Conséquence directe du rachat de Nokia par Alcatel-Lucent, le groupe se réorganise pour faire des économies. Des milliers d'emplois vont être supprimés à travers le monde, y compris en France.

La facture sociale est tombée. Trois mois à peine après l’officialisation de l’acquisition d’Alcatel-Lucent par Nokia, le finlandais annonce qu’il va couper dans ses effectifs afin d’atteindre « une synergie de coûts opérationnels de l’ordre de 900 millions d’euros d’ici fin 2018 », — entre les lignes, le géant des télécoms veut surtout réduire les coûts en détruisant des emplois.

Sur les 104 000 salariés, il est question d’une vague de licenciements concernant 10 000 à 15 000 personnes. La France n’y échappe, mais est relativement épargnée par rapport à ses voisins européens. En effet, Nokia s’est engagé envers la France à garder des emplois. Ainsi, 4 200 postes seront conservés jusqu’en 2017.

411 postes seront supprimés dans l’hexagone d’ici à début 2018

Dans un communiqué, le syndicat CFE-CGC, signale que 411 postes seront supprimés dans l’Hexagone d’ici début 2018. Une partie se fera sous forme d’un départ volontaire, mais les autres feront l’objet d’un plan social. Les secteurs principalement  concernés sont les fonctions centrales et le support. De son côté, la R&D est moins mise à mal ; les syndicats parlent d’une vingtaine de postes dans la balance, répartis entre les Bell Labs et les centres de recherche.

À mesure que les anciens produits sont arrêtés, 1 300 employés seront progressivement réaffectés vers la 5G et l’Internet des objets. L’équipementier prévoit également de fermer l’ensemble de ses sièges et de regrouper toutes ses activités sur les deux seuls sites de Villarceaux (Bell Labs) et Lannion.

La Cité de l'innovation d'Alcatel Lucent à Villarceaux
La Cité de l’innovation d’Alcatel Lucent à Villarceaux

Ces mesures s’intègrent dans la continuité du plan Shift mis en place sous la direction de Michel Combes, qui avait déjà divisé par deux les effectifs français du groupe. Du côté des bonnes nouvelles, 500 postes de recherche seront bel et bien créés dans les trois prochaines années, dont 300 à destination de nouveaux diplômés. Ces créations qui se traduiront par l’ouverture de 337 nouveaux emplois entre 2016 et 2017 devraient donc équilibrer le solde des effectifs.

1 400 en Allemagne, 1 300 en Finlande

Ailleurs, les licenciements seront plus importants : rien qu’en Allemagne, ce sont 1 400 emplois qui seraient menacés. Le plus gros perdant est sûrement la Finlande, pays d’origine de Nokia, qui n’a cessé de voir ses effectifs fondre comme neige au soleil depuis le rachat de la division smartphone par Microsoft. Sur les 6 850 personnes, 1 300 sont vouées à partir ; ils viendront s’ajouter aux 2 300 autres perdus en 2014 après la fermeture de l’usine de Salo en Finlande par Microsoft.

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