Le Centre national du cinéma et de l'image animée songe à une chronologie des médias qui pourrait s'adapter selon le niveau de préfinancement apporté par le diffuseur du film.

Figée depuis 2009, la chronologie des médias suscite toujours d’intenses discussions chez les professionnels. Tandis que Canal+ a présenté ses propositions de réforme en octobre, c’est maintenant au tour du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) de suggérer une mise à jour du dispositif, avec au cœur de sa réflexion la mise en place d’une nouvelle idée, celle des « fenêtres coulissantes ».

D’abord, un rappel : qu’est-ce c’est, la chronologie des médias ? C’est un mécanisme qui sert à organiser la diffusion des films en fixant pour chaque type d’exploitation un délai d’attente (une « fenêtre ») à respecter après la sortie en salle. Par exemple, un film qui a été à l’affiche au cinéma peut être proposé en VOD ou en DVD 4 mois après, tandis qu’un site de SVOD devra patienter 3 ans.

salle cinéma
CC M4tik

Le 15 février 2017, réunis sous l’égide du CNC, les professionnels du secteur ont donc débattu de la révision de la chronologie des médias. À cette occasion, le CNC a mis sur la table une réforme en six points dont ZDNet s’est fait l’écho. Il y a en particulier l’abandon de la dérogation à 3 mois pour les films ayant réalisé de faibles entrées en salle.

Le CNC propose par ailleurs une disponibilité du téléchargement définitif 3 mois après la sortie en salle, l’avancée de 2 mois de toutes les autres fenêtres à l’exception de celle pour la location à l‘acte (qui est déjà très proche de la sortie en salle, à 4 mois), le dégel de toutes les fenêtres pour la vidéo à la demande à l’acte et le réajustement des services de SVOD en fonction du respect de certains critères.

Des fenêtres coulissantes

Quant aux fenêtres coulissantes, il s’agit de faire bouger la période d’attente de un à trois mois en fonction du niveau de préfinancement apporté par le diffuseur du film. « Concrètement, un film diffusé par une chaîne payante sous accord pourrait être proposé dans une fenêtre à 6 mois si son préfinancement est supérieur à 26 % (soit un gain de 2 mois par rapport à la nouvelle fenêtre de 8 mois proposée par le CNC) », explique ZDNet.

« Le gain ne serait que d’un mois pour un préfinancement compris entre 21 et 26 % et la fenêtre maintenue à 8 mois pour un préfinancement inférieur à 21 %  ». De quoi inciter les chaînes à mettre davantage la main au pot si elles veulent obtenir plus vite les films qu’elles financent. Sur le papier, l’idée est en tout cas de récompenser ceux qui ont une vraie politique à l’égard du financement du cinéma.

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