Les opérateurs téléphoniques et l'autorité de régulation marocaine se sont entendus pour bloquer les services de VoIP au Maroc, d'abord sur les réseaux de téléphonie mobile, et depuis peu sur les lignes fixes.

Les internautes marocains sont en colère. L’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ARNT), qui avait déjà ordonné le blocage de nombreux services de VoIP sur les réseaux 3G et 4G des opérateurs mobiles, a étendu en fin de semaine dernière son ordonnance à l’ensemble des fournisseurs d’accès à internet, y compris sur lignes fixe. Il n’est donc plus possible aux Marocains d’utiliser leur smartphone en Wi-Fi pour passer des appels audio ou vidéo avec des services comme Skype, WhatsApp, Viber, FaceTime ou Messenger.

Dans un communiqué (.pdf) publié le 4 janvier 2015, l’ANRT marocaine avait rappelé pour justifier sa décision que « l’établissement et l’exploitation de réseaux publics de télécommunications ainsi que la fourniture des services de téléphonie au public sont soumis au régime des licences ». Or aucun des services cités ne dispose de licence de service de téléphonie au Maroc.

« L’acheminement de tout trafic téléphonique à destination du client final ne peut être assuré que par des exploitants de réseaux publics de télécommunications, dans les conditions fixées par les cahiers des charges des licences dont ils sont attributaires », avait aussi indiqué le régulateur marocain. « Leur suspension s’inscrit dans le cadre de la mise en conformité des exploitants avec les obligations qui leur incombent ».

Une campagne de « j’aime pas » contre les opérateurs téléphoniques

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Mais le raisonnement juridique de l’autorité est contesté, et surtout les Marocains ont parfaitement compris qu’il s’agissait d’abord de sauvegarder l’oligopole des opérateurs, qui vendent chèrement leurs minutes de communication. Bloquer les services de téléphonie sur IP de Skype, WhatsApp, Viber, FaceTime ou Messenger, c’est fermer les portes qui offrent des alternative aux services coûteux.

En conséquence, les internautes marocains ont organisé une grande campagne de « dislikes » sur Facebook. Elle a été initiée par Marouane Lamharzi, un entrepreneur dont l’application Sybla TV a séduit 12 millions d’internautes. L’homme s’est retiré du concours Maroc Web Awards 2016, en expliquait que le prix était sponsorisé par l’opérateur Inwi, qu’il estime co-responsable de la situation.

Les trois grands opérateurs Maroc Télécom, Inwi et Méditel sont visés par la campagne, relayée sur Twitter avec le hashtag #OpeUnlike. Un site a même été monté qui permet de suivre le nombre de « j’aime » perdus par les trois opérateurs sur leurs pages Facebook. Au moment où nous publions ces lignes, tous on perdu environ 7 % de « J’aime ».

Un autre site, VoIPDown, cherche à mobiliser la communauté des webmasters marocains en proposant un script permet d’intégrer facilement sur leurs sites un compteur du nombre de jours passés depuis le début des blocages. Un script WordPress est également proposé.

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