Facebook a modifié ses processus pour assouplir la possibilité qu'auront les internautes d'utiliser un pseudonyme, s'ils ont de bonnes raisons de le faire.

Ce n’est pas encore la grande révolution, et il ne faut sûrement pas l’attendre. Mais il y a du mieux pour les utilisateurs potentiels de Facebook qui souhaitent pouvoir participer à la vie sociale d’une plateforme qui unit 1,5 milliard d’êtres humains, sans y livrer leur vrai nom. Si elle interdit toujours par principe d’utiliser un pseudonyme à la place de son identité civile, la firme de Mark Zuckerberg a en effet décidé de réviser ses processus pour s’accorder un peu plus de flexibilité, dans les seuls cas qui posent questions à ses yeux.

La règle de base reste que pour utiliser Facebook, il faut afficher son vrai nom, tel qu’il apparaît sur sa carte d’identité ou son passeport. Le réseau social ne veut pas renoncer à cette obligation car il est convaincu que l’anonymat et le pseudonymat sont néfastes à la qualité des contributions et à la bonne ambiance générale.

« Je pense que l’anonymat sur Internet doit disparaître. Les gens se comportent beaucoup mieux lorsque leur véritable nom est visible », avait ainsi expliqué il y a quelques années Randi Zuckerberg, la sœur de Mark et ancienne directrice marketing de Facebook.

Plus de souplesse dans les exceptions

Mais plusieurs scandales ont depuis ébranlé la conviction de la firme, et sont venu lui rappeler pourquoi l’anonymat est un droit de l’homme, nécessaire à ce que la liberté d’expression, de communication et de réunion soient réalité. En particulier, des transgenres ont parfois dû exposer leur prénom de naissance plutôt que leur prénom de choix, ou accepter alors de quitter Facebook, comme ce fut le cas l’été dernier d’une ancienne employée de Facebook ou d’une journaliste militante des droits des LGBT, inquiètes du harcèlement subi de la part d’homophobes dont l’on ne soupçonne parfois pas le niveau de violence autant verbale que physique.

Facebook avait déjà promis de nouvelles règles il y a un an, et modifié son règlement. Officiellement, il n’exige plus un nom « tel qu’il apparaît sur votre carte de crédit, votre permis de conduire ou votre carte d’étudiant », mais une « vraie identité » qui correspond à une identité d’usage auprès de ses proches, dans laquelle l’internaute se reconnaît davantage que dans l’identité civile. Mais le réseau social continue de permettre aux internautes de dénoncer l’utilisation par un autre d’un pseudonyme, et continue de demander aux personnes concernées qu’elles justifient leur « vraie identité ».

Délateur, justifiez vos accusations

C’est là qu’interviennent les nouvelles règles, qui n’ont rien de révolutionnaire mais vont dans le bon sens. Elles ont été présentées dans une lettre ouverte signée du vice-président de Facebook en charge de la croissance, Alex Schultz.

D’une part, Facebook arrêtera de faciliter les dénonciations et demandera désormais aux internautes colporteurs d’accusations qu’ils expliquent pourquoi ils estiment qu’un internaute n’utilise pas sa vraie identité. Il ne suffira donc plus de lever le doute, il faudra apporter un début de preuves, et donc éventuellement apporter des éléments qui dédouanent le mis en cause — par exemple si vous êtes transphobe et que vous révélez que telle personne est transgenre et qu’elle devrait se faire appeler Gérald et non Géraldine, il y a heureusement peu de chances que Facebook accède à votre demande.

Sécurisation accrue des données

D’autre part, les internautes amenés à se défendre et à démontrer leur « vraie identité » pourront désormais apporter davantage de précisions « contextuelles » pour défendre leur droit de continuer à l’utiliser en lieu et place de leur identité administrative, s’ils ne souhaitent pas en dire plus sur qui ils sont, y compris à Facebook — par exemple parce qu’ils auraient des raisons de craindre une répression en cas d’interception des communications. « Ça nous aidera à mieux comprendre les raisons pour lesquelles les gens ne peuvent pas confirmer actuellement leur nom », explique Alex Schultz.

Par ailleurs, Schultz indique que désormais les pièces apportées par les internautes pour justifier leur identité (carte d’identité, carte d’étudiant, copie de facture EDF, etc.) seront chiffrées sur les serveurs de Facebook, et rendus indéchiffrables après 30 jours, y compris par les employés autoriser à vérifier les profils.

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