Crowdfunding, crowdlending, crowdequity, crowdsourcing... autant de termes abscons qui mettent le peuple ou plus exactement la foule, au cœur d'une activité. Mais au fond, qu'est-ce que cela veut dire ?

Crowd : mot anglais désignant la foule, le peuple ou encore la masse. Le recours au crowd, au peuple donc, est de plus en plus récurrent dans notre société. De plus en plus d’initiatives font appelle aux connaissances et aux expériences de chacun dans le but d’améliorer celles des autres.

D’un point de vu business, le crowd, quel qu’il soit est la «  poule aux œufs d’or » mais surtout un outil ultra puissant capable de faire appel à des milliers, voire des centaines de milliers de participants dans le but de faire tourner une grosse machine reposant sur les principes de solidarité, d’échange. Tour d’horizon et définition de toutes les «  initiatives ».

Crowdfunding

Qu’est ce que le crowdfunding ? Derrière cet anglicisme se cache ce que l’on appelle dans notre langue le « financement participatif ». Cette tendance a commencé véritablement avec les plateformes américaines telles que Kickstarter ou encore IndieGogo qui sont restées les deux plateformes de financement participatif leader dans le monde entier.

Le principe du crowdfunding est très simple : celui qui souhaite lancer un projet, qu’il s’agisse d’ouvrir une boulangerie, une ferme laitière ou un concept store, sans pour autant vouloir emprunter la totalité de la somme dont il a besoin auprès d’une banque, peut se tourner vers une plateforme de crowdfunding. En soumettant son projet et ses ambitions sur les plateformes, les backers — donateurs — séduits par le projet peuvent investir. Pas question de retour sur investissement avec le crowdfunding. Les investisseurs recevront un cadeau symbolique de la part du lanceur de projet si l’objectif de la cagnotte a été atteint.

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On a souvent répété que le crowdfunding a pris ses racines avec la crise financière de 2007. Certaines banques devenues frileuses, d’autres au bord de la banqueroute, rechignaient alors à investir et à prêter aux futurs entrepreneurs. Ces derniers se sont alors retrouvés à chercher d’autres sources de financement.

En France, le marché du financement participatif est occupé par deux principaux acteurs : Ulule et KissKissBankBank. Mais tel un arbre dont le crowdfunding serait le tronc, le financement participatif a muté et formé des sortes d’excroissances qui repoussent la définition de plus en plus loin. Voyons comment.

Infographie  : quels chiffres pour le crowdfunding en France  ?

l’equity Crowdfunding

Peut-être n’avez-vous jamais entendu parler d’ equity crowdfunding  : ce serait bien normal et la notion reste encore floue. Tentons tout de même une définition.

Puisque le crowdfunding se base sur un principe de philanthropie, les investisseurs n’attendant aucun retour sur investissement, l’equity crowdfunding  quant à lui est destiné à ceux qui veulent investir dans des projets qu’ils jugent prometteurs et sur lesquels ils peuvent potentiellement gagner de l’argent. Mais au-delà d’un hypothétique retour sur investissement, l’intérêt pour les investisseurs réside également dans les déductions d’impôts.

KissKissBankBank a d’ailleurs levé 5,3 millions d’euros auprès d’Orange au mois de février dans le but de lancer sa plateforme d’equity crowdfunding. Mais en attendant KissKissBankBank et sa futur plateforme, on peut retrouver parmi les leaders français de l’Equity Crowdfunding des sociétés comme SmartAngels, Wiseed ou encore Anaxago.

Le crowd joue donc ici le rôle des investisseurs et autres venture capitalists.

Crowdlending

Dernière branche de « l’arbre à finance » : le crowdlending et les plateformes dédiées aux prêts solidaires aux particuliers. Encore une fois, on y retrouve KissKissBankBank. Celui qui est décidément partout et compte bien devenir vizir à la place du vizir a dans sa ligne de mire Ulule, puisque la plateforme est la première en Europe sur les activités de financement participatif. Jusqu’à quand ? Avec la création de la plateforme Hellomerci, KissKissBankBank ajoute une précieuse corde à son arc.

Pourquoi passer par un une plateforme de prêt solidaire quand on peut bénéficier de dons grâce au crowdfunding ? Pour Vincent Ricordeau, un des fondateurs de KissKissBankBank la réponse est simple : « Le principe du crowdfunding c’est de privilégier des projets artistiques, créatifs et innovants : si vous voulez monter une crèche par exemple, on considère que c’est pas innovant et on conseille de passer par HelloMerci [du crowdlendind, ndlr] pour être dans une logique de prêt. Vous allez dégager des revenus avec votre crèche et donc pour nous le deal passé avec votre communauté est plus clair : rendre l’argent plutôt que de le garder sous forme de dons ».

Le crowd joue donc ici le rôle des banques.

Crowdsourcing

Le crowd ne se limite pourtant pas à la finance et s’étend au partage des sources. C’est pour définir cette activité qu’est naturellement né le crowdsourcing. Si ce terme n’est pas connu du grand public, il utilise son fruit à peu près tous les jours, sans exagération aucune. Wikipédia, Tripadvisor ou encore Yelp sont les exemples même de ce qui se cache derrière cette notion de collaboration.

Il s’agit donc de faire appel aux connaissances de chacun afin d’alimenter des contenus web ou pour enrichir des applications spécialisée, recensons quelques sites et applications de type crowdsourcing.

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  • Wikipedia : Sûrement le premier de tous les sites de crowdsourcing puisque « l’encyclopédie libre » est alimentée par les internautes eux-mêmes. Si bien que les débuts de Wikipedia ont souvent été critiqués. Ceux qui ont connu une scolarité quand Wikipedia existait déjà se souviennent de la résistance du corps professoral vis-à-vis de l’encyclopédie gratuite sur internet, qui ne discréditait les contributions à grand renfort de : « ne faites pas confiance à Wikipedia, n’importe qui peut ajouter du contenu à sa guise sur le site. » Alors oui, c’est vrai, on ne peut accorder une confiance aveugle à Wikipedia, surtout quand les sujets sont extrêmement pointus. Mais que ferait-on aujourd’hui sans Wikipédia ?
  • Yelp : Sur le même principe que LaFourchette, ou Tripadvisor, Yelp fonctionne grâce aux avis des utilisateurs. Après s’être rendus dans des bars ou restaurants, ces derniers ont possibilité de donner leur avis et notent les établissements visités.

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  • Waze : Il s’agit d’une application de navigation GPS gratuite et multiplateforme (iOS, Android). Comment éviter au maximum les bouchons sur le périphérique le vendredi soir, les accidents sur l’autoroute du soleil en plein mois de juillet paralysant ainsi le trafic et autres désagréments ? Grâce aux contributions de ses utilisateurs, Waze est une solution à ces problèmes. L’application de navigation permet aux conducteurs d’emprunter les chemins les moins encombrés, accidentés ou tout simplement, les plus rapides en faisant prenant en compte les données envoyées par les utilisateurs. Simple et efficace.

Waze

  • CityMapper : L’application se décrit comme étant The Ultimate Transport App et pour cause, en plus des bases de données provenant directement de la SNCF, de la RATP, des taxis et autres transporteurs, CityMapper a fait appel au crowdsourcing afin de compléter son offre. Grâce aux informations récoltées, l’application permet, par exemple, à son utilisateur de savoir où se trouve la sortie du métro et lui suggère de se positionner en tête ou en queue de train dans le but de gagner un maximum de temps sur son trajet.
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