Le patron de Facebook a décidé d'abandonner les poursuites entamées le mois dernier contre des propriétaires hawaïens pour renforcer son contrôle sur le domaine de 283 hectares qu'il s'est offert en 2014. Sans renoncer pour autant à atteindre son objectif par un autre biais.

La réinterprétation juridique du mythe de David et Goliath qui se jouait depuis le mois dernier à Hawaï vient de tourner à l’avantage du premier. Mark Zuckerberg a décidé de faire machine arrière face au mouvement de contestation des propriétaires qu’il espérait forcer juridiquement à vendre leurs parcelles de terrain pour renforcer sa propriété de 283 hectares construite sur l’île de Kauai, l’une des principales de l’archipel hawaïen.

Le patron de Facebook, qui a acquis ce domaine en bord de mer il y a 3 ans pour y installer un refuge familial coupé du reste du monde, souhaitait renforcer sa main-mise en s’offrant les 14 parcelles réparties sur 3 hectares qui donnaient le droit à leurs propriétaires, présents depuis des générations, de le traverser.

Pour ce faire, il a initié, le 30 décembre dernier, 8 poursuites contre des centaines de personnes, dans l’espoir d’obtenir leurs parcelles grâce à la procédure du « quiet title and partition », qui permet de forcer les propriétaires à vendre leurs terres — généralement ancestrales — à l’acheteur le plus offrant lors d’une enchère publique. Mark Zuckerberg s’était lancé dans des recherches généalogiques afin d’identifier les détenteurs de ces parcelles.

Zuckerberg

« Colonisateur contemporain »

Cette stratégie pour le moins agressive a suscité un tollé sur l’île. Kaniela Ing, un parlementaire hawaïen, n’a pas retenu ses coups contre le milliardaire américain : « Que ce soit moral ou pas, Zuckerberg agit de manière légale. Heureusement, c’est ici qu’on décide de ce qui est légal ou pas. Il pourrait évidemment procéder d’une manière bien pire, mais ce n’est pas la question. Le fait est que Zuckerberg est désormais un colonisateur contemporain. »

Dans un premier temps, Mark Zuckerberg avait choisi de défendre sa manœuvre en justifiant de sa légalité avant de reculer, en publiant le 27 janvier une lettre dans le Garden Island, l’un des journaux locaux, rédigée conjointement avec sa femme, Priscilla Chan : « Au cours de la semaine écoulée, nous avons discuté avec des leaders de la communauté et leur avons confié que notre but était de trouver une issue satisfaisante pour la nature et le respect des traditions locales. […] Pour trouver une meilleure approche, nous abandonnons [nos actions juridiques] afin de travailler conjointement avec la communauté sur une nouvelle approche. »

Malgré ce recul, Mark Zuckerberg n’a donc pas abandonné sa tentative d’acquisition. Reste à savoir par quel moyen il compte désormais y parvenir.

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