran LCD en façade dont l’affichage s’adapte à l’orientation horizontale ou verticale de l’appareil. La télécommande, également simpliste, dispose du strict minimum en nombre de boutons.

Côté fonctionnalités, en plus des désormais classiques fonctions de contrôle du direct (mettre en pause une émission en cours de diffusion), le boîtier de Canal+ permettra aux abonnés de rattraper le début d’un programme qui a déjà commencé. Lorsqu’il est relié à Internet grâce à son port Ethernet, le Cube offre également l’accès aux services à la demande de Canal+, pour le moment réservés au web. Les abonnés amateurs de séries TV pourront ainsi revoir les épisodes des saisons passées avant de se plonger dans une série qu’ils ne connaissent pas encore.

Par ailleurs, Canal+ a prévu de proposer bientôt des recommandations personnelles en fonction des goûts des téléspectateurs, en collectant et en analysant les habitudes de « consommation » des spectateurs, qui seront individualisés. La chaîne du groupe Vivendi veut ainsi personnaliser la télévision de chacun des membres du foyer, en permettant aussi l’accès aux programmes depuis l’ensemble des écrans (télévision, ordinateur, baladeurs et téléphones). A ce propos, Emmanuel Torregano constate finement sur Electron Libre que cette nouvelle stratégie individualiste « enterre, sous des abords policés, (…) une certaine idée du foyer« . « Celle d’une place commune, fédératrice et capable de réunir les personnes pour partager un moment unique« .

Ce qui n’est pas, nécessairement, une mauvaise chose. Il n’est pas certain qu’être tous installés derrière la même émission de variété ou le même téléfilm ait été un progrès social considérable de ces cinquante dernières années. Peut-être partagerons-nous demain autour du repas familial les expériences télévisuelles de chacun, comme les générations précédentes s’échangeaient le fruit de leurs lectures ? Si « une certaine idée du foyer » s’en va, il y aura la place pour construire une autre, peut-être meilleure. A condition que les écrans puissent, parfois, s’éteindre.

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